Haïti-ONU-Cité Soleil-Affrontements: Nouvelle intervention MINUSTAH/PNH à Cité Soleil : Cinq membres présumés d?un gang blessés par balle
Des témoins font état de cinq morts parmi les partisans du chef de bande Bélony ; une partie de la base du commandant autoproclamé détruite, selon la Mission onusienne
vendredi 29 décembre 2006,
Source: Radio Kiskeya
La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) annonce dans un communiqué avoir "détruit une partie du fief du chef de gang Bélony", lors d?une nouvelle opération menée conjointement jeudi matin avec la Police Nationale dans le quartier de Bois Neuf à Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince).
Cinq membres présumés de cette bande armée ont été blessés dans des échanges de tirs au cours de l?opération dont l?objectif est de "limiter les actions des gangs dans la capitale haïtienne", souligne le communiqué.
Cependant, des habitants de Cité Soleil interrogés par l?AFP ont pour leur part fait état de cinq morts.
Des escarmouches avaient été signalées dans ce même secteur mardi et mercredi.
La Mission onusienne assure qu?elle "continuera d?appuyer les opérations sécuritaires de la PNH dans le cadre de la campagne de lutte contre la criminalité et l?insécurité" lancée à Port-au-Prince depuis le 13 décembre dernier.
La force internationale de paix, qui affirme bénéficier du soutien de la population, l?encourage à continuer à lui fournir des informations. Deux numéros sont disponibles à cet effet, le 250-3630 à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et le 244-3503 à la MINUSTAH dans le cadre du propgramme "Je wè bouch pale" (Transmettez les informations dont vous disposez).
La semaine dernière, une dizaine de personnes avaient été tuées et une trentaine d?autres blessées lors d?une première intervention conjointe des casques bleus et des policiers haïtiens à Bois Neuf et à Drouillard, deux quartiers considérés comme le point de chute favori de nombreux kidnappeurs.
Cette offensive a provoqué un tollé dans le secteur Lavalas qui n?a cessé de grossir le nombre des victimes et d?accuser les casques bleus d?avoir commis un massacre.
La porte-parole de la MINUSTAH, Sophie Bouteau de la Combe, affirme toutefois que les troupes onusiennes n?étaient pas impliquées dans les affrontements et étaient seulement chargées de sécuriser le périmètre dans lequel opérait la Police Nationale.
Selon des informations obtenues par Radio Kiskeya, des membres de "l?armée du commandant Bélony" auraient exercé des représailles contre les résidents des maisons de Bois Neuf sur le toit desquelles des soldats de la MINUSTAH et des policiers haïtiens étaient montés au cours de l?opération. Des personnes auraient été passées à tabac et des femmes violées pour leur complicité présumée avec les forces de l?ordre.


Intervenant sur les ondes de Radio Kiskeya, Réginald Delva, ancien officier des Forces Armées d?Haïti et consultant en sécurité, a invité la MINUSTAH à fournir des explications sur le sort d?une mitrailleuse M-50 qui serait aux mains des bandits à la suite de l?abandon par des casques bleus uruguayens d?un blindé léger mystérieusement tombé en panne à Bois Neuf. Selon l?ex-membre des FAd?H, cette arme de guerre extrêmement dangereuse est d?une portée de 1.800 mètres et d?une cadence de tir de 450 coups par minute. La mitrailleuse M-50, qui ne doit être en aucun cas en possession de civils, est notamment connue pour sa précision approximative et sa capacité à causer d?énormes dommages collatéraux en cherchant à atteindre sa cible. spp/RK