Alors que le chef de la police haïtienne répondait en direct sur les ondes de CKUT, des Montréalais proches de gens kidnappés à Port-au-Prince pleuraient au téléphone. De l'intérieur comme à l'extérieur, le fléau du kidnapping terrifie le quotidien des Haïtiens. Admettant que les cas de kidnapping et d'insécurité accusent une hausse ces trois dernières semaines dans la capitale haïtienne, Mario Andrésol s'oppose à l'idée de condamner uniquement l'institution dont il assure le rôle de commandant en chef.
Selon le chef de la Police Nationale d'Haïti(PNH), la corruption constitue le fléau qui met à mal toute tentative visant à enrayer l'insécurité qui endeuille les familles haïtiennes.
M.Andrésol estime que l'incapacité de la police à lutter efficacement contre ce phénomène découle du fait que «la PNH ne constitue pas une entité qui vive en marge d'un système où sévit la corruption dans diverses strates de la société».
« Il ne faut oublier que nous (la police) faisons partie d'un système, d'une structure, nous ne dépendons pas de nous-mêmes. Si la corruption sévit dans divers secteurs, c'est logique que ce mal affecte l'institution policière»
Sans pour autant verser dans le fatalisme, le directeur général de la PNH s'est dit toutefois «déterminé à consentir davantage d'efforts» au niveau de son institution afin de pouvoir traquer les kidnappeurs.
Réagissant à l'annonce des auditeurs montréalais qui pleuraient au téléphone alors qu'il intervenait en direct à l'émission «Samedi Midi Inter» de la radio de l'Université Mc Gill, M.Andrésol conseille aux proches des victimes d'être «spontanés».
Même s'il dit reconnaître la méfiance de la population à l'endroit de ses policiers, il conseille, malgré tout, aux gens d'alerter la police dans les minutes qui suivent un cas de kidnapping.
Cette information devient précieuse et permet aux policiers de repérer beaucoup plus facilement les ravisseurs, a-t-il confié.
Le commandant en chef s'est référé à une personne qui a été tout récemment kidnappée vers les 9 heures du soir. Alertée rapidement par les parents de la victime, une escouade de la Police a réussi à libérer celle-ci vers les 3h30 du matin, a-t-il raconté.
Mario Andrésol déplore le fait que les bons coups de la police aient eu très peu d'échos dans les médias haïtiens. Il informe qu'il a déjà procédé au licenciement de près de 500 policiers corrompus.
Invité à donner un minimum de garantie aux Haïtiens de la diaspora qui sont ordinairement nombreux à vouloir se rendre aux pays lors de la période des fêtes de fin d'année, le No un de la PNH dit «travailler sur la question».
Pour «confirmer cette garantie», Mario Andrésol dit miser sur la sortie d'un contingent de 500 nouveaux policiers de l'Académie. «Ceux-ci seront déployés dès la semaine prochaine afin de pouvoir mieux sécuriser les rues», a annoncé le chef de la police haïtienne.
Source: InfoHaiti.net (Montreal, Canada)