JUSTICE/TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE DE PORT-AU-PRINCE
Plusieurs substituts du commissaire du gouvernement font voix commune pour exiger le retour immédiat du commissaire Claudy Gassant au parquet de Port-au-Prince.
Me Claudy Gassant a décidé de se retirer provisoirement des affaires du parquet en attendant la publication des résultats de l?enquête ouverte sur le récent cambriolage des bureaux de l?institution. « Même si la décision de se mettre à côté a été prise par Me Claudy Gassant lui-même, il faut toutefois reconnaître que c?est suite à l?humiliation infligée par le ministre de la Justice qu?il l?a prise », estiment les substituts du commissaire.
Me Félix Léger a rejeté d?un revers de main l?opinion de certains secteurs selon lesquels le cambriolage perpétré dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 janvier dernier au parquet du tribunal de première instance de Port-au- Prince a été un « montage » élaboré dans le cadre de la corruption qui règne au sein du système judiciaire. D?après les hommes de loi qui s?exprimaient tour à tour au micro d?un reporter du Matin, personne n?aurait intérêt à s?associer à une telle entreprise.
Des substituts ont présenté le commissaire Claudy Gassant comme un magistrat compétent et honnête qui travaillait ardemment pour redorer l?image de la justice haïtienne. « Pour que l?image du parquet ne se détériore davantage, il faut que le commissaire Claudy Gassant retourne à son poste », réclament-ils.
Me Renel Sénatus admet lui aussi qu?en dépit de tous les reproches que l?on puisse adresser au commissaire Claudy Gassant, celui-ci s?est appliqué à donner une autre image au parquet. « Le commissaire Claudy Gassant fera toujours face à des embûches provenant de toutes parts dans le cadre de son travail. Par conséquent sa décision de se retirer des affaires du parquet n?est pas une preuve de sagesse », a cependant estimé l?homme de loi.
Les informations recueillies sur place font état d?armes, de passeports, de téléphones cellulaires, d?uniformes de la Police et d?autres pièces à conviction et corps de délit qui ont été emportés lors du cambriolage.
Parallèlement, de nombreux acteurs du système judiciaire ont exprimé leur inquiétude face aux différentes crises que connaît quotidiennement le système. Des hommes de loi, des militants de droits humains, des greffiers demandent au gouvernement d?assumer sa responsabilité en vue de refaire l?image de la justice dans le pays. Des mesures sérieuses doivent être prises par les autorités de l?État afin de mettre un terme aux scandales et désordres qui règnent au sein du système, ont-ils souhaité.

Le président de la République, René Préval, à son retour de sa visite officielle en Équateur où il a assisté à la prestation de serment du président Rafael Correa, a encore une fois dit son mot dans ce dossier. Le chef de l?État a estimé que les problèmes doivent être résolus par les instances concernées elles- mêmes. « Bien souvent, les lois ne sont pas adaptées. Pire, ceux qui sont placés pour faire appliquer la loi ne le font pas ou ne sont pas en accord pour le faire. Cependant, je ne crois pas que ce soient les interventions intempestives qui puissent régler certaines questions », a conclu le président René Préval.
Source: Le Matin