Le chef de la diplomatie brésilienne souligne le ""pragmatisme"" de Brasilia dans ses relations avec Washington
BRASILIA (MAP) - Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a souligné le ""pragmatisme"" que son pays donne aux relations avec les Etats Unis, niant les informations au sujet de l'existence au Brésil d'un sentiment anti-américain.
""Notre attitude est pragmatique et vise à défendre l'intérêt brésilien. Il n'y a pas d'anti-américanisme, bien au contraire"", a affirmé le responsable brésilien, précisant que le partenariat avec les Etats Unis porte sur les relations bilatérales et sur des questions internationales.
Dans un entretien au journal ""O Estado de Sao Paulo"", paru dimanche, M. Amorim insiste sur l'importance de la négociation de l'accord entre les deux pays pour la production de bio-combustibles.
""Nous allons conclure avec les Etats Unis des accords commerciaux bilatéraux prenant pour modèle celui de l'éthanol"", a indiqué le responsable brésilien.
""Cela serait-il possible si les Etats Unis percevaient une attitude anti-américaine ?"", s'est demandé M. Amorim, soulignant qu'une attitude anti-américaine de la part de Brasilia ne susciterait pas l'intérêt aussi fort de Washington pour la relation bilatérale.
A cet égard, le responsable a mis en relief les intenses contacts entre les présidents brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et américain George W. Bush, insistant également sur l'existence d'une ""relation mûre"" entre les deux pays concernant les questions d'intérêt continental.
De son côté, le sous-secrétaire d'Etat américain aux affaires politiques Nicholas Burns, qui a effectué une visite à Brasilia la semaine dernière, a affirmé que le Brésil est un partenaire préférentiel des Etats Unis dans la région et que ""sans nul doute, le Brésil est le pays le plus puissant de l'Amérique du sud"".
""De part ses dimensions, sa population et son économie, le Brésil est une force énorme et nous estimons qu'il dispose d'un agenda très responsable, très coopératif et très positif"", a déclaré M. Burns au même journal brésilien.
""Nous avons un problème d'énergie dans le monde. Nous dépendons beaucoup du pétrole. Cela n'est pas bien pour notre économie, ni pour l'environnement. Nous devons alors développer des combustibles alternatifs et diminuer notre dépendance de l'essence"", a dit M. Burns.
Il a rappelé que les Etats Unis et le Brésil produisent de l'éthanol respectivement à base du maïs et de la canne à sucre et que les deux pays sont ""leaders mondiaux"" dans ce domaine en disposant de ""70 pc du marché mondial"", précisant que la coopération en la matière sera un ""grand sujet"" de la prochaine rencontre entre les présidents Bush et Lula da Silva, prévue le 8 mars à Brasilia.
""Les bio-combustibles vont constituer le point de rencontre le plus important et le plus positif entre le Brésil et les Etats unis"", a-t-il souligné, ajoutant que les experts des deux pays peuvent avoir dans ce cadre une coopération pour développer et améliorer la productivité de l'éthanol à base du maïs et de la canne à sucre.
M. Burns a par ailleurs, estimé que les deux pays peuvent impulser la production de l'éthanol dans le continent américain et les Caraïbes et créer un marché global des bio-combustibles. ""S'il y a un marché global pour le gaz et le pétrole, pourquoi pas un marché global de l'éthanol"", a-t-il dit.
Interrogé au sujet des relations des Etats Unis avec l'Amérique Latine, le responsable américain a indiqué que son pays a un ""agenda positif"" avec plusieurs pays du continent et que l'attention est portée sur les pays ""amis"" tels le Brésil, l'Argentine, le Chili, la Colombie et le Pérou.
Le responsable américain a, lui aussi, souligné l'importance du partenariat américano-brésilien pour la production de l'éthanol dans la perspective de réduire la dépendance du pétrole.