Les avocats Constantin Mayard Paul et Hannibal Coffi condamnent le comportement des parlementaires qui ont adopté une résolution réclamant la révocation du directeur central de la police administrative, Jean Saint Fleur.
Maître Constantin Mayard Paul indique que la résolution de la chambre basse n?a aucune force légale et n?est pas contraignante. "Un pays qui a tant de problème se trouve face à une situation burlesque, un ministre interpellé parce qu?un député affirme avoir été agressé par un officier de police", déclare Maitre Mayard Paul qui croit que les parlementaires devraient utiliser leur énergie à soulager la misère de la population.
" On ne peut pas s?amuser, il faut cesser de plaisanter avec la nation alors qu?il y des choses sérieuses à régler" soutient-il. Constantin Mayard Paul précise que les parlementaires doivent rester à leur place rappelant qu?il est du devoir de leurs conseillers de leur faire comprendre ce qu?ils peuvent faire. "On ne peut demander à un ministre de révoquer un haut cadre de la police alors que son dossier est analysé par le parquet", argumente M Mayard notant que le parlement ne peut adopter des résolutions contraignantes.
Cette position est appuyée par le juriste Hannibal Coffi qui précise qu?une résolution n?est pas un acte législatif mais un acte parlementaire, elle n?a aucune force contraignante. "Les parlementaires n?ont pas compris leur limite ils ne peuvent se suppléer au pouvoir judiciaire", soutient Maitre Coffi qui dénonce "le déficit de culture" qui traverse le parlement.
"Voir des députés déambuler comme une bande de cabris pour apporter un mandat est déplorable", assure M Coffi qui croit qu?il faut les ramener à la raison.
Interrogé sur la réaction que l?exécutif doit avoir, il affirme que le gouvernement doit éviter que ce conflit ne se transforme en conflit entre le parlement et la police. "Les résolutions ne concernent que la chambre des députés, le principe de la séparation des pouvoirs doit être respecté", martèle le juriste.
De plus M Hannibal Coffi estime que par leur résolution les députés ont prononcé leur verdict sur l?affaire empiétant sur les prérogatives du pouvoir judiciaire. "Il faut aider les parlementaires en leur inculquant les principes légaux, et je suis disposé à les aider pour qu?ils connaissent l?étendue de leur prérogatives", conclut Maître Hannibal Coffi.
Source: Metropole
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Haïti ? Justice : Un haut cadre de la police nationale assigné à comparaître, après une échauffourée avec un député
Après une semaine de tergiversations, le principal responsable de la direction centrale de la police administrative (DCPA), l?inspecteur Jean Saint-Fleur, s?est finalement présenté ce vendredi 19 janvier 2007 au Parquet près le Tribunal civil de Port-au-Prince pour répondre à la convocation du substitut du commissaire du gouvernement Frantz Poteau.
L?Inspecteur général Jean Saint-Fleur est accusé d?avoir molesté, le vendredi 12 janvier 2007, le député des Baradères (Sud-Ouest d?Haïti), Michelet Casimir, qui roulait dans une voie à sens unique, au centre-ville de la capitale.
Convoqué à comparaître, le lundi 15 janvier au Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, suite à un mandat d?amener décerné contre lui pour « voies de fait, suivies de blessures » sur la personne de ce parlementaire, Jean Saint-Fleur a brillé ce jour-là par son absence.
Réunis en assemblée, les députés de la 48e Législature ont adopté à l?unanimité une résolution, dans laquelle ils exigent la révocation immédiate du responsable de la DCPA.
Quarante-huit heures après, Jean Saint-Fleur, accompagné de l?Inspecteur général en chef de la Police nationale d?Haïti (PNH), Fritz Jean, et de plusieurs officiers de police, a répondu à cette convocation.
Nombreux sont les députés à se présenter, ce vendredi 19 janvier, au Parquet pour supporter leur collègue Michelet Casimir.
Une décision est attendue en fin de journée sur la suite qui sera donnée à cette nouvelle affaire Police / Parlement ayant provoqué un véritable tollé cette semaine en Haïti.
L?affaire a tant pris des proportions que le député Casimir est un ex-policier national, aux côtés de qui se trouvaient, au moment de l?accrochage du 12 janvier, des hommes armés, dont l?un d?entre eux [appréhendé à 4 reprises] aurait été auparavant libéré par la police nationale sur pression du député. Une des armes, en possession des gardes du corps du parlementaire à l?occasion de l?événement, serait la propriété de la police nationale d?Haïti.
Réagissant à ce nouveau conflit Police/Parlement, le président René Garcia Préval rappelle à tout un chacun la publication, par la présidence, d?une circulaire demandant aux officiels du gouvernement et autres fonctionnaires de respecter les mesures adoptées par le service de la circulation.
De 2006 à date, Jean Saint-Fleur n?est pas le premier haut dignitaire de la PNH à être convoqué par la justice .
Un conflit, ayant opposé le juge Napela Saintil et le commissaire divisionnaire Michael Lucius de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), avait conduit à la démission de ce dernier, après que le juge d?instruction s?était dessaisi du dossier.
Mario Andrésol, Directeur général de la PNH, assure, depuis, l?intérimat à la DCPJ.
Source: AlterPresse