Le groupe de contact sur Haïti pour un nouveau mandat d'un an de la Minustah
02.02.07 | 01h18
Le groupe de contact sur Haïti s'est prononcé jeudi à Washington en faveur d'une prolongation pour un an du mandat de la force de paix de l'Onu en Haïti, la Minustah.
"Nous avons convenu que nous devions tous approuver un renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) pour une période de 12 mois au niveau actuel", a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires politiques, Nicholas Burns.
Certains Etats membres de l'ONU souhaitaient limiter à six mois la prolongation de la mission en Haïti, mais selon M. Burns, le groupe de contact qui réunissait 15 pays donateurs ou contributeurs à la Minustah ainsi que sept organisations internationales, a été unanime à souhaiter une prolongation d'un an.
"La présence de cette mission est essentielle à la stabilité et à la paix et à la lutte contre le crime en Haïti", a ajouté M. Burns au cours d'une conférence de presse commune avec le ministre haïtien des Affaires étrangères, Jean Reynald Clérismé. "La prolonger pour moins de 12 mois ne serait pas bon".
Le mandat de la Minustah, forte de 7.200 militaires et quelque 2.000 policiers, avait été prorogé en août pour six mois. Il arrive à expiration le le 15 février.
M. Clérismé s'est félicité de ce consensus au sein du groupe de contact.
"Pour nous, ce sera mieux qu'elle soit renouvelée pour 12 mois plutôt que six ou moins", a-t-il souligné, notant que la force de l'ONU est déjà parvenue à limiter de façon significative l'activité des gangs dans des zones de Port-au-Prince qu'il était jusque là impossible de traverser sans danger.
"Avec le soutien de la Minustah, maintenant on peut aller et circuler dans toutes ces zones", a-t-il déclaré. "Nous avons encore des gangs, mais leur nombre a été réduit de façon drastique".
"Je pense que nous aurons très bientôt un Port-au-Prince paisible", a ajouté le minisitre haïtien.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont annoncé jeudi l'octroi d'une assistance directe de 20 millions de dollars au gouvernement haïtien pour pacifier le plus grand bidonville de Port-au-Prince, Cité Soleil, théâtre de nombreuses violences.
"Les Etats-Unis ont déjà accordé 640 millions de dollars d'aide à Haïti début 2004", a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint, Nicholas Burns. "Je suis heureux d'annoncer un don de 20 millions de dollars supplémentaires au gouvernement haïtien".
Le programme américain pour Cité Soleil, présenté par le département d'Etat comme "nouveau et innovant", est destiné stimuler la création d'emplois pour les jeunes chômeurs de ce bidonville contrôlé en partie par des groupes armés.
"C'est un programme destiné à trouver des emplois pour les jeunes de Cité Soleil et les encourager à stabiliser cette zone de Port-au-Prince", a noté M. Burns.
La Minustah a multiplié les opérations à Cité Soleil ces dernières semaines pour tenter de reprendre le contrôle de ce bidonville de 300.000 habitants dont la police haïtienne a été chassée en 2004 par des partisans armés de l'ancien président Jean Bertrand Aristide.