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ONU: Conseil sécurité réuni sur la question de la réforme du secteur de la sécurité

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Published by bana2166- 02-20-07
news ONU: Conseil sécurité réuni sur la question de la réforme du secteur de la sécurité

ONU: Le Conseil de sécurité réuni sur la question de la réforme du secteur de la sécurité
20 février 2007 ? « La première leçon que les Nations Unies peuvent tirer de leur expérience est que la sécurité est une condition essentielle et urgente de la consolidation de la paix », a déclaré le Secrétaire général devant le Conseil de sécurité réuni aujourd?hui pour un débat public sur l?appui à la réforme du secteur de la sécurité. « Le but des opérations de maintien de la paix doit être de faire en sorte que les accords de paix et les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) n?empêchent pas, mais au contraire contribuent à rétablir une sécurité durable. Les Nations Unies font des progrès à cet égard », a estimé le Secrétaire général. Ban Ki-moon a ajouté que la deuxième leçon est que « la sécurité ne peut être rétablie et maintenue dans le vide ». « Il est essentiel d?accorder l?attention requise aux besoins et aux perspectives de l?État et des communautés concernées. Plus large sera l?appropriation nationale, plus durable sera la sécurité », a souligné le Secrétaire général. « La troisième leçon est que la sécurité durable va bien au-delà de la réintégration des soldats ou de la formation de policiers. Sans des institutions efficaces et bien gérées, le maintien de la paix ne sera pas possible », a-t-il dit. Quatrième et dernière leçon : il faut impliquer plusieurs acteurs dont les États Membres, les organisations régionales et les institutions de Bretton Woods, a estimé le Secrétaire général, qui a souhaité donner aux Casques bleus des « directives claires, un appui efficace et une bonne formation ». Pour sa part, la présidente de l?Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed al Khalifa, a rappelé que la police, l?armée et le système judiciaire étaient essentiels à la stabilité, à la justice, à la bonne gouvernance et à l?Etat de droit, ajoutant : « l?impartialité de ces institutions reflète la force d?une démocratie ». Elle a souligné que l?Assemblée générale, organe principal de délibérations et de définition des politiques, pouvait apporter une contribution importante à ce débat émergent. « Il s?agit une fois encore de la reconnaissance du fait que la division traditionnelle entre questions de ?sécurité? d?une part et problèmes de ?développement? d?autre part est à la fois artificielle et impraticable sur le long terme », a dit le président du Conseil économique et social, Dalius Cekuolis. Enfin, le président du Comité d?organisation de la Commission de consolidation de la paix, Ismael Abraao Gaspar Martins, a souligné que la réforme des forces de sécurité dans certains pays ne pouvait se faire qu?avec l?appui international. Il a cité ainsi Haïti, le Timor-Leste et la Guinée-Bissau, en notant que cet appui s?avérait essentiel pour éviter une rechute dans la guerre.
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By bana2166 on 02-20-07, 06:31 PM
news Maitien De La Paix Et De La Sécurité Internationales

CONSEIL DE SÉCURITÉ: SÉANCE EN COURS
MAITIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES: R ÔLE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DANS L?APPUI À LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ
Déclarations
M. JAN KUBIS, Ministre des affaires étrangères de la Slovaquie, a estimé que la réforme du secteur de la sécurité va au-delà du renforcement des capacités après un conflit. Elle doit avoir comme objectif ultime l?amélioration de la vie quotidienne des populations. En la matière, il faut veiller à un équilibre entre l?appropriation nationale et l?appui international. Les Nations Unies ont fait un travail remarquable en la matière mais peuvent encore améliorer la coordination, la cohérence et l?efficacité de leurs actions. Le Ministre a donc espéré que le débat donne un élan important.
