Un an après les élections présidentielle et législatives de février 2006 et environ 9 mois après l'installation officielle du cabinet ministériel, le Conseil d'administration de la Chambre de Commerce Haïtiano-américaine (AMCHAM) a réuni pour un déjeuner-débat les secteurs concernés pour faire le point sur l'état d'avancement du '' sentier Haïti'' tel que annoncé dans la déclaration de politique générale du Premier ministre Jacques Edouard Alexis. Le ministre des TPTC, l'ing. Frantz Vérella officiait comme intervenant principal à ce déjeuner-débat.

La Chambre Haïtiano-américaine de Commerce (AMCHAM) a inauguré le lundi 26 février à l'Hôtel Montana son premier forum de l'année 2007 en organisant un déjeuner-débat qui a réuni des membres du Corps diplomatique dont l'Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique et celui de la République Dominicaine, respectivement, Mme Janet Ann Sanderson, et M Jose Serulle Ramia, des représentants du secteur public, des membres du secteur des affaires, des représentants d'organismes locaux et internationaux, etc.
Invité à cette assise qui inaugure le Forum 2007 de la AMCHAM , le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, l'ing. Frantz Vérella, a présenté, en cette occasion un exposé détaillé sur le thème : « La stratégie gouvernementale pour relancer la croissance économique en 2007 ».
Pour le conseil d'administration de la AMCHAM représenté par son actuel président M. Bernard Fils-Aimé et M. Philippe Armand (membre), ce forum de la AMCHAM constitue un cadre propice d'échanges sur des questions essentielles pour le secteur privé en particulier et le pays tout entier. Selon Philippe Armand, à travers ce déjeuner-débat, la AMCHAM se propose de mettre en lumière les réalisations de l'administration Préval/Alexis dans le domaine des Travaux publics pour juguler les méfaits de la pauvreté du pays.
Pour lancer lundi 26 février à l'Hôtel Montana le Corps diplomatique, des membres de l'actuel gouvernement, le secteur privé des affaires, des représentants d'organismes locaux et internationaux de développement, etc., pour un déjeuner-débat en vue de faire le point sur l'état d'avancement du sentier Haïti de l'actuelle administration.
Selon le ministre Vérella, le service public d'infrastructures se définit par ses missions qui sont au nombre de 3, à savoir :
-rendre accessibles aux usagers menacés d'exclusion des services essentiels dont ils ont besoin sous des formes appropriées;
-contribuer au delà de la lutte contre l'exclusion, à la cohésion sociale et au sentiment d'appartenance à la communauté;
-favoriser une utilisation efficace et équilibrée dans l'espace et dans le temps des territoires et des ressources communes.
Quelles infrastructures pour la croissance ?
C'est à cette question que le titulaire du MTPTC, Frantz Vérella s'est évertué à trouver une réponse au cours de son exposé en 6 points qui présente : L'état des lieux; Les enjeux, Objectifs et chantiers prioritaires pour l'action ; La stratégie d'implémentation ; les taches à accomplir ; Budget et financement.
L'état des lieux des infrastructures liées au travaux publics en Haïti, révèle notamment:
-la supériorité de la demande par rapport à l'offre. Cela s'explique par: la démission de l'Etat qui n'a pas réalisé les investissements susceptibles de ramener l'offre à un niveau compatible avec la demande; l'explosion démographique, les migrations et l'urbanisation anarchique ont créé une demande potentielle importante; les différents réseaux sont en état de congestion permanente.
- l'inadéquation de l'entretien
- les problèmes de financement
- les besoins des pauvres ne sont pas pris en compte
- l'inadéquation du cadre institutionnel
Les enjeux de l'aménagement du territoire
Beaucoup d'enjeux entrent en ligne de compte dans le processus du territoire . Parmi les enjeux, le ministre a noté les conflits d'arbitrage entre région ; la continuité et aménagement du territoire, etc.
Les réseaux sont utilisés de manière inefficiente
Les véhicules utilisant le réseau routier national sont souvent surchargés. La capacité du réseau est utilisé de manière sous optimale à cause des encombrements de toutes sortes; les conditions de sécurité sont lamentables;les systèmes tarifaires encouragent la congestion, a indiqué le ministre qui a en profité pour mettre en relief la complexité de réglementation des ''biens réseaux'' (comme les télécommunications, routes, etc,).
