Les affrontements entre Casques bleus et gangs armés ont fait trois morts et sept blessés à Cité Soleil. Deux membres de gangs, selon des témoins, figurent parmi les cadavres recensés. Une partie de l'arsenal des gangs a été confisquée par les Casques bleus dans le quartier de Boston. Carlos Alberto Dos Santos Cruz, chef militaire de la mission onusienne en Haïti, présente le corps du délit à la presse.
« Le matériel exposé peut montrer la force de frappe du gang du nommé Evans et la pression exercée sur la population de Boston », a lâché le commandant de la force de la mission de l'ONU, le Général Major Carlos Alberto Dos Santos Cruz. Le chef militaire de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) qui se montre plus discret que ses prédécesseurs a tenu son point de presse devant une table garni de munitions confisquées, il y a de cela trois jours, à Boston, un des trente-quatre quartiers de Cité Soleil.
Deux chefs de gangs, selon des témoins, auraient été tués lors de ce nouveau raid mené par quelque 700 Casques bleus pour tenter de mettre en déroute les redoutables chefs de gangs qui se battent pour le contrôle de ce vaste bidonville. Une femme atteinte de projectiles lors des affrontements entre les chefs de gangs et les militaires aurait également succombé à ses blessures à l'hôpital.

« Les armes et les munitions exposées ne peuvent plus être utilisées ni contre la population, ni contre les force de paix », s'est réjoui le commandant en chef de la mission onusienne en Haïti. Des milliers de cartouches, au quotidien, ont été tirées sur les Casques bleus par des hommes armés lors des affrontements, a précisé le chef militaire de la force onusienne. Sans toutefois confirmer la mort des deux chefs de gangs et de la femme succombée à ses blessures, le général a indiqué de son côté que deux de ses soldats, un Brésilien et un Bolivien, ont été blessés par balles lors des affrontements qui se sont déroulés à Cité Soleil où vivent 300.000 habitants. « J'ignore s'il y a de morts dans les rangs des criminels, a expliqué le général qui répondait aux questions des journalistes. J'ai entendu à la radio que trois bandits ont été blessés. Les opérations ont été menées surtout la nuit, nous ne pouvions pas tout contrôler.»

Le principal résultat de cette opération déclenchée dimanche dernier et qui s'est étendue jusqu'à dimanche soir, a expliqué le chef militaire de la Minustah, serait « l'émancipation de la population de Boston, le retour au calme des gens qui vivaient sous le joug de la volonté d'Evens et de sa bande ».
Un fusil de fabrication israélienne, 5846 cartouches, un masque à gaz, des coffres-forts métalliques, des machettes, des chargeurs pour munitions..., selon des chiffres cités par le général Cruz ont été confisqués par les Casques bleus qui consolident leur présence dans le plus dangereux bidonville du pays. Ces armes et munitions retrouvées après l'opération ont été présentées à la presse.
D'autres substances confisquées lors des opérations, a annoncé le général, seront analysées par des experts pour déterminer leur nature et leur provenance. La MINUSTAH avait dénoncé jeudi dernier le financement des gangs et leur approvisionnement en munitions par des secteurs inconnus.
"Nous ne tolèrerons plus le kidnapping, les agressions et le règne de la terreur des gangs de criminels. Et nous allons continuer à nettoyer les quartiers où les gangs empêchent la population de vivre dans la sécurité", a déclaré le commandant de la force onusienne en Haïti.
« Les choses se passeront ainsi avec les autres communautés de Port-au-Prince, et ce sera le destin de tous ceux qui s'opposent à la stabilité d'Haïti et empêchent que l'aide humanitaire arrive vers les nécessiteux, a menacé le général.
Nous espérons que cette opération servira de leçon aux autres groupes illégaux, les motive à déposer les armes et à se rendre avant d'avoir le même sort que ce redoutable chef de gang Evens. » Le destin de celui-ci qui menaçait la sécurité de toute la commune de Cité Soleil est jusqu'ici inconnu par la mission onusienne. Un autre chef de gang dénommé Bélony, a été chassé en décembre dernier de son quartier général à Bois-Neuf, un des trente-quatre quartiers de Cité Soleil élevé au rang de commune sous la présidence d'Aristide.