M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l?ONU, a d?abord dit que la première leçon que les Nations Unies peuvent tirer de leur expérience est que la sécurité est une condition essentielle et urgente de la consolidation de la paix. Le but des opérations de maintien de la paix doit être de faire en sorte que les accords de paix et les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) n?empêchent pas mais contribuent au contraire à rétablir une sécurité durable. Les Nations Unies font des progrès à cet égard, a-t-il estimé. Le Secrétaire général a ensuite estimé que la deuxième leçon est que la sécurité ne peut être rétablie et maintenue dans le vide. Il est essentiel d?accorder l?attention requise aux besoins et aux perspectives de l?État et des communautés concernées. Plus large sera l?appropriation nationale, plus durable sera la sécurité, a souligné le Secrétaire général. La troisième leçon est que la sécurité durable va bien au-delà de la réintégration des soldats ou de la formation de policiers. Sans des institutions efficaces et bien gérées, le maintien de la paix ne sera pas possible. C?est la raison pour laquelle l?ONU accorde une grande importance à l?appui au renforcement des institutions de maintien de l?ordre. La quatrième leçon est qu?il faut impliquer plusieurs acteurs dont les États Membres, les organisations régionales, les institutions de Bretton Woods et autres. Il faut donner aux Casques bleus des directives claires, un appui efficace et une bonne formation. Enfin, a conclu le Secrétaire général, il faut coordonner plus avant l?appui des Nations Unies avec les efforts en cours pour développer des stratégies de maintien de la paix intégrées.
SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA (Bahreïn), Présidente de l?Assemblée générale, a souligné le caractère complexe de la réforme du secteur de la sécurité. Dans chaque pays, s?est-elle expliquée, l?appareil de sécurité est au c?ur de la souveraineté et de l?identité nationales. La police, l?armée et le système judiciaire sont essentiels à la stabilité, à la justice, à la bonne gouvernance et à l?état de droit. L?impartialité de ces institutions reflète la force d?une démocratie. C?est la raison pour laquelle l?appropriation de tout processus de réforme du secteur de la sécurité est extrêmement importante, a-t-elle estimé, avant de souligner le rôle que les Nations Unies peuvent jouer dans le renforcement des capacités. Une meilleure coordination des efforts internationaux est nécessaire en la matière, a-t-elle ajouté en prônant l?adoption d?une politique commune dans le cadre de l?Assemblée générale dont la mise en ?uvre serait coordonnée par la Commission de consolidation de la paix. L?Assemblée générale, organe principal de délibérations et de définition des politiques, peut faire une contribution importante à ce débat émergent, a-t-elle insisté.
M. DALIUS CEKUOLIS (Lituanie), Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a remercié la présidence slovaque d?avoir pris l?initiative d?organiser le débat d?aujourd?hui et de l?avoir invité à s?exprimer car, a-t-il dit, il s?agit une fois encore de la reconnaissance du fait que la division traditionnelle entre questions de « sécurité » d?une part et problèmes de « développement » d?autre part est à la fois artificielle et impraticable sur le long terme. C?est d?ailleurs la perspective sous laquelle les Groupes consultatifs spéciaux de l?ECOSOC ont travaillé. Dans le contexte du mandat visant à promouvoir une approche intégrée aux secours, à la reconstruction et au développement tout en encourageant la mobilisation des ressources, les deux Groupes consultatifs sur la Guinée-Bissau et le Burundi ont appelé à ce qu?une plus grande attention soit portée à la réforme du secteur de la sécurité en tant que moyen de régler une des causes structurelles de conflit dans de nombreuses nations fragiles ?c?est-à-dire l?implication des forces de sécurité dans les affaires politiques-, a expliqué le Président de l?ECOSOC.
Ainsi, l?expérience des Groupes consultatifs spéciaux a permis de conclure que le rôle des forces de sécurité, leur rôle interne en particulier, et le processus de réforme du secteur de la sécurité, constituaient les éléments de base du programme de consolidation de la paix après un conflit. C?est la raison pour laquelle les Groupes consultatifs spéciaux, lors de leurs rencontres dans les pays concernés, ont toujours considéré les militaires comme des interlocuteurs fondamentaux. Cette interaction, ainsi que le dialogue avec d?autres parties prenantes les ont amenés à soutenir la nécessité de la réforme du secteur de la sécurité.
