Six blessés lors d'une opération de l'ONU dans un bidonville d'Haïti
Le mercredi 24 janv 2007
Port-au-Prince
Au moins six personnes ont été blessées par balles mercredi à Port-au-Prince lors d'une opération menée par des Casques bleus à Cité Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti contrôlé en partie par des groupes armés.
«Nous avons reçu 6 personnes avec des plaies par balles, mais leur vie n'est pas en danger», a confié à l'AFP un médecin sous couvert d'anonymat.
L'opération a été lancée à l'aube dans ce bidonville qui compte 300 000 habitants. «Nous avons été réveillés à 3 h du matin par des tirs nourris et nous avons remarqué des chars de l'ONU dans le quartier», a déclaré un habitant.
En début de matinée, des hélicoptères de la force onusienne continuaient de survoler le bidonville où des tirs à l'arme automatique pouvaient être entendus. Selon une source policière, la police haïtienne n'a pas pris part à l'opération.
Il s'agit de la deuxième opération menée dans ce bidonville en un mois par les Casques bleus, dont le mandat doit être renouvelé en février par le Conseil de sécurité des Nations unies. L'insécurité, qui perdure en dépit du déploiement militaire de l'ONU en Haïti depuis 2004, reste un frein majeur à la relance du pays, secoué pendant vingt ans par des crises politiques meurtrières.
Mercredi, l'objectif des Casques bleus «était de récupérer une maison à proximité d'une route importante contrôlée par des gangs qui rançonnent des camionneurs et des automobilistes», a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), Sophie Boutaud de la Combe. Selon cette responsable, les gangs utilisaient cette maison pour lancer des attaques contre des patrouilles de la Minustah.
«Nous allons étendre notre présence pour continuer à renforcer la sécurisation de Cité Soleil», a ajouté la porte-parole, sans pouvoir présenter de bilan de l'intervention.
La Minustah compte 7200 militaires et près de 2000 policiers internationaux.
Le 22 décembre, les Casques bleus avaient déjà mené une opération à Cité Soleil, mais avec le concours de la police haïtienne. Des affrontements avaient alors fait au moins une dizaine de morts et plusieurs dizaines de blessés, selon des sources concordantes.
L'objectif était alors pour l'ONU de rouvrir une route qui était sous le contrôle de gangs à Cité Soleil.
À la mi-janvier, le nouveau patron brésilien des Casques bleus en Haïti, le général Carlos Alberto dos Santos Cruz, avait affirmé que le principal défi de l'ONU en Haïti était «d'empêcher la violence» exercée par les bandes armées contre la population.
Dans un entretien à l'agence Brasil, l'officier avait expliqué que le point le plus chaud d'Haïti était «Cité Soleil». C'est «la zone la plus pauvre» de Port-au-Prince «où se concentrent trois ou quatre bandes contrôlées par des bandits fortement armés qui commettent des actes de violence absurdes contre la population», avait-il expliqué. «Les patrouilles de la Minustah essuient à Cité Soleil un grand nombre de coups de feu, des milliers par jour. Cela prouve qu'il y a un grand flux d'armes et de munitions», avait précisé l'officier.