12 Décembre 2006
On kidnappe mon enfant... Chut ! Premier Ministre Jacques Edouard Alexis négocie
Sans défense, les enfants sont devenus la cible privilégiée des ravisseurs. Les bandits avec qui le Premier ministre Jacques- Edouard Alexis veut toujours négocier s'attaquent impunément à la chair de notre chair.
Lucien Duvivier, 70 ans, a reçu une balle à la poitrine en s'opposant au kidnapping de sa petite-fille qui revenait de l'Institution du Sacré-Coeur de Turgeau, lundi. Il se bat aujourd'hui contre la mort dans un hôpital de la capitale. Il n'y a, pour le moment, aucune nouvelle de la petite emmenée par les ravisseurs qui circulaient à bord d'une motocyclette.
L'incertitude règne aussi sur le sort d'un petit garçon enlevé vendredi dernier à la sortie de l'Institution Saint-Louis-de-Gonzague, à la rue du Centre. Les parents auraient versé la rançon en échange de la libération du gamin qui est toujours séquestré.
Sur la route de Frères, à Pétion-Ville, deux personnes ont aussi été enlevées lundi. Le réseau qui a kidnappé l'ex-ministre de l'Economie et des Finances, Fred Joseph, serait impliqué dans ce coup, selon une source proche de la police.
Les ravisseurs de M. Joseph parlaient anglais et fumaient de la marijuana, avait révélé le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis qui a pointé du doigt les criminels déportés dans l'augmentation du nombre de kidnappings dans la capitale et ses environs.
Le Premier ministre est aujourd'hui très critiqué par des organisations de défense des droits humains qui le pressent de présenter les « bons résultats » qu'il dit avoir obtenus en négociant avec les bandits. Des criminels dont certains sont toujours impliqués dans des enlèvements malgré leur admission au programme de Démantèlement, de Démobilisation et de Réinsertion (DDR). Tout en profitant de ce programme, Daréus Thésalonicien et Lonet Wilguens ont continué à perpétrer des enlèvements. Ils ont été écroués le 15 novembre 2006 au Pénitencier national pour enlèvement et séquestration contre rançon et association de malfaiteurs, a révélé le RNDDH.


L'organisme de défense de droits humains lie la violence qui sévit dans la capitale à la décision de l'Exécutif de négocier avec les bandits armés qui ont lancé l'opération Bagdad 2. Une opération violente visant à contraindre par la terreur le président René Préval à réintégrer dans l'administration publique les employés de tendance politique lavalas révoqués entre 2004 et 2006.
Revenu au pays dimanche, René Préval a évoqué la complexité du phénomène du kidnapping. Il a annoncé le renforcement des capacités logistiques et opérationnelles de la PNH. Il a aussi proposé la création de réseaux d'information entre l'institution policière et la population pour faire échec aux kidnappeurs.
Joint au téléphone par le journal, un responsable de la Cellule Contre Enlèvement (CCE) de la police judiciaire a indiqué n'avoir pas obtenu l'autorisation de divulguer le nombre de kidnappings enregistrés durant ces derniers jours.
Néanmoins, il a confirmé l'intérêt particulier des kidnappeurs pour les petits enfants. « Des enfants de 3, 5, 7 et 9 ans sont le plus souvent kidnappés. Il font partie de la catégorie la plus vulnérable », a-t-il révélé.
« Les parents doivent faire attention aux personnes à qui ils confient leurs enfants », a ajouté le policier. En dépit de ses moyens limités, la police parvient parfois, comme à Carrefour il y a quelques jours, à libérer quelques victimes de ce crime abject.
Tétanisés par la peur, les parents et les citoyens aimeraient bien voir « les bons résultats » dont parle le Premier ministre. Pour le moment, les bandits prouvent chaque jour le contraire.
LeNouvelliste.com