Chéret Bellefleur et Delva Rodelin soutiennent qu'ils participaient à un effort évangélique à Jacmel où ils ont été appréhendés ; les deux "frères" transférés à Port-au-Prince.
Deux membres présumés du gang d’Amaral Duclona, Chéret Bellefleur et Delva Rodelin, ont été présentés mercredi à la presse par la police haïtienne, deux jours après leur arrestation, lundi, dans la localité de Découzé, à l’entrée de Jacmel (78 km au sud-est de Port-au-Prince).
Selon le commissaire principal de Jacmel, Alain Auguste, les deux hommes s’étaient réfugiés dans cette zone retirée après avoir fui la capitale où ils étaient pourchassés. Ils auraient fait d’importantes révélations au cours de leur interrogatoire, reconnaissant notamment avoir été au service du puissant Amaral Duclona à Bélékou, un des quartiers de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince).
Cependant, Bellefleur et Rodelin ont rejeté les accusations portées contre eux même s’ils confirment avoir connu le puissant chef de gang dans son ancien fief. Ils prétendent être membres de l’église Eben-Ezer et se seraient rendus à ce titre dans le Sud-Est afin de participer à une croisade évangélique. Leur présence aurait été sollicitée par le pasteur en chef de la mission.
Cependant, fait troublant, les oreilles percées de Chéret Bellefleur contrastent avec son statut de fidèle d’une église très conservatrice.
Quoiqu’il en soit, les deux "bons frères" devaient être acheminés à Port-au-Prince pour la poursuite des investigations policières dont ils font l’objet.
La semaine dernière, le terrible Evens Jeune, surnommé "Evens Ti Kouto", et un de ses lieutenants présumés, Henri Dutemps, avaient été appréhendés près de la ville des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) au cours de deux opérations successives de la Police Nationale appuyée par la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH).
Quant à Amaral Duclona, beau-frère d’Evens, il est toujours en cavale. Il a remis la semaine dernière une douzaine d’armes automatiques à la commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR), avait annoncé le président de la commission, Alix Fils-Aimé.
Le caïd, qui chercherait à se faire pardonner à bon compte les nombreux actes criminels dont des kidnappings qui lui sont reprochés, avait failli être intercepté il y a deux semaines à Thomassin, dans les hauteurs de Pétion-Ville (banlieue est). Deux policiers qui l’auraient prévenu de l’imminence de l’opération ont été mis sous les verrous, a appris Radio Kiskeya.
Les autorités semblent accorder peu de foi aux rumeurs selon lesquelles l’ex-commandant autoproclamé de Bélékou se trouverait actuellement à la Jamaïque.
Source: Radio Kiskeya