De fait, le Groupe consultatif sur la Guinée-Bissau a ajouté sa voix à celle du Conseil de sécurité lors d?une mission conjointe dans ce pays en 2004 en appelant à une assistance urgente et immédiate de la part de la communauté internationale pour que celle-ci finance un programme global de restructuration des forces armées de ce pays en raison de sérieux problèmes concernant les mauvaises conditions d?accomplissement de leurs missions, les divisions ethniques au sein même de l?armée et la présence d?armes légères dans le pays. L?ECOSOC s?est félicité dans sa résolution E/2005/2 de la recommandation du Conseil de sécurité d?établir un fonds d?urgence volontaire, devant être administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), afin de soutenir les efforts de réforme de l?armée. L?ECOSOC considère que le manque de progrès concernant la réforme du secteur de la sécurité dans les pays sortant d?un conflit continuerait de contribuer à l?instabilité politique, à l?incertitude et, par conséquent, à contrecarrer le développement. En outre, la réduction de la pauvreté rendra d?autant plus aisée la démobilisation des militaires et des anciens combattants qui seront plus disposés à renoncer à leurs armes. C?est la raison pour laquelle une attention particulière doit être portée aux militaires démobilisés et aux ex-combattants dans les stratégies de réduction de la pauvreté.
M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola), Président du Comité d?organisation de la Commission de consolidation de la paix, a exprimé l?espoir que les propositions formulées aujourd?hui, ainsi que celles faites dans différentes instances à l?intérieur comme à l?extérieur de l?ONU sur ce sujet permettraient au Conseil de sécurité d?atteindre son objectif concernant le développement d?une approche globale, cohérente et coordonnée de la part des Nations Unies sur la réforme du secteur de la sécurité. Sa complexité, selon M. Gaspar Martins, résulte du fait qu?elle implique de nombreux acteurs, à savoir les forces armées, la police, les services de renseignement et de sécurité. Elle comprend aussi bien des institutions telles que la justice, que des forces non régulières, telles que les armées de libération, les guérillas ou les milices. Une telle complexité suppose, selon lui, une approche globale et coordonnée pour faire face aux problèmes posés, particulièrement la réforme du secteur de la sécurité. M. Gaspar Martins a ensuite cité le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, selon lequel les Casques bleus de l?ONU ne sont que l?un des éléments du tableau dans lequel apparaissent de manière tout aussi cruciale les États Membres, les acteurs multilatéraux ou les institutions financières internationales.
Bien que l?ONU doive encore développer des capacités et une meilleure coordination, elle a déjà accumulé une expérience précieuse et des connaissances importantes, notamment au sein du Département des opérations de maintien de la paix. M. Gaspar Martins s?est félicité de l?intérêt montré par le Secrétaire général Ban Ki-moon à cet égard. Aucun organe des Nations Unies ne peut, selon lui, traiter ce problème de façon autonome. Il s?est dit convaincu que le Conseil tirerait partie de l?expérience des autres institutions de l?ONU sur cette question. La démarche sur le terrain doit tenir compte de la réforme en cours à l?ONU, a-t-il ajouté, en particulier de l?expérience de la Commission de consolidation de la paix. Nous sommes confrontés à un défi, a reconnu M. Gaspar Martins, notant que la réforme des forces de sécurité dans certains pays ne pouvait se faire qu?avec l?appui international. Il a cité ainsi Haïti, le Timor-Leste et la Guinée-Bissau, en notant que cet appui s?avérait essentiel pour éviter une rechute dans la guerre.
