Bureau des Mines et de l'Energie (BME) tire la sonnette d'alarme: Reboiser pour limiter les dégâts
Le Bureau des Mines et de l'Energie (BME) tire la sonnette d'alarme contre la destruction systématique des arbres. Le glissement de terrain observé début décembre dans la région de Kenscoff prouve qu'un environnement déboisé est plus exposé à pareille dérive écologique.
Plus de deux cent cinquante (250) personnes sinistrées. Deux routes hors d'usage. Une vingtaine de maisonnettes détruites. Plusieurs hectares de terres plantées de légumes affectés. Tel est le bilan du mouvement de terrain qui s'est déclenché à Mahotière, quatrième section communale de Kenscoff.
Lors d'une conférence de presse tenue mardi en ses bureaux de Delmas 31, le BME a présenté les informations recueillies sur les causes du phénomène qui s'est produit à environ 6,5 Km au sud-est de Kenscoff.
Selon l'ingénieur géologue Claude Prépetit, conseiller technique à la Direction générale du BME, des visites sur les lieux du mouvement de terrain ont été effectuées en vue de suivre l'évolution du phénomène et de cartographier la zone affectée. Des essais d'identification des sols ont été entrepris avec le concours de l'UTSIG et du Laboratoire national du bâtiment des travaux publics (LNBTP).
L'environnement géologique où a eu lieu le glissement des terres et les résultats des observations sur les principaux facteurs ayant conduit au déclenchement de ce phénomène ont fait l'objet de travaux considérables.


D'entrée de jeu, M. Prépetit avertit que le BME s'intéresse à tout ce qui est géologique : carrière, mine et ressources énergétiques. La location de la zone, le cadre géographique et géologique de la région impliquant sa topographie et sa morphologie, l'identification géotechnique des ensembles sédimentaires, les principaux facteurs et la description du mouvement de terrain, l'explication du phénomène et la nature géotechnique des sols, les conséquences directes et indirectes du phénomène sont passés au peigne fin. M. Prépetit croit qu'il s'agit là d'un phénomène d'ordre géologique dont il faut mesurer l'importance. « La zone de Mahotière où le mouvement de terrain a été observé fait partie du versant sud d'un chaînon qui culmine à 1495 m », indique l'ingénieur-géologue qui attire l'attention sur le fait que la pente est d'environ 15 degrés entre la partie sommitale et la côte 1400, ce qui indique que la topographie est trés accidentée.


« Deux échantillons de sol ont été prélevés dans la zone du glissement », fait remarquer M. Prépetit. Le premier dans le calcaire broyé exploité comme granulat dans les carrières environnantes, le second dans l'agile verdâtre appartenant au Paléocène, précise-t-il.
Facteurs et exploitation du mouvement
« La zone de Robin/Mahotière a déjà subi dans le passé plusieurs petits mouvements de terrain », rappelle le conseiller technique du BME, qui note que le dernier en date a été le plus spectaculaire.
D'après l'étude du BME, les premières manifestations visibles remontent au 27 août 2006 avec l'apparition de grandes fissures sur la route en terre reliant Robin à Dumisseau au niveau de Mahotière. « Les fissures ont progressivement évolué avec le temps et, le 4 octobre, le glissement du talus et de la route s'est produit accompagné de circulation d'eau tout au long du versant glissé», souligne le rapport. Le 15 septembre 2006, on a observé un autre mouvement de terrain en amont du talus, dans la zone de plateforme où la pente est moins raide. « Dans cet espace habité par des familles, il a été procédé à l'évacuation des habitants dès le lendemain 16 septembre, par mesure de sécurité », précise le BME.
La zone affectée par le mouvement occupe une superficie globale de 27 hectares ou 270 000 m2, formant un rectangle de 900m environ de long dans le sens Nord-Sud et 300m environ de large dans le sens Est-Ouest.
En guise d'explication au phénomène, M. Prépetit fait savoir que tout mouvement de terrain est caractérisé par un certain nombre de facteurs qui tous concourrent à son avènement. Il s'agit de la morphologie, la géologie, la nature géographique des sols, la pluviométrie, etc.
Conséquences du mouvement de terrain
« Un mouvement de terrain induit généralement des coût directs et indirects », souligne M. Prépetit qui estime que ces derniers, plus difficiles à évaluer, sont d'ordre environnemental, social et économique. Encore que le phénomène qui s'est produit à Mahotière ne s'est pas encore stabilisé. Et pour preuve : des éboulements sont quotidiennement enregistrés sur le talus instable et les fissures s'agrandissent sur la plateforme.
Il faut craindre la répétition de tels phénomènes à l'avenir dans les zones où les mêmes conditions sont présentes et n'attendent qu'un facteur de déclenchement comme Maïssade et Bonbon (à Jérémie), où le déboisement facilite l'érosion du versant, l'altération des roches basaltiques, la mise à nu des formations argileuses. Et la déstabilisation des pentes.
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