Elections locales en Haïti: faible participation et incidents isolés
dimanche 3 décembre 2006, 21h59
PORT-AU-PRINCE (AFP) - Les Haïtiens votaient dimanche pour élire des maires et dirigeants locaux lors de scrutins sous haute surveillance de l'ONU, émaillés d'incidents isolés qui ont fait au moins quatre morts dans le pays.
Environ 3,5 millions d'électeurs au total étaient appelés à voter mais la participation était faible devant devant les bureaux de vote à Port-au-Prince et dans les régions, ont constaté des journalistes de l'AFP et des correspondants de radios en province.
Quatre personnes ont été tuées par balles dans diverses régions du pays, a-t-on appris de sources concordantes, dont un policier qui n'était pas en uniforme à Port-au-Prince.
A Limonade (nord), une personne a été tuée par balles lors de l'attaque d'un centre électoral par des inconnus armés.
Les assaillants ont incendié deux bureaux de vote à l'aide de cocktail molotov et un d'entre eux a été blessé lors d'une riposte conjointe de l'ONU et de la police haïtienne.
D'autre part, deux bureaux de vote ont été saccagés dans le centre du pays et trois personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre.
Les électeurs n'ont pas pu voter dans une localité du sud-est où un parlementaire à la tête d'un groupe d'hommes a interrompu le processus, a confié à l'AFP un responsable de la police haïtienne.
Des soldats de l'ONU ont aussi dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser un groupe d'électeurs qui occupaient un centre de vote à Port-au-Prince. Un début de manifestation contre les Casques bleus a également été organisé par des électeurs.
Le Premier ministre Jacques Edouard Alexis a voté dans la matinée à Port-au-Prince tandis que le président René Préval devait voter dans la journée dans sa localité de Marmelade (nord).
Samedi, un candidat avait été blessé par balles tirées par un adversaire dans le département de l'Artibonite (nord), a-t-on appris dimanche.
Ces élections se déroulent sous la protection des Casques bleus et des policiers internationaux de l'ONU en charge depuis plus de deux ans de la stabilisation du pays. Plus de 6.500 militaires et 1.900 policiers de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti (Minustah) sont mobilisés aux côtés de la police nationale, forte de 4.500 hommes environ.
"Toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité des électeurs et des centres électoraux", avait déclaré à la veille des scrutins le colonel français Dominique Van Mark, responsable de la police civile de l'ONU en Haïti. Il avait toutefois identifié plus de 150 endroits "chauds" où des incidents pouvaient se produire dimanche en raison d'enjeux locaux.
"Un plan de sécurité intégré est mis en place entre les forces onusiennes et nos collègues de la police haïtienne", avait assuré l'officier français.
Plus de 29.000 candidats sont en lice pour 1.420 postes à pourvoir lors de ces élections, selon le directeur général du Conseil électoral haïtien, Jacques Bernard.
Les premiers résultats partiels du scrutin ne devraient pas être connus avant le 9 décembre et les résultats définitifs la deuxième semaine de janvier 2007, a-t-il précisé à l'AFP.
Ces scrutins viennent compléter un processus électoral lancé en février avec un scrutin présidentiel et parlementaire, après deux années transitoires depuis la démission et le départ en exil en février 2004 de l'ex-président Jean Bertrand Aristide.