M. CUI TIANKAI, Ministre adjoint des affaires étrangères de la Chine, a affirmé que les efforts visant à réformer le secteur de la sécurité étaient favorables au rétablissement de la paix et à la promotion du développement, citant en exemple les situations au Libéria et en Sierra Leone. Toutefois, il a estimé que de nombreux défis persistaient et c?est pourquoi, cette réforme devrait selon lui assurer la participation de tous les secteurs de la sécurité, comme l?armée et la police, dans l?édification de l?État, dans le maintien de la stabilité ainsi que dans la promotion de la croissance économique. En outre, il a indiqué que la réforme du secteur de la sécurité devrait être au service de la stratégie de maintien et de consolidation de la paix et que le rôle des Nations Unies devrait y être pleinement reconnu. Le Ministre adjoint chinois des affaires étrangères a en effet argué que l?ONU devrait jouer un rôle directeur et de coordination, regrettant que jusqu?à maintenant, trop d?institutions soient impliquées dans cette réforme et qu?il existe peu de coordination entre elles. Par ailleurs, il a déclaré que la reconstruction des institutions nationales était avant tout une affaire interne et dépendait des pays concernés eux-mêmes. À cet égard, il a souligné l?importance de consulter ces États et de respecter leur volonté. Pour sa part, a-t-il estimé, la communauté internationale devrait jouer un rôle de conseil et d?assistance afin d?aider ces pays à adopter les approches et mécanismes qui correspondent à leurs réalités.
M. VITTORIO CRAXI, Sous-Secrétaire d?État aux affaires étrangères de l?Italie, a jugé que la réforme du secteur de la sécurité doit être considérée comme partie intégrante des stratégies de consolidation de la paix. Il a estimé qu?en la matière, les Nations Unies ont un rôle fondamental pour plusieurs raisons. La première est que l?ONU est l?acteur qui, plus que tout autre, jouit de la légitimité internationale nécessaire pour ?uvrer dans un secteur extrêmement délicat comme celui de la sécurité. Deuxièmement, l?ONU dispose d?une multiplicité d?outils qui lui permet une action de vaste portée. Enfin, le représentant a dit envisager un rôle important pour la Commission de consolidation de la paix. Il a jugé fondamental de renforcer la coordination internationale entre les organisations internationales et les organisations régionales. M. Craxi a, dans ce but, encouragé une intensification de la coopération opérationnelle entre l?Union européenne et les Nations Unies. Il a aussi en souligné que le respect de la responsabilité nationale demeure le principe clef des processus de réforme du secteur de la sécurité. Ce principe, a-t-il estimé, possède une double dimension. Il implique, d?une part, que les autorités d?un pays définissent les domaines d?action prioritaires et une stratégie d?intervention articulée autour du domaine du développement économique et social. D?autre part, ces mêmes autorités ont également la responsabilité principale du succès de cette stratégie. Concernant l?Afghanistan, le Sous-Secrétaire italien aux affaires étrangères a annoncé que son pays organise, au mois de mai prochain, une conférence sur la justice et l?état de droit, dont l?objectif consistera à relancer l?activité des donateurs dans ce secteur.
M. MOHAMMED ABDULLAH MUTIH AL-RUMAIHI, Assistant auprès du Ministre des affaires étrangères du Qatar, a noté que la réforme du secteur de la sécurité était multidimensionnelle, qu?elle avait des facettes multiples et qu?elle ne concernait pas uniquement le Conseil de sécurité. Pour réussir, cette réforme doit s?inscrire, selon lui, dans le cadre plus large de la mise en place d?institutions étatiques, particulièrement dans les situations postconflit. Une stratégie efficace doit être élaborée de telle manière qu?elle réponde aux conditions nationales, aux exigences et aux problèmes posés dans une situation particulière, tout en conservant le contrôle national du processus de réforme. En conséquence, il n?existe pas de modèle unique applicable dans toutes les situations. De l?avis de sa délégation, les Nations Unies ont une responsabilité particulière pour élaborer une stratégie pour la réforme du secteur de la sécurité, notamment dans les pays où l?ONU a déployé des missions de maintien de la paix. Dans certains cas, a fait remarquer M. Al-Rumaihi, cette réforme peut être un processus de longue haleine. Il est indispensable par ailleurs de reconnaître les droits souverains des États et veiller à la maîtrise nationale de la réforme du secteur de la sécurité. Les organisations régionales ont aussi un rôle à jouer pour assurer des efforts coordonnés et d?où la nécessité de les consulter, a souligné la délégation du Qatar.
