Le ministère canadien des Affaires étrangères se dit pret à aider un Québécois détenu en Haïti Lundi 12 mar 2007 | 21:07
MONTREAL (PC) - Le ministère canadien des Affaires étrangères affirme qu'il essaie d'aider un jeune Québécois détenu depuis huit mois dans une prison en Haïti, mais la famille du jeune homme estime que le gouvernement fédéral doit faire encore plus pour obtenir sa libération.
Maxim Charbonneau a été emprisonné en juillet sous une accusation d'implication dans un enlèvement. Sa famille soutient que toute cette affaire est un malentendu et qu'aucune accusation n'a encore été portée contre le jeune homme de 20 ans.
Selon ses proches, le jeune Charbonneau reste détenu sans raison et ce, dans des conditions épouvantables.
"C'est une situation très triste, a expliqué à la Presse canadienne le père de M. Charbonneau, Michel, qui se trouve en Haïti. Nous ne comprenons pas pourquoi cela s'est produit."
Michel Charbonneau, qui comme sa femme est un missionnaire pentecôtal, affirme que son fils est innocent et exprime sa frustration face aux efforts déployés pour lui venir en aide.
"Elles (les autorités haïtiennes) n'ont rien. Elles n'ont aucune preuve", a-t-il affirmé.
Maxim Charbonneau a été arrêté alors qu'il rendait visite à ses parents. Michel Charbonneau demande maintenant à Ottawa de geler des millions de dollars en aide caritative destinée à Haïti, dans l'espoir de faire débloquer le processus judiciaire.
"C'est notre seule chance, a-t-il dit. Rien n'a bougé depuis trois mois."
Une porte-parole des Affaires étrangères a indiqué que Maxim Charbonneau recevait une assistance consulaire et que les autorités canadiennes sont en communication avec sa famille. Mais la porte-parole a refusé de dire pourquoi le jeune homme est toujours derrière les barreaux.
Si Michel Charbonneau applaudit le travail de l'ambassadeur canadien en Haïti, d'autres individus qui travaillent à la libération de M. Charbonneau à partir du Canada ont peu de félicitations à offrir aux responsables canadiens.
"Nous ne recevons vraiment pas beaucoup d'aide, a dit la soeur de Maxim, Naomi, depuis son domicile de St-Hyacinthe. Tous nos efforts ont échoué."
Les Assemblées de la pentecôte du Canada, qui collaborent étroitement avec la famille Charbonneau pour obtenir la libération du jeune homme, croient aussi qu'Ottawa manque d'agressivité dans le dossier.
"Il (le gouvernement) ne semble pas suffisamment faire pression sur le gouvernement d'Haïti pour l'obliger à respecter ses propres lois, a affirmé un dirigeant de l'organisme, Murray Cornelius. Nous aimerions voir le gouvernement canadien augmenter la pression."
La famille de M. Charbonneau prétend qu'il a été arrêté quand il a conduit à l'hôtel une amie qui voulait quitter son domicile. Il aurait depuis été incarcéré dans trois prisons différentes, dont l'une où il s'est retrouvé dans une cellule en compagnie de 43 autres personnes, sans installations sanitaires.
Il a depuis été transféré vers un établissement plus approprié, où il doit néanmoins coucher sur le sol.
L'organisation Amnestie internationale affirme qu'il n'est pas rare de voir les Haïtiens croupir pendant des mois en prison avant d'être finalement traduits en justice.
"En un mot, le système carcéral en Haïti est vraiment horrible", a dit Andrew Thompson, un chercheur de l'organisation spécialisé dans la question.
Pendant ce temps, les parents de M. Charbonneau le visitent tous les deux jours pour lui apporter de la nourriture.
"Max va bien, a dit son père. Son attitude est bonne, il espère que le tout ira pour le mieux au cours des prochains jours."
Mais M. Cornelius croit que les chances de voir le jeune homme être libéré au cours des prochains jours sont minces.
"Le juge (...) demande toujours plus de temps au procureur général pour faire enquête, a-t-il dit. Il vient tout juste de demander un nouveau délai de trois mois pour enquêter."