Diarrhée, typhoïde, troubles visuels...sont le lot des habitants de beaucoup de régions du département du Centre qui n'ont toujours pas accès à l'eau potable. Le projet Haïti Safe Water Plus, financé par World Vision Haïti et celle des Etats-Unis en partenariat avec Rotary club international, apporte, cependant, une lueur d'espoir dans certaines communautés.
« Certaines fois, nous avons de la nourriture, mais nous ne trouvons pas d'eau pour la préparer », se plaint Saintil, père de trois enfants vivant à Rodé, 4e section communale de Hinche. Dans cette région du haut Plateau Central, l'eau potable est une denrée rare. « La pénurie d'eau est le problème numéro un de la zone », a déclaré une dame de la zone d'une quarantaine d'années de conditions économiques modestes.
Rodé n'est pas la seule section communale du département du Centre à être confrontée à la pénurie d'eau. Les populations de Bois-Cassé, Cabouille, Montegrande...vivent aussi cette triste réalité. Cependant, le projet Haïti Safe Water Plus, financé par la World Vision Haïti et celle des Etats-Unis de concert avec Rotary Club international, a beaucoup aidé à pallier ce problème. 32 des 75 puits qui doivent être forés dans le cadre de ce projet sont pour l'instant fonctionnels.
« Ce projet de trois ans qui arrivera à terme en septembre 2007 vise à approvisionner en eau potable 75 communautés du Plateau central, indique l'ing. Christophor Lacroix, manager du projet. Chaque puits doit desservir 50 ménages. » Les sources sont rares dans le Plateau Central. Pour preuve, 37 des 69 forages réalisés dans le cadre du projet sont stériles. Seulement à Cabouille quatre puits de plus de 150 pieds ont été forés en vain. Cette situation, d'après l'ing. Lacroix, est liée à la topographie du département.

" Nous voulons un autre puits", a lancé Jean Odius Eugène, un aveugle, président du comité de gestion de l'unique puits de Bois-Cassé, une localité située à environ sept kilomètres de Hinche. 'Je suis ému de constater que des gens marchent plus d'une heure pour venir chercher de l'eau potable". Près de 50% de la population de ce quartier et de ses environs sont aveugles. Un phénomène attribué par le manager du projet à la mauvaise qualité de l'eau consommée par les gens. « D'autres maladies comme la typhoïde, la malaria et la diarrhée y sont aussi courantes », a souligné l'ing. Lacroix.
Le projet Haïti Safe Water Plus a pour objectif de prévenir ces maladies. Evelyne Noël, administratrice du projet, donne la garantie que l'eau fournie à la population du Centre est potable. « Après le forage des puits, un spécimen de l'eau est envoyé aux Etats-Unis pour s'assurer que les ressources minérales qu'elle contient sont en quantité suffisante », précise Mme Noël.
Les puits forés dans le cadre du projet Haïti Safe Water Plus sont gérés directement par un comité formé de membres de la population. Ces derniers reçoivent une formation en gestion communautaire, en santé et la réparation de pompes à main. « Chaque comité dispose de techniciens pouvant réparer les pompes lorsqu'elles sont tombées en panne », se réjouit Christophor Lacroix. Les comités ont aussi la responsabilité de collecter 200 gourdes par mois qui doivent servir à l'entretien des puits. Par rapport à la gravité du problème de l'eau potable dans le Plateau Central, le Projet Haïti Safe Water Plus n'est qu'un début.
Source: Le Nouvelliste