M. PIERRE CHEVALIER, Envoyé spécial du Ministre des affaires étrangères de la Belgique, a estimé que tout concept de réforme du secteur de la sécurité devait être modulé en fonction des circonstances locales. Il a également affirmé que l?appropriation locale était déterminante pour la réussite de la mise en ?uvre de cette réforme tout en insistant sur l?importance de l?interaction entre les différentes institutions, quelles soient militaires, policières ou judiciaires, pour assurer une sécurité et une justice durable dans le pays concerné. Il a fait valoir que, selon lui, la dimension de la réforme du secteur de la sécurité devrait être intégrée dans une opération de maintien de la paix le plus tôt possible, dès la phase de planification. Par ailleurs, il a souligné l?importance de déployer des efforts afin de passer d?une « logique rebelle » à une « logique d?armée régulière » lorsqu?un pays sort d?un conflit et, ce, en vue de bâtir une armée et des forces de sécurité disciplinées et performantes. M. Chevalier a fait remarquer que dans cette phase, les efforts en matière de réforme du secteur de la sécurité changeaient de nature, que le rôle du gouvernement devenait central et que les actions à court terme laissaient la place à une stratégie à plus long terme. Enfin, il a indiqué que le temps nécessaire à une réforme réussie du secteur de la sécurité était supérieur à celui du déploiement d?une opération de maintien de la paix et nécessitait donc l?implication d?autres acteurs, notamment les organisations régionales et les acteurs bilatéraux.
M. ALEJANDRO WOLFF (États-Unis) a souligné que son pays était convaincu du fait que la nature multidimensionnelle des situations d?urgence complexes d?aujourd?hui et des opérations de maintien de la paix également de plus en plus complexes exigeaient une réponse internationale coordonnée qui fasse preuve de cohésion. Si l?ONU peut jouer un rôle crucial pour répondre aux crises, des réponses ponctuelles aux crises ne sont pas suffisantes, a-t-il noté. Il faut continuer à mettre au point des approches intégrées pour répondre aux crises car si l?on omet de soutenir les États sortant d?un conflit, ils peuvent devenir la proie du terrorisme, du crime, des trafics, tout en risquant d?entraîner des catastrophes humanitaires, tout ceci constituant des menaces à nos intérêts communs, a-t-il souligné. Sécurité, bonne gouvernance, réponse humanitaire, réponse démocratique sont les éléments auxquels il faut veiller.
Les États-Unis, qui sont parmi les premiers contributeurs au sein de l?UNPOL, sont disposés à jouer un rôle actif tout en ?uvrant avec les autres États Membres. Après la guerre, il y a souvent une montée des activités criminelles, a-t-il noté, et il convient donc de mettre sur pied un système cohérent. Tandis que les Casques bleus peuvent permettre de stabiliser un pays, la mise sur pied d?un système de mise en ?uvre de la loi compétent, impartial et ayant les ressources adéquates est cruciale, a-t-il rappelé. La police est essentielle à cet égard. Le système collectif de sécurité et de justice dans son ensemble doit être pris en compte. Il est essentiel que l?état de droit soit établi sans tarder dans l?ensemble du pays dès la sortie du conflit, afin d?empêcher les groupes criminels et autres mouvements terroristes de s?installer. Les États-Unis continueront d?appuyer une coopération multilatérale efficace, bien coordonnée, pour faire face aux défis des conflits internes et de l?effondrement de l?État. Coordination et coopération sont centrales au succès de tout effort de réforme du secteur de la sécurité, a conclu le représentant des États-Unis.
M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a fait valoir que la réforme du secteur de la sécurité dans les pays qui ont connu un conflit armé interne était un processus à long terme, qui impliquait une planification intersectorielle ainsi que la participation de tous les groupes politiques et sociaux. Tout en tenant compte de la spécificité de chaque situation postconflit, il a insisté sur le rôle des Nations Unies dans ce processus. La Commission de la consolidation de la paix, a-t-il dit, doit d?une part déployer des efforts pour promouvoir les capacités nationales et d?autre part coopérer avec les acteurs régionaux et sous-régionaux et d?autres organisations internationales pour mobiliser les ressources financières et assister les pays concernés. Par ailleurs, le représentant du Pérou a insisté sur l?importance du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration des anciens combattants. Il a aussi affirmé qu?il était nécessaire de créer des institutions visant l?ordre public et la sécurité interne et a estimé que la réforme du secteur de la sécurité exigeait la mise en ?uvre de politiques basées sur le contrôle, les mesures incitatives et les sanctions. La mise en place d?une administration judiciaire qui prend en compte la volonté des citoyens et qui assure le respect de l?état de droit et des institutions nationales est donc essentielle, a-t-il poursuivi. Le Conseil de sécurité devrait continuer à appuyer le maintien des missions dans les pays concernés aussi longtemps qu?il sera nécessaire et devrait ainsi continuer à contribuer à la réforme du secteur de la sécurité.
