Les individus accusés de détournement de fonds au ministère des Affaires étrangères entre mars 2004 à juin 2006 seront entendus le lundi 22 janvier 2007 par la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA).
De nombreux cas de fraudes et de malversations sont relevés dans la gestion de l'équipe qui a administré le ministère des Affaires étrangères au cours de l'année fiscale 2005-2006. Les individus mis à l'index dans l'audit réalisé par les vérificateurs de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif seront sur le banc des accusés lundi prochain. Cette information a été confirmée, jeudi, par le ministre des Affaires étrangères, Jean Raynald Clérismé, au cours d'une rencontre avec la commission des Affaires étrangères et des Cultes de la Chambre basse.

Cependant, le ministre Clérismé n'était pas en mesure de citer les noms des accusés qui seront auditionnés par le tribunal administratif. Dans une lettre adressée au ministre des Finances en date du 24 août 2006, le titulaire du ministère des Affaires étrangères avait sollicité une interdiction de départ à l'encontre de Harold Bruno, ancien directeur administratif du ministère pendant la période 2005-2006. Le ministre avait aussi réclamé que ce dernier soit mis en résidence surveillée. " Le développement de l'enquête montre que de graves soupçons pèsent sur l'ancien administrateur", avait écrit le ministre Clérismé.

Parmi les faits reprochés à l'ancienne administration, figurent le détournement de plus de 76 millions de gourdes qui devaient servir au paiement du personnel des missions diplomatiques et des consulats d'Haïti à l'étranger et aux boursiers haïtiens à Cuba. "Le chèque # 0511FAA301 a été payé et toutes les missions diplomatiques et consulaires d'Haïti à l'étranger ont confirmé la non réception du paiement du mois de mai 2006", avait précisé le ministre Jean Raynald Clérismé dans une lettre transmise aux responsables de la CSC/CA comme pour confirmer que la gestion de l'ancienne administration n'est pas catholique.
L'Ambassadeur d'Haïti à Washington, Raymond A. Joseph, qui a accompagné le chef de la diplomatie haïtienne à la Chambre basse, a eu toutes les peines du monde pour prouver aux parlementaires qu'il n'est pas complice de la corruption qui gangrène les missions diplomatiques haïtiennes à l'étranger.
"On peut me repprocher d'opérations irrégulières, mais pas de corruption", a laché, visage crispé, l'ambassadeur Raymond. Ce dernier s'est trouvé dans le collimateur des membres de la commissions des Affaires étrangères et de celle anti-corruption, pour avoir recouru aux fonds de l'Ambassade pour payer les employés. Entre décembre 2005 et décembre 2006, l'Etat haïtien n'a pas décaissé même un sou pour l'ambassade et les consulats. "Après maintes démarches sans succès auprès de mes supérieurs hiérachiques, j'ai décidé de recourir aux fonds de l'Ambassade pour faire fonctionner celle-ci et les consulats. La somme de 697.258. 35 $ US " a été dépensée pour cette période, a-t-il admis.
Pour enlever tout soupçon, l'ambassadeur Raymond A. Joseph, réclame la réalisation d'un audit sur sa gestion. Insatisfaits, les députés demandent au diplomate de rester à leur disposition.
Source: Le Nouvelliste