Objectifs et chantiers prioritaires pour l'action
Le titulaire du MTPTC a énuméré 3 axes prioritaires d'actions du gouvernement pour mettre le pays sur les rails du développement qui sont : actions de lutte contre la pauvreté; actions de prévention des crises; actions orientées en support à la croissance économique.
Dans le cadre des actions de lutte contre la pauvreté, le ministre a, entre autres, mentionné: la création d'emplois structurants à haute intensité de main d'oeuvre en exigeant une participation minimale des femmes principalement dans l'eau potable et l'assainissement; la garantie de liaisons fiables entre les petites et moyennes localités enclavées et la desserte des quartiers urbains défavorisés dans des conditions satisfaisantes d'accessibilité et de sécurité; le développement d' une nouvelle ingénierie sociale autour d'une participation élargie au processus de décisions surtout des femmes, etc.
Pour la prévention des Crises, le ministre croit nécessaire d'informer (inforoute, météo, congestion et problèmes..) sur le plan de contingence à suivre en cas de catastrophes naturelles, etc; surveillance policière, patrouille des réseaux et la promotion de la sécurité doivent être de mise.
Actions orientées vers la croissance
Supporter la production agricole, le commerce, et les services urbains par le développement du trafic province-province entre les grandes métropoles régionales; maintenir et développer des échanges performants à l'échelle de l'ile entière et favoriser les synergies entre les services de transport et le tourisme par la création de corridors et l'accès à des services aériens de qualité inter iles; limiter la durée des congestions routières dans et aux abords des grandes villes et faire baisser les coûts de transport; agir sur l'offre en encourageant de nouveaux partenariats public-privé, des joint-venture avec des firmes étrangères de la région et le développement de l'entreprenariat feminine, telles sont les actions envisagées par le gouvernement pour encourager la croissance économique.
Stratégie d'Implémentation
En guise de Stratégie d'implémentation, l'intervenant au déjeuner débat de la AMCHAM a proposé une stratégie partagée par tous les secteurs concernés, gouvernement, parlement, municipalités, ONG, secteurs privés, etc. Une stratégie dotée d'un programme d'investissement clair avec apuui au secteur privé et aux municipalités, etc.
Parmi les tâches à accomplir pour rendre plus efficace infrastructures publiques, le ministre a cité : Améliorer l'offre de transport; améliorer l'efficience de l'usage de la route; appuyer les efforts du secteur privé; mobiliser les financements appropriés; renforcer le ministère des TPTC
- Selon le ministre, pour mobiliser efficacement les financements pour les infrastructures, il faut:
- s'assurer que les fonds en provenance des redevances des usagers sont utilisés à travers le FER;
- utiliser de manière efficiente les ressources du budget
- mieux mobiliser les capitaux des institutions financières internationales et de la diaspora
- attirer l'investissement direct étranger.
Budget et financement
En ce qui a trait au budget de financement des programmes d'infrastructure mis en place par le gouvernement, le ministre a proposé deux scénarii, un avec budget de financement haut et un autre avec un budget de financement bas. Le scénario haut est de 1, 240 milliards de dollars US et le scénario bas qui est de 750 dollars.
Le rôle du secteur privé
Le secteur privé a un rôle primordial à jouer dans l'amélioration des infrastructures publiques en Haïti. Aux dires de l'ing. Vérella, le rôle du secteur est de: Construire des partenariats public/privé; construire des partenariats avec des firmes étrangères; maitriser les métiers de la route; mieux gérer les risques.
Problèmes communs et les risques à prendre en compte
Dans la conception et la réalisation des infrastructures, le ministre a mentionné des problèmes communs et des risques à prendre en compte. Parmi les problèmes, il a cité: la mauvaise gestion des problèmes sociaux ; les imprécisions dans les contrats et de la régulation; la prévision de demande; le changement des règles Ex-post ; le comportement opportuniste des opérateurs ou du gouvernement; la corruption .
Les risques à prendre en compte:Risques de construction (conception, non performance, dépassement des délais et des coûts); risques d'exploitation (de marché, d'inflation, non performance); risques liés au financement (montage, taux d'intérêt, de change); risques divers (politiques, insolvalbilité des usagers).
Des questions multiples ont été posées par des membres de l'assistance après l'exposé de l'intervenant principal au déjeuner-débat de la AMCHAM organisé grâce au concours des commanditaires tels que: Alstom Power, la Citibank, la Compagnie des Tabacs Comme il Faut, la Digicel, les Produits Kiko, la Valerio Canez.
Source: Le Nouvelliste