L’eau, un bien pour tous. La pénurie d’eau tue autant que l’excès non contrôlé, selon Edmond Magny. L’eau pure, nourricière, se fait de plus en plus rare dans certaines contrées de la terre. Des organisations locales et internationales, intéressées à cette question en Haïti, élaborent un projet de captage d’eau de pluie dont les premiers bénéficiaires seront les habitants du Bel-Air.
Hier lundi 19 mars, à l’ambassade du Brésil, des représentants d’organismes brésilien, haïtien et norvégien, entre autres, membres d’un projet de captage d’eau de pluie au Bel-Air, ont rencontré des membres de la presse pour annoncer le démarrage du premier volet du projet, le jeudi 22 mars en cours, date d’ailleurs retenue pour la Journée mondiale de l’eau, qui doit être célébrée cette année autour du thème : « Faire face à la pénurie d’eau ».

Autour de la table, on pouvait remarquer Rubem Sesar Fernandez, directeur d’une organisation brésilienne dénommée « Viva Rio », Kristensen Kare, représentant d’Aide des églises norvégiennes, Lorraine Mangonès, représentante de la Fondation connaissance et liberté (Fokal) et Montina Robert, représentant de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et de réinsertion, chargé de mission dans le département de l’Ouest. L’ambassadeur du Brésil accrédité en Haïti, M. Paolo Cordero de Andrade Pinto, était aussi présent. D’ailleurs, dans ses propos d’introduction, l’ambassadeur a mis l’accent sur la nécessité pour les Haïtiens, en dépit de nombreuses assistances étrangères, de travailler dans le cadre d’une vision de solidarité, afin de parvenir à leur propre succès. « La seule chance de succès, est une participation haïtienne accrue au développement du pays », a-t-il martelé.

Selon Rubem Sesar Fernandez, ce projet conduit par son organisation (Viva Rio) et dont les études ont commencé depuis le mois de janvier dernier au Bel-Air, doit coûter 1 million 400 mille dollars américains. Ayant le soutien de plusieurs organismes, dont la Fondation connaissance et liberté (Fokal), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le projet est entièrement financé par le gouvernement de la Norvège, a indiqué M. Fernandez.

Les responsables comptent le démarrer dans les quatre écoles suivantes : École du Nazaréen, les Lycées Alexandre Pétion et Daniel Fignolé et, enfin, École de l’Armée du salut. Ils envisagent de capter des eaux de pluie qui seront traitées et réservées durant une période pouvant aller jusqu’à une année et répondre aux besoins de quelque 10 mille élèves. Dans deux mois, ces derniers seront servis. Le projet qui vise le bien-être de la population du Bel-Air, notamment les écoliers, doit toucher dans les jours à venir environ une vingtaine d’autres écoles de la capitale, a annoncé Rubem Sesar Fernandez qui a souligné l’expertise du Brésil dans le captage de l’eau de pluie. « C’est un projet qui vise le développement des quartiers défavorisés où l’on observe pour certains, comme Bel-Air, une période d’accalmie liée à la stabilisation, l’apaisement social et la sécurité recherchés par les autorités locales et internationales depuis des mois. La sécurité ne marche pas en dehors du développement et vice versa », a déclaré Fernandez.

De son côté, Lorraine Mangones, représentante de la Fokal, a fait part de l’intérêt de son institution dans la réalisation du projet, institution « préoccupée et déjà engagée dans quelques endroits du territoire national par la problématique de l’eau ».
À propos de la gestion de l’eau
Le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de l’eau, fait ressortir la menace grandissante de la pénurie d’eau dans le monde et la nécessité de renforcer l’intégration et la coopération afin d’assurer une gestion durable, efficace et équitable des ressources hydriques rares, que ce soit sur le plan local ou à l’échelle internationale. Lorsqu’on s’occupe des ressources hydriques limitées, il est indispensable de prendre en compte les considé- rations d’équité et de droits et les éléments d’ordre culturel et éthique. Qu’il s’agisse des déséquilibres entre les disponi- bilités et la demande, de la dégradation de la qualité des eaux souterraines et des eaux de surface, de la concurrence intersectorielle, des différends interrégionaux et internationaux, la question centrale est de savoir comment faire face à la pénurie d’eau et comment l’éviter le cas échéant.
Historique
L’Organisation des Nations unies a adopté le 22 décembre 1992 la résolution A/RES/47/193 qui déclara le 22 mars de chaque année « Journée mondiale de l’eau », à compter de l’année 1993, conformément aux recomman- dations de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (CNUED), exprimées dans le chapitre 18 (Ressources en eau douce) d’Action 21. Cette résolution invitait les États à consacrer ce jour, selon le contexte national, en concrétisant des actions, telles que : la sensibilisation du public par des publications, des diffusions de documentaires, l’organisation de conférences, de tables rondes, de séminaires et d’expositions liés à la conservation et au développement des ressources en eau et à la mise en œuvre des recommandations d’Action 21.
Source: Le Matin