COOPERATION/ HAÏTI / OEA / « Et si l’on regardait plutôt les opportunités d’Haïti », invite l’OEA
L’Organisation des États américains (OEA) entend poursuivre son assistance à Haïti, de façon plus concrète, dans les domaines du tourisme, du commerce, des droits humains, de la justice, de la modernisation de l’État civil national, du renfor- cement des institutions démocratiques et par un appui continu à l’établissement d’un Conseil électoral permanent .
Après une visite de 24 heures à la capitale, le secrétaire général adjoint de l’organisation hémisphérique, le Surinamien Albert Ramchand Ramdin a fait cette annonce hier lundi, au salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture. Il a été récemment nommé président d’un groupe de travail spécial sur Haïti (Haïti Task Force) à Washington par le secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza.
Ce groupe devra tenir compte des opportunités de la République caribéenne afin d’attirer de potentiels investisseurs. « Cela ne sous-entend pas que les problèmes sont écartés. Ils sont énormes : crime, insécurité, corruption, instabilité, etc. C’est le moment de projeter une image positive d’Haïti. Nous allons essayer, pour un bon moment, de regarder Haïti non pas comme un pays qui a des défis mais un pays ayant des opportunités à développer», souligne Albert Ramdin au moment de quitter le territoire national.
Les autres membres de sa délégation, au nombre de huit, restent dans le pays jusqu’à mercredi pour continuer les discussions avec les autorités haïtiennes. Le secrétaire général adjoint de l’OEA a attiré l’attention des journalistes sur les efforts de la communauté internationale pour une meilleure coordination dans l’exécution des projets en Haïti.
«Une réunion aura lieu ce 23 mars à Washington sous la direction de la Banque mondiale. Il est tout aussi important qu’il y ait une coordination nationale pour gérer l’assistance technique et assurer un développement effectif du pays », conseille Albert Ramdin. Il a également insisté sur l’importance de la communication au niveau du gouvernement.
Bientôt un forum de commerce et d’investissements en Haïti
« L’OEA, selon le secrétaire général adjoint, se propose d’organiser bientôt en Haïti un forum de commerce et d’investissement pour attirer des entrepreneurs étrangers et haïtiens. Le Premier ministre Jacques Édouard Alexis, qui a rencontré hier matin le Groupe de travail spécial, s’est montré favorable à cette initiative et a déclaré qu’ « il est temps de montrer au reste du monde qu’Haïti est de retour aux affaires (Haïti is back in business ) ».

Albert Ramdin a salué les améliorations enregistrées dans le domaine sécuritaire et encouragé les autorités à travailler davantage : « Nous avons constaté un engagement ferme en faveur de la stabilité politique qui est une condition essentielle de la bonne gouvernance et du développement écono mique ». Se référant à la ratification de la loi Hope aux États-Unis et à l’éventuel effacement total de la dette haïtienne (525 millions de dollars) – qui sera effectif en 2009 – annoncé au cours de l’Assemblée générale annuelle des gouverneurs de la BID qui s’achève aujourd’hui à Ciudad de Guatemala, le Surina- mien a également soutenu que la communauté internationale est optimiste quant à l’avenir d’Haïti.
Registre d’État civil : plus de treize millions à mobiliser
« Le plus gros projet d’investissement de l’OEA pour les deux prochaines années dans la république caribéenne », apprend-on. Plus de 13, 2 millions de dollars devront être mobilisés dans le cadre de cette opération qui durera environ deux ans. Selon Albert Ramdin, « environ six millions de dollars sont déjà disponibles grâce au support des gouvernements canadiens, américains, espagnols et autres ».
L’OEA procèdera à la restruc- turation du système de l’État civil en Haïti. Des équipements seront installés dans 182 communes du pays pour l’enregistrement des nouvelles naissances et des déclarations tardives (entre 2 et 18 ans). « L’exécution de ce projet aura contribué à la création d’une base de données en Haïti sur l’État civil, laquelle débutera avec la saisie des informations contenues dans les Registres d’État civil entreposés dans les Archives nationales. Une façon d’aider l’État et les institutions nationales à faire de la planification », a déclaré le numéro 2 de l’OEA.
Suite à un accord conclu avec le gouvernement intérimaire de Boniface /Latortue, l’OEA s’était chargée de l’opérationnalisation du système d’identification nationale et également de la préparation de la liste électorale. L’organisation hémisphérique devrait, en outre, établir un système informatique facilitant le traitement des résultats des élections.
Éventuelle réactivation de la Cin
Pour renouveler le tiers du Sénat, des élections vont se tenir en novembre prochain. Des élections complémentaires doivent avoir lieu prochainement afin de boucler le cycle électoral. Or, depuis le 21 janvier 2006, la livraison des Cartes d’identification nationale (Cin) est suspendue. Conséquences : des milliers de citoyens et citoyennes ont atteint le cap des dix huit ans, l’âge de la majorité ou n’ont simplement pas eu le temps de récupérer leur Cin.
« Pour la réalisation de ces élections, la livraison des Cin aux citoyens et citoyennes sera nécessaire dans la mesure où elle permettra l’actualisation de la liste électorale », explique un proche du bureau de l’OEA en Haïti, estimant que la balle est dans le camp du gouvernement.
Selon des informations recueillies par notre reporter, il y aurait un conflit entre le décret de juillet 2005, créant l’Office national d’identification (Oni) et celui qui avait permis au Conseil électoral provisoire (CEP) d’initier en 2005 le processus de livraison des Cartes d’identification nationales (Cin). Celles-ci avaient joué en même temps le rôle de cartes électorales aux élections de 2006.
« L’Organisation des États américains dispose pour l’instant de 3,4 millions de dollars pour la fabrication des cartes d’identification nationale (Cin) », informe-t-on.
Source: Le Matin