Haïti-Insécurité
Le sénateur Riché explique avoir échappé de justesse à ses ravisseurs
Le parlementaire réaffirme sa ferme opposition à l?option de négociation avec les bandits
samedi 16 décembre 2006,
Radio Kiskeya
Au cours des premières déclarations qu?il a faites à la presse après avoir été enlevé vendredi soir à l?intersection de la Route 9 et de la Nationale No.1 (Nord), le sénateur Andris Riché (Grande Anse, Organisation du Peuple en Lutte, OPL) a précisé avoir échappé de justesse à ses ravisseurs à la faveur d?un vif désaccord entre eux sur le partage des objets de valeur, dont téléphones et montres, que les occupants du véhicule avaient en leur possession.
Riché explique que la dispute entre les bandits a éclaté à environ 500m du lieu où il a été enlevé, alors qu?on le conduisait vraisemblablement à Cité Soleil, bastion des groupes armés, dont certains sont réputés proches de l?ancien président Jean Bertrand Aristide.


Le parlementaire et deux de ses collaborateurs, dont un garde du corps, ont pris la fuite dans des directions différentes, semant les agresseurs qui s?étaient lancés à leurs trousses. Andris Riché explique avoir pu s?échapper grâce à sa connaissance des lieux et à la bénédiction dont il dit être l?objet de la part de Dieu, étant pasteur évangélique. Il affirme s?être dissimulé dans les buissons, en dépit du fait d?avoir remarqué des véhicules de police, craignant, en les rejoignant, de faire les frais d?un éventuel échange de tirs entre les forces de l?ordre et les bandits. Par la suite, il a parcouru une longue distance à pied, pendant toute la nuit, avant de finalement s?identifier samedi à l?aube à une patrouille policière qui l?a récupéré.


Le sénateur Riché affirme avoir eu une prise de gueule avec l?un des ravisseurs, au moment où celui-ci le détroussait. Il indique avoir péremptoirement déclaré au bandit qu?il n?entendait pas négocier sa libération. Vantant encore sa foi chrétienne, le pasteur Riché déclare avoir réalisé qu?il allait irrémédiablement sortir du mauvais pas du fait que le bandit lui a remis une « bague bénie » qu?il portait au doigt.
Alors que, au début de la conférence de presse, Andris Riché s?inquiétait du sort de sa secrétaire, Mme Emmanuelle Luc, qui se trouvait également dans le véhicule et dont il ignorait si elle était aux mains des bandits ou si elle avait pu s?échapper, la nouvelle devait arriver à la fin de la conférence qu?elle était également en liberté. Aucune précision n?était cependant disponible sur le champ concernant les circonstances de sa libération.
Andris Riché a exprimé ses vifs remerciements au président du Sénat, Joseph Lambert, pour les démarches qu?il a menées pendant toute la nuit en relation avec le dossier. Il a en ce sens mis l?accent sur la mobilisation immédiate des forces de police et des autorités en général, notant une visite de courtoisie du premier ministre Jacques Edouard Alexis et du ministre de l?Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé. Il affirme aussi avoir reçu un appel téléphonique du chef de l?Etat, M. René Préval.
Interrogé sur une rançon de 200.000 dollars américains que les ravisseurs auraient réclamé en échange de sa libération, le sénateur Riché précise qu?il s?agissait d?une réponse donnée à l?ancien sénateur Paul Denis, un des dirigeants de l?OPL, qui avait formé son numéro de téléphone confisqué par les bandits.
Il a enfin réitéré sa position en faveur d?une lutte sans complaisance contre le banditisme en Haïti, excluant avec fermeté l?option de négociation avec les bandits qui avait été jusqu?ici celle du gouvernement. En ce sens, il a mis l?accent sur les déclarations qu?il a faites aux Gonaïves (Artibonite, Nord) où il se trouvait quelques heures avant le malheureux incident en compagnie de plusieurs de ses collègues, dans le cadre de la Caravane parlementaire de commémoration du 200ème anniversaire de la fondation du Sénat haïtien.
Dans une interview accordée samedi matin à Radio Kiskeya, le président du Sénat, Joseph Lambert, a fait savoir que les auteurs de l?enlèvement du sénateur Riché sont les membres de l?un des gangs de Cité Soleil dont le chef est connu sous le nom de Bélony. [jmd/RK]