Haïti: la réforme du système judiciaire est prioritaire
Le mercredi 31 janv 2007
Washington
Le représentant spécial en Haïti de l'ONU, Edmond Mulet, a estimé mercredi à Washington que la réforme du système judiciaire de ce pays était une priorité pour l'année 2007.
«La réforme du système judiciaire est absolument fondamentale», a déclaré M. Mulet au Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS), regrettant que cette réforme n'avance pas aussi vite que l'ONU le souhaiterait.
«Le système judiciaire en Haïti est extrêmement corrompu», a-t-il souligné. Selon lui, la réforme, indispensable pour relancer l'économie de Haïti, passe par un contrôle du personnel judiciaire. «Je ne vois pas la diaspora revenir en Haïti y investir tant que les bases de l'État de droit ne sont pas établies pour donner des garanties aux investisseurs et à la population».
La semaine dernière, des experts réunis à Washington pour une conférence sur Haïti avaient eux aussi dénoncé un système judiciaire particulièrement défaillant.
Juges et avocats manquent de formation, d'infrastructures, de matériel aussi simple que du papier et des crayons... Surtout les salaires sont bas, ce qui encourage la corruption, avait relevé un responsable du centre de réflexion, International Crisis Group, Mark Schneider.
Il avait suggéré de «créer une chambre spécialisée dans les crimes graves, où il y aurait davantage de chance d'obtenir justice». Ce serait une première étape vers une amélioration du système, avait-il ajouté.
L'insécurité et l'impunité, qui perdurent en Haïti en dépit du déploiement militaire de l'ONU depuis 2004, restent un frein majeur à la relance du pays, secoué pendant vingt ans par des crises politiques meurtrières.