Une visite de quelques heures du président vénézuélien Hugo Chavez est annoncée pour lundi prochain à Port-au-Prince. La mission du tonitruant chez d'Etat coïncide avec l'annonce de l'envoi en Amérique latine et dans les Caraïbes d'un navire militaire médical pour soigner des dizaines de milliers de pauvres, parmi différentes mesures rendues publiques avant sa tournée dans la région.
Hugo Chavez, selon un agenda non officiel communiqué par une source proche de la présidence haïtienne, devra se rendre sur le site de l'ancienne aviation militaire transformée depuis plusieurs mois en chantier. Des techniciens envoyés du Venezuela soutenus par des camions estampillés et en tenu d'ouvriers partagent leurs expériences sur ce site qui devrait loger un centre sportif. Des tonnes d'immondices ont été enlevés par ces techniciens qui commencent à planter des arbres aux abords de l'ancienne aviation désaffectée depuis le démantèlement des Forces armées d'Haïti en 1994.

Hugo Chavez qui a débuté vendredi à Buenos Aires une visite officielle en Argentine, dont le point d'orgue devait être un rassemblement anti-Bush, devra rencontrer le président haïtien René Préval dont son administration a scellé un accord avec le Venezuela dans le cadre du programme « Petrocaribe ». Le jour même de l'investiture de René Préval en mai 2006, le vice-président du Venezuela a été dépêché en Haïti pour conclure cet accord. A la chute d'Aristide en février 2004, Hugo Chavez s'était gardé de prendre ses distances avec le gouvernement de transition de Gérard Latortue tout en pointant du doigt les Etats-Unies dans la démission de Jean-Bertrand Aristide.
Hugo Chavez a donné le ton de sa visite, dès son arrivée hier jeudi soir à Buenos Aires, en raillant d'emblée George W. Bush pour avoir "récemment découvert la pauvreté" en Amérique latine. "Si je l'avais en face de moi, je lui dirais +gringo go home+", a lancé le président vénézuélien à sa descente d'avion.
M. Chavez a de nouveau critiqué vendredi son homologue américain qui a entamé jeudi au Brésil une tournée dans cinq pays d'Amérique latine, en dénonçant sa volonté de "diviser le continent". "Bush est un loup déguisé en mouton. Il vient pour diviser, tromper et freiner les mouvements populaires", a-t-il affirmé avant de rejoindre le président argentin Nestor Kirchner dans sa résidence d'Olivos à la périphérie de Buenos Aires.
Les autorités argentines ont défendu cette semaine leur droit d'inviter M. Chavez, alors que le président Bush devait arriver vendredi en Uruguay, pays voisin de l'Argentine, pour une rencontre avec le président Tabare Vasquez. L'opposition argentine a toutefois dénoncé cette "coïncidence", et l'autorisation donnée à M. Chavez de prendre la tête dans la soirée d'un meeting anti-Bush dans un stade de Buenos Aires où 40.000 personnes sont attendues.