Le Sénateur et pasteur Andris Riché, représentant de la Grand?Anse (sud-ouest) sous la bannière de l?Organisation du Peuple en Lutte (OPL), a été libéré samedi matin quelques heures après son enlèvement vendredi soir sur la route nationale #1, près de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), a annoncé sur Radio Kiskeya le président du Sénat, Joseph Lambert.
Selon les premières informations disponibles, le parlementaire aurait été retrouvé en piteux état. Son corps portait des traces de blessures et ses vêtements étaient déchirés, a indiqué le Sénateur Lambert qui précise que seule l?une des trois autres personnes kidnappées en compagnie de son collègue avait été retrouvée. On ignorait le sort des deux autres.
Le parlementaire, son chauffeur et sa secrétaire avaient été enlevés vendredi vers 18h30 locales (23h30 GMT) à bord d?un pick-up. Ils revenaient de l?Artibonite (nord), un département que sillonnait la caravane parlementaire organisée dans le cadre de la célébration du 200e anniversaire du Sénat haïtien, créé en 1806 par le Président Alexandre Pétion.
D?autres Sénateurs ont évité de justesse de se faire kidnapper vendredi soir sur la dangereuse route 9 où une trentaine d?hommes armés s?étaient mis en embuscade.
Andris Riché se trouvait samedi matin au Parlement avant de faire ses premières déclarations à la presse.
Joseph Lambert a rejeté sur un chef de gang de Bois-Neuf, Bélony ainsi connu, la responsabilité de ce kidnapping sans précédent qui a mobilisé pendant toute la nuit la Présidence, le gouvernement, le Parlement, la Police Nationale et l?Etat-Major de l?OPL.
Membre de la Plate-Forme Lespwa (Espoir), la coalition présidentielle, le numéro un du Sénat a dénoncé le "terrorisme pratiqué par les bandes armées" après avoir réclamé auparavant la libération sans conditions de son collègue. Une rançon de 200.000 dollars américains avait été réclamée par les ravisseurs.
Vendredi, lors de la cérémonie de graduation de 565 nouveaux policiers, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis n?avait pas écarté la possibilité de décréter l?état d?urgence dans les zones frappées par la violence des gangs.
Le rapt du Sénateur Andris Riché est le point culminant d?une semaine désastreuse marquée par des dizaines d?enlèvements d?élèves à Port-au-Prince, la fermeture prématurée des écoles, la psychose collective et la passivité de l?appareil d?Etat. spp/RK
radio kiskeya