Les députés et sénateurs ont laissé apparaître, le lundi 8 janvier 2007 à l?ouverture de la première session annuelle, un désaccord qui a failli provoquer la démission du président de l?Assemblée nationale, le sénateur Joseph Lambert (Lespwa, Sud-Est). Tout a commencé lorsqu?un un député a proposé dans l?ordre du jour en discussion d?entonner l?hymne national. Le sénateur Joseph Lambert a refusé, arguant que, ce faisant, c?était agir en marge des règlements régissant la tenue de l?Assemblée nationale. Ce qui a provoqué tout un débat entre des députés et le président de l?Assemblée nationale. Finalement, un vote pour trancher a été décidé. Le vote s?est soldé en faveur des députés. Offusqué, le sénateur Joseph Lambert a annoncé sa démission à la présidence de l?Assemblée nationale sitôt la séance du jour terminée. Il allait toutefois à la fin de la séance revenir sur cette décision.

Le président de l?Assemblée nationale n?estime pas qu?il y ait un malaise entre le Sénat et la Chambre des députés. Le sénateur Joseph Lambert a tout simplement expliqué qu?il a voulu respecter les règlements intérieurs. « Il n?y a pas eu de malaise dans la mesure où le tort a été réparé », a pour sa part déclaré le député des Gonaïves, Arsène Dieujuste (Mochrenha, Artibonite).
Mais, de l?avis d?un autre député qui a voulu garder l?anonymat, la Chambre des députés et le Sénat sont en désaccord profond sur bien d?autres points gardés jusqu?à date confidentiels. De sources proches du Parlement on apprend cependant que ces points porteraient entre autres sur la gestion qui a été faite du Parlement Jeunesse et du périple à travers le pays de la caravane des parlementaires.
De l?agenda des parlementaires
Au Sénat, hier mardi, le bureau devait se réunir pour la répartition des tâches. La première secrétaire, Évelyne Chéron (Fanmi lavalas, Ouest), aura la charge d?intervenir dans la presse sur les questions législatives et la vice-présidente, Édmonde Supplice Beauzile (Fusion, Centre), sur les questions administratives. Le président Joseph Lambert, lui, s?occupera des dossiers politiques.
Pour l?instant, il n?y a pas grande chose au programme des sénateurs, sinon continuer avec le vote de certains projets loi soumis par l?Exécutif. D?après le président de l?Assemblée nationale, le sénateur Joseph Lambert, l?agenda législatif dépend du gouvernement.
À la Chambre basse, il est question d?élire un nouveau bureau. D?après les règlements intérieurs de la Chambre des députés, le mandat de l?actuelle direction arrive à terme le deuxième lundi de janvier, à l?ouverture de la première session annuelle. « Ce bureau ne peut en aucun cas prendre, ces jours-ci, des décisions engageant la Chambre des députés », a indiqué le député Arsène Dieujuste qui souhaite que les élections pour un nouveau bureau aient lieu au plus tard le lundi 15 janvier.

Entre-temps, le député de l?Arcahaie, Pierre Féquière Julien (Union, Ouest), a présenté sa candidature pour la présidence du bureau. Dans les couloirs de la Chambre basse, on cite les noms des députés Frantz Robert Mondé (Fusion, Anse-à-Veau), Sorel Jacinthe (Fusion, Dame Marie), Patrick Domond (Lespwa, Jacmel) et Delouis Felix (Lespwa, Marigot) comme d?éventuels candidats à la présidence du bureau de la Chambre des députés. L?actuel président, Pierre Eric Jean Jacques (Lespwa, Delmas) serait candidat à sa succession.
L?insécurité est avant tout politique
Par ailleurs, le vice-président du Sénat, Édmonde Suplice Beauzile, et le président de la Commission sécurité, Youri Latortue, ont critiqué le discours prononcé, lundi, devant l?Assemblée nationale, par le président René Préval qui a présenté la drogue comme la principale source de l?insécurité dans le pays.
Le vice-président du Sénat a cependant salué le courage du chef de l?État qui a dénoncé l?inaction des pays consommateurs de drogue et estimé que le gouvernement doit élaborer un plan pour protéger les jeunes contre ce fléau.
« Si le gouvernement et le Congrès restent insensibles au cri du chef de l?État, qu?est-ce que nous ferons pour lutter contre la drogue », s?interroge le sénateur Beauzile pour qui le président n?a pas analysé en profondeur le problème de l?insécurité en omettant les responsables de partis politiques.
« Les messages de Jean-Bertrand Aristide prouvent qu?il encourage ses partisans à multiplier les actes de violence », déclare, au micro de Radio Métropole, Édmonde Suplice Beauzile qui croit qu?il faut identifier les mains cachées qui constituent des obstacles a la stabilité.
Pour sa part, le sénateur Youri Latortue soutient que la drogue et des leaders politiques représentent les principales sources de l?insécurité. « La drogue est l?une des causes de l?insécurité, mais depuis 2004 l?insécurité est surtout politique », déclare, sur les antennes de Radio Métropole, le sénateur de l?Artibonite. Youri Latortue préconise le renforcement de la protection des frontières et la création d?une nouvelle force publique pour combattre le fléau de la drogue.
Source: Le Matin