Les États-Unis se félicitent de la prorogation du mandat de la MINUSTAH
La nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur la mission de l'ONU en Haïti
21 février 2007
Washington - Les États-Unis se sont félicités de la décision unanime du Conseil de sécurité de l'ONU en faveur de la prorogation, jusqu'au 15 octobre 2007, du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).
Le directeur du service des affaires caraïbes du département d'État, M. Brian Nichols, a déclaré à l'USINFO, le 20 février, que cette décision illustrait la volonté de la communauté internationale d'assurer la sécurité et la stabilité de manière à permettre au peuple haïtien de renforcer son régime démocratique et de laisser l'aide internationale donner des résultats.
De son côté, le représentant par intérim des États-Unis auprès de l'ONU, M. Alejandro Wolff, a déclaré que la nouvelle résolution du Conseil de sécurité constituait un signe important de la détermination de la communauté internationale à apporter un soutien à la MINUSTAH.
« C'est là une bonne nouvelle », a dit M. Wolff, en faisant remarquer que toutes les prorogations précédentes du mandat de la MINUSTAH avaient été de six mois, au lieu de huit mois comme cette fois-ci.
Dans la résolution qu'il a adoptée à l'unanimité le 15 février, le Conseil de sécurité proroge le mandat de la mission, qui se compose de quelque 8.400 soldats et policiers, en vue de contribuer à rétablir la stabilité en Haïti, qui est le pays le plus pauvre du continent américain.
Les États-Unis maintiennent un petit contingent en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, que le Conseil de sécurité a créée le 30 avril 2004. À l'origine, cette mission ne devait durer que six mois. Elle a été prorogée depuis à plusieurs reprises.
Le 1er février, le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, M. Nicholas Burns, avait déclaré que les États-Unis avaient accordé une aide financière de 20 millions de dollars au gouvernement haïtien en vue d'améliorer les conditions de vie dans l'un des quartiers les plus pauvres d'Haïti, la Cité Soleil, qui se trouve en proie à la violence causée par des bandes armées.
Depuis 2004, les États-Unis, qui sont le principal fournisseur d'aide d'Haïti, ont accordé à ce pays une aide s'élevant à 640 millions de dollars.
Le directeur du programme haïtien de l'université Trinity de Washington, le professeur Robert Maguire, a déclaré à l'USINFO, le 20 février, que si certains Haïtiens étaient opposés à la prorogation du mandat de la MINUSTAH, il était convaincu que la majorité des Haïtiens y était favorable, en particulier parce que cette mission aidait le pays à progresser et à devenir plus stable après la grande instabilité des six dernières années.
Si les obstacles au rétablissement de cette stabilité sont « énormes » et que la MINUSTAH a des difficultés à les surmonter, a-t-il dit, Haïti pourrait bien, sans elle, retomber dans le chaos et la violence.
Même si le bilan de la MINUSTAH n'est pas totalement positif, a-t-il ajouté, celle-ci fait du très bon travail vu les ressources dont elle dispose et le cadre où elle se trouve.
M. Maguire s'est déclaré en faveur du désir de la MINUSTAH d'accorder un peu moins d'importance aux opérations de maintien de la paix pour soutenir davantage la police haïtienne qui cherche à stabiliser la situation dans les quartiers où des bandes armées terrorisent les habitants. Il a également précisé que des policiers étrangers contribuaient à reconstituer la police haïtienne et à lui donner une formation.
Dans sa résolution, le Conseil de sécurité « demande à la MINUSTAH de continuer à accélérer le rythme des opérations d'appui à la police nationale d'Haïti dans sa lutte contre les bandes armées, selon qu'elle le jugera nécessaire, pour rétablir la sécurité, notamment à Port-au-Prince », la capitale du pays.
Selon l'ONU, la violence atteint un degré élevé surtout dans les bidonvilles de Port-au Prince, notamment à la Cité Soleil et à Martissant, où des bandes armées sont actives depuis des années, bien avant l'arrivée des membres de la MINUSTAH à Haïti en 2004.
Le soutien de l'Organisation des États américains
Pour sa part, le secrétaire général de l'Organisation des États américains, M. José Miguel Insulza, a déclaré, le 12 février, qu'Haïti était doté « d'un gouvernement démocratique stable » qui mettait en ?uvre des plans et des projets et qui faisait « face avec énergie au problème de la sécurité ».
M. Insulza a fait cette déclaration à Lima (Pérou), lors de la réunion des 9 pays latino-américains qui font partie de la MINUSTAH. Il a souligné que l'une des tâches les plus importantes était de mettre fin à la violence de manière à attirer les investissements qui permettraient de créer des emplois dans ce pays où le nombre de sans-emploi est fort élevé.