Opération onusienne à Cité Soleil : Au moins 3 morts et 7 blessés dont deux casques bleus
Le commandant autoproclamé du quartier de Boston, "Evans Ti Kouto", traqué par la MINUSTAH
samedi 10 février 2007,
Source: Radio Kiskeya
Au moins trois personnes ont été tuées et sept autres blessées dont deux casques bleus dans de violents afrontements vendredi à Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), lors d?une vaste opération de la Mission onusienne destinée à mettre fin aux activités criminelles des bandes armées.
Près de 700 soldats dont 450 brésiliens, 48 blindés légers, des hélicoptères de reconnaissance et des avions larguant des tracts ont été mobilisés dans le cadre de cette offensive qui visait tout particulièrement le quartier de Boston, fief du commandant autoproclamé "Evans Ti Kouto". Le quartier-général de ce dernier, considéré comme l?un des plus redoutables chefs de gangs de la capitale haïtienne, a été récupéré de même que plusieurs autres bâtiments que des kidnappeurs utilisaient pour garder leurs otages.
Deux membres présumés des gangs ont été tués, selon des témoins. Une femme est décédée des suites de ses blessures à l?hôpital Sainte-Catherine, ont indiqué à l?AFP des sources hospitalières ayant requis l?anonymat.
Selon les mêmes informations, cinq civils ont été grièvement blessés au cours des combats longs de plusieurs heures et à l?origine d?un exode massif de la population civile. Ces victimes ont été recueillies par des secouristes de l?organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) et de la Croix-Rouge Haïtienne qui ont créé un couloir humanitaire en vue de l?évacuation des blessés.
Pour sa part , la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) s?est bornée à dire dans un communiqué que deux de ses militaires ont été légèrement touchés sans confirmer la mort des autres personnes dont l?identité n?est pas connue.
"Deux Casques bleus ont été légèrement blessés lors d?une intervention de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti dans un quartier de Cité Soleil pour déloger un chef de gang", a déclaré le général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz, le commandant des troupes onusiennes qui dirigeait l?opération en personne.
"Des milliers de cartouches ont été tirées sur nous par des hommes armés lors des affrontements", a précisé le général très visible sur le théâtre des opérations onusiennes depuis sa prise de fonction le mois dernier.
Le porte-parole du bataillon brésilien, le colonel Alfonso Henrique Pedrosa, a indiqué à BBC Brasil que les deux casques bleus blessés sont un bolivien et un jordanien. Des militaires de sept pays, Bolivie, Brésil, Chili, Jordanie, Paraguay, Pérou et Uruguay se trouvaient à Cité Soleil.
De son côté, le chef civil de la MINUSTAH, Edmond Mulet, s?est réjoui du succès de l?intervention grâce à laquelle les soldats de la paix et la police haïtienne assurent désormais des patrouilles conjointes à Boston, un quartier qui échappait totalement à l?autorité de l?Etat. Le diplomate guatémaltèque a également annoncé la poursuite au cours du week-end de l?opération dont l?un des objectifs est "l?arrestation d?Evans, l?un des plus terribles criminels que connaisse Haïti", selon les propres termes de M. Mulet.
Le colonel Pedrosa soutient que le gang du "commandant Evans" est responsable de nombreux crimes comme "des séquestrations et assassinats de familles entières".
Dans une interview à Radio Kiskeya, le porte-parole a.i de la Mission onusienne, Jean-Jacques Simon, a affirmé que le bastion des gangs a été atteint sans être toutefois en mesure dire quel était le sort d?Evans.
L?offensive militaire lancée vers deux heures du matin s?est poursuivie jusqu?à la mi-journée. Des tirs sporadiques étaient encore entendus vendredi après-midi dans le bidonville dont la majorité de la population fuyait les zones de combat.
La MINUSTAH avait dénoncé jeudi lors d?une conférence de presse le financement occulte des gangs et leur approvisionnement en armes de guerre et munitions.
Depuis fin décembre, la force de stabilisation a lancé plusieurs opérations contre des bandes armées en vue de rétablir la paix et l?ordre républicain à Cité Soleil. L?un des principaux chefs de gangs de la zone, Bélony ainsi connu, qui avait mis le quartier de Bois-Neuf en coupe réglée, est toujours en fuite.
Les nouveaux efforts de la MINUSTAH coïncident avec la fin de son mandat qui devrait toutefois être renouvelé par le Conseil de sécurité de l?ONU avant son expiration jeudi prochain. L?insécurité persiste en Haïti, principalement à Port-au-Prince, malgré le déploiement de plus de 6.600 militaires et 1.700 policiers internationaux.