M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a estimé que la sécurité est un besoin élémentaire et un droit fondamental de l?homme. Sans sécurité, le développement ne saurait progresser. L?armée, la police et le système judiciaire doivent être impartiaux et si les institutions du secteur de la sécurité n?assurent pas la justice d?une manière égale pour tous, le risque d?insécurité voire de guerre civile se précise. Il faut reconnaître que la réforme du secteur de sécurité est une mesure essentielle pour prévenir les conflits. Des institutions efficaces, fortes et équitables empêchent l?instabilité, a insisté le représentant. La reconstitution des mécanismes de sécurité est une condition préalable à la stabilisation et au règlement des conflits. La réforme du secteur de sécurité relève de la responsabilité nationale, a souligné le représentant. Elle doit être définie par les parties prenantes nationales, à partir des normes internationales les plus élevées. Elle doit aussi être appuyée par la communauté internationale. En la matière, a plaidé le représentant, il faut adopter une approche globale qui implique les efforts combinés de plusieurs acteurs. Les Nations Unies doivent définir les rôles et les responsabilités de leurs différents organes et institutions. Il faut une stratégie claire au sein du système des Nations Unies et des principes applicables à tout le système. Il faut aussi impliquer les États concernés, les organisations régionales et les Nations Unies, a conclu le représentant, qui a joint en annexe de sa déclaration un résumé de la réunion selon la formule « arria » qu?il a présidée, le 16 février dernier, sur la réforme du secteur de la sécurité.
M. DUMISANI KUMALO (Afrique du Sud) a estimé que la réforme du secteur de la sécurité pourrait constituer un nouvel outil pour garantir la stabilité dans les pays sortant d?un conflit. Il est difficile, a-t-il estimé, d?imaginer une reconstruction durable sans traiter de cette réforme. Celle-ci ne se limite pas à la création d?institutions étatiques: elle exige aussi de restaurer la confiance de la population dans celles-ci. La réforme doit également être perçue comme un cadre plus large. La démobilisation des jeunes par exemple doit s?accompagner de programmes pour la création d?emplois. La délégation sud-africaine estime que si les pays émergents de conflit ont des points communs, il convient de prendre en compte les aspects proprement locaux. Il a évoqué la nécessité d?une meilleure coordination de l?assistance internationale.
Pour M. Kumalo, le rôle des institutions des Nations Unies doit être clairement défini tout en préservant le multilatéralisme pour que chaque pays concerné puisse définir ses propres priorités. Nous avons constaté que des programmes de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) avait eu des retombées négatives. Le représentant a ensuite donné l?exemple de l?Afrique du Sud en soulignant le rôle qu?ont joué les femmes dans le processus de réforme et de transformation du pays. Les enseignements et expériences des organisations régionales et sous-régionales doivent aussi être pris en compte. Le cadre que nous souhaitons élaborer doit prendre en compte les différents contextes dans lesquels interviennent les réformes du secteur de la sécurité. Cela permettra de déterminer si l?on doit définir un cadre de l?ONU rigide pour cette réforme ou plutôt la définition de grandes lignes globales et des meilleures pratiques.
