Les restes du cadavre dépecé par des chiens voraces, du petit Elysée Mérisma, 9 ans, ont été découverts le 9 mars 2007, dans les hauteurs de Carrefour Feuilles 25 jours après l'enlèvement de l'enfant. L'oncle paternel du petit garçon, Paul Adrien, est le complice des kidnappeurs assassins.
Elysée Mérisma a 9 ans. Un peu après 13 heures, le lundi 12 février 2007, il est enlevé ainsi que son oncle paternel Paul Adrien, en revenant de l'école, non loin de la rue du Centre, à Port-au-Prince. En tenue de sport, le bambin aux yeux bruns ne doutait un instant qu'il ne reverra plus jamais ses parents.
Quelques heures seulement après le rapt, les ravisseurs établissent le contact. L'un d'eux crache à la famille que Paul Adrien est dans le coup. Désarçonnée, la famille refuse de croire les kidnappeurs. « Ils veulent probablement brouiller les pistes », se dit-on.
Le surlendemain, ils appellent à nouveau. Cette fois, ils réclament une rançon de 75.000 gourdes. La modeste famille négocie ce montant à la baisse et s'arrange comme elle peut pour trouver 50.000 gourdes.
Comme garantie, Ulysse Yves, un autre oncle de l'enfant qui négocie avec les kidnappeurs, exige une preuve que les séquestrés sont vivants et en bonne santé. Il parle à Paul Adrien. « Nous ne sommes pas gardés au même endroit, le petit et moi », explique-t-il face à l'insistance du négociateur.
Gardant toujours espoir, un envoyé de la famille dépose la rançon dans une latrine désaffectée quelque part dans les hauteurs de Carrefour-Feuilles, le samedi 17 février 2007. Les ravisseurs qui avaient donné l'assurance que le petit Elysée sera libéré à la Ruelle Alerte, dans les parages du stade Sylvio Cator, une fois la rançon versée, ne donnent aucun signe de vie. C'est aussi le cas pendant deux autres jours. Les craintes se transforment en angoisse de plus en plus insoutenable.

Coup de théâtre, Paul Adrien, sans donner d'explication sur ces événements qui émeuvent toute la famille, rentre directement chez sa concubine. Cette dernière qui ne veut être trempée à cette histoire pour le moins louche contacte Wilfrid Mérisma et Françoise Edouard, les parents du petit Elysée. Ulysse Yves se mue alors en investigateur. Il recherche et trouve Paul Adrien qui avait entre-temps mis les voiles. A ce stade, la police est touchée du cas. Et la Cellule contre enlèvement de la DCPJ seulement le 5 mars.
Après maintes interrogatoires, Paul Adrien passe aux aveux. Et, le 9 mars, il conduit les enquêteurs de la CEC, de la police scientifique et technique et le juge de paix de la section sud de Port-au-Prince, James St-Jean, sur les lieux du crime. Un terrain vague situé dans la zone de St-Jude, après le Carrefour Saintus, où est éparpillé ce qui reste du cadavre dépecé par des chiens voraces du petit Elysée Mérisma.
Paul Adrien confesse alors que l'enfant a été tué d'une balle quarante-huit heures après l'enlèvement le 14 février. Il explique en outre qu'il a agi avec l'aide de deux complices dont l'un est connu sous le sobriquet de Loucito.
Selon un enquêteur de la Cellule contre enlèvement, lorsqu'un proche, ami ou membre de la famille est impliqué dans un enlèvement, la probabilité de décès du kidnappé est plus élevée. « Le cas du petit Elysée Mérisma n'est hélas pas le seul », a-t-il déclaré en conseillant à la population d'informer la police face à chaque cas de disparition.
Appelant à une plus grande implication des compagnies de téléphonie mobile disposant de moyens permettant de localiser les appels dans la recherche de pistes, cet enquêteur espère aussi que la population fera plus de confiance à la police. Une confiance susceptible de renforcer une proximité qui devra à terme déboucher sur une plus grande efficacité des opérations policières. Ne serait-ce que pour détruire l'autel du crime organisé sur lequel Natacha Farah Kerbie Dessources, Carl Roobenz Francillon et le petit Elysée Mérisma ont été sacrfiés.
Source: Le Nouvelliste
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Insécurité : un couple enlevé à Fontamara ce lundi 12 mars
Alors que l'attention était mobilisée autour de la visite très médiatique du président Hugo Chavez du Vénézuéla hier soir à Port-au-Prince, les kidnappeurs eux s'occupaient parallèlement de leurs sales activités. Au sud de la capitale en effet, à Fontamara 27, un couple qui rentrait chez lui a été kidnappé et jusqu'à ce matin, les proches sont sans nouvelle des deux victimes. Timidement, les bandits continuent de frapper dans la région métropolitaine et les nouvelles déterminations dont ont fait montre la MINUSTAH et la police nationale d'Haïti ne semblent pas en mesure de les inquiéter.