M. RICARDO A. ARIAS (Panama) a souligné que la réforme du secteur de la sécurité relève de la responsabilité première de chaque État. Cette réforme doit être envisagée dans le contexte du lien entre sécurité, développement et droits de l?homme. Chacun de ces aspects est étroitement lié à la réalité de chaque pays, a souligné le représentant. Le Panama, a-t-il dit, considère la sécurité comme un service public qui relève de la responsabilité de l?État de protéger les citoyens. Ce service doit obéir aussi aux mêmes règles de bonne gouvernance et de transparence que les autres services publics. En la matière, les Nations Unies ont un rôle important à jouer même si pour l?heure, leurs activités sont quelque peu dispersées. Le représentant a donc prôné une démarche intégrée et coordonnée fondée sur des objectifs clairement définis. Le Conseil de sécurité, la Commission de consolidation de la paix, le Conseil économique et social, l?Assemblée générale et le Secrétariat ont des responsabilités à assumer. C?est la seule manière d?aider les pays à réformer ce secteur important, a conclu le représentant, en appelant l?ONU à encourager l?implication des organisations régionales et de la société civile.
M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a souligné l?importance du lien entre développement et sécurité. Les questions de sécurité ne sont pas un simple problème militaire, a-t-il noté, mais une condition préalable au développement et à la lutte contre la pauvreté. La réforme doit s?inscrire ensuite dans un processus plus large d?amélioration de la gouvernance, ce qui rend la tâche compliquée car il faut agir simultanément sur les questions policière, judiciaire et militaire, comme l?illustre l?exemple d?Haïti. Les travaux conceptuels menés dans de nombreuses enceintes internationales auxquels la France participe, montrent qu?il s?agit à la fois de consolider les institutions étatiques et d?améliorer le bien-être des populations, d?assurer leur intégrité physique, ainsi que de la possibilité d?exercer les droits politiques, économiques et sociaux. Pour la délégation française, il convient de s?interroger sur la tâche précise du Conseil de sécurité en la matière, alors que la Commission de consolidation de la paix prend son essor. Le Conseil doit très tôt, et comme il le fait de plus en plus, tenir compte dans les opérations de maintien de la paix de la question de l?organisation et de la réforme des systèmes de sécurité, a-t-il insisté. Mais la question de l?ampleur exacte et de la responsabilité du Conseil en matière de réforme du secteur de la sécurité par rapport à d?autres institutions internationales ne peut être décrétée à l?avance car elle dépend des circonstances de chaque cas d?espèce. Pour la France, il n?y a pas de modèle en la matière. Nous devons bien avoir à l?esprit, a-t-il ajouté, que dans toute la mesure du possible, la communauté internationale doit venir en appui d?un plan national dont la réussite demande une volonté de l?État concerné.
M. de La Sablière a évoqué le rôle concret joué par la France dans les cas de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Burundi et d?Haïti. En conclusion, il a rappelé que la réforme du secteur de la sécurité était une question très complexe en raison du grand nombre d?acteurs concernés qui agissent sur plusieurs questions, le défi étant de provoquer des synergies ainsi qu?une bonne coordination. La France attend beaucoup de la Commission de consolidation de la paix pour qu?elle améliore ces synergies et qu?elle assure cette coordination.
M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) a souligné le caractère délicat de la réforme du secteur de la sécurité. Cette réforme peut avoir lieu à tout moment du développement du pays. Mais son importance se manifeste particulièrement lorsqu?un pays traverse une période de transition. La réforme est donc liée à celle des autres secteurs. La cohérence et la participation de la société civile peuvent faire que les réformes des différents secteurs se renforcent mutuellement. En la matière, l?appropriation nationale est extrêmement importante et l?ONU doit limiter son action aux périodes postconflit. Les différents fonds et programmes devraient collaborer d?une manière plus étroite, a dit le représentant, en soulignant le rôle de la Commission de consolidation de la paix. Pour des pays en situation postconflit, l?assistance de la communauté internationale est essentielle. Il n?y a pas, a averti le représentant, un type de réforme qui pourrait s?appliquer à toutes les situations. La réforme du secteur de la sécurité est un processus à long terme qui nécessite une véritable implication de l?État concerné. Le Conseil peut en élaborer les paramètres, en particulier pour les transitions du maintien de la paix à la reconstruction postconflit. Dans ce cadre, il doit travailler en étroite collaboration avec les autres organes des Nations Unies.
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