Arriver à la reconstruction et à la relance du Groupe Consultatif sur la Formation Professionnelle dont le rôle est d'assurer la coordination unterinstitutionnelle du secteur, tel est l'objectif principal de la table ronde organisée ce lundi 26 mars 2007 par le MENFP en collaboration avec la BID et l'Union Européenne (EU). Au Karibe Convention Center, les débats ont porté sur la gouvernance du système national de la formation professionnelle.
« Le Groupe Consultatif sur la Formation Professionnelle (GCFP), à la relance duquel l'événement du jour est consacré, s'inscrit dans le droit fil des efforts visant l'aménagement d'un espace de gestion multipartite de la formation professionnelle. » Par ces mots, le ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, Gabriel Bien-Aimé, a procédé à l'inauguration de la table ronde organisée par son ministère.

Cette table ronde qui a réuni des partenaires du secteur privé des affaires, de la société civile et des agences internationales témoigne, selon le titulaire du MENFP, de leur intérêt à la question du développement de la formation professionnelle. « Il s'agit d'initier un dialogue fécond sur la question de la formation professionnelle et surtout de reconnaître la nécessité d'accorder leurs violons et de parler d'une seule voix lorsqu'il s'agit de la formation professionnelle », a fait savoir M. Bien-Aimé qui situe la mise en place du Groupe Consultatif sur la Formation Professionnelle dans le cadre d'une prescription du Plan National d'Education et de Formation (PNEF).

Plan qui demeure le principal instrument d'orientation pour le secteur de l'éducation, de la formation et la relance de la formation technique et professionnelle. « Le PNEF recommande le développement de dispositifs de partenariats incluant des organisations syndicales, des associations d'employeurs, les collectivités locales, les centres privés de formation, les organismes du secteur public impliqués dans la formation professionnelle et ces partenariats doivent notamment s'exercer à travers la mise en place de structures de gestion multipartite de la Formation professionnelle », indique le responsable du MENFP qui voit dans ce chantier initié en décembre dernier la manifestation du souci de donner corps à cette recommandation du PNEF.

Gabriel Bien-Aimé dit espérer que le GCFP va permettre d'assurer un meilleur ancrage dans le milieu des interventions déployées dans le secteur de la formation professionnelle. « Il doit, en particulier, oeuvrer à une meilleure correspondance entre l'offre de formation, les besoins du marché du travail et les aspirations des jeunes, en intervenant dans les registres tels que l'animation-promotion, l'orientation, la veille stratégique et la condition interinstitutionnelle », précise-t-il en promettant de prendre en compte les conclusions et recommandations qui seront dégagées des échanges.
Des panels
Deux (2) sessions distinctes ont été aménagées dans le cadre de cette table ronde: « la gouvernance de la formation professionnelle en Haïti: vers le renforcement du partenariat public/privé » et « le Groupe Consultatif sur la formation professionnelle: objectifs, contenu et agenda ». Le docteur Jean Joseph Moisset, membre du Cabinet et conseiller en éducation et développement des ressources humaines du Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, Serge Blondeau du CIDE et Pierre Nesly Placide, directeur du Centre Polyvalent de Carrefour, ont animé, chacun à sa manière, le premier panel de réflexion. Kénold Moreau a fait office de modérateur.
Articulant son intervention titrée « Enjeux et défis de la gouvernance des systèmes de formation professionnelle: quelques considérations » autour de trois (3) points, le professeur Moisset a mis en relief certains aspects conceptuels de base en identifiant des repères théoriques relatifs à la gouvernance et aux modèles de gouvernance.
Il a examiné du même coup quelques enjeux et défis majeurs qui se posent, à des degrés variables, aux décideurs dans l'ensemble des organisations. Et celles des systèmes d'éducation et de formation en particulier aussi bien du secteur public que du secteur privé, dans les pays tant avancés qu'en développement, en faisant ressortir des tendances communes et des convergences même partielles.
« Parler de gouvernance, c'est parler de régulation, et la régulation est d'abord de caractère institutionnel, politique et normatif », souligne le spécialiste en éducation qui attire l'attention sur le fait que la gouvernance ou la régulation est un processus multiple et complexe, par la multiplicité de ses objectifs et aussi des acteurs, individuels et sociaux qui y interviennent.
Le Ministre de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement Rural, François Severin, Richard Buteau, de l'Association Touristique d'Haïti et Jean Paul Faubert de l'ADIH, ont animé le second panel de la première session. Thème récurrent: la gouvernance du système de formation professionnelle, axée sur un partenariat public/privé cohérent et judicieux. Le Dr Paul Saint-Hilaire, ancien recteur de l'UNIQ et membre du Cabinet du ministre des Affaires Sociales et du Travail, a joué le rôle de modérateur.
La deuxième et dernière session a eu pour thème "Le Groupe Consultatif sur la formation professionnelle: objectifs, contenu et agenda. Panélistes: Jacky Lumarque, recteur de l'Université Quisqueya, et Daniel Altiné, coordonnateur général du Programme de Formation professionnelle, UCP. Modérateur: Edgar Prévilon, de l'UNIQ.
La BID heureuse, selon Sophie Makonnen
« Nous voilà aujourd'hui rassemblés à la tenue d'une activité dans le cadre du Programme de Formation professionnelle financé par la Banque Interaméricaine de Développement à hauteur d'un prêt de 22 millions de dollars à l'Etat haïtien et par l'Union Européenne à hauteur d'un don de 5.6 millions d'euros », a, pour sa part, déclaré la représentante de la BID, Sophie Makonnen, qui croit que l'objectif de ce programme est d'améliorer l'employabilité des jeunes de 15 à 24 ans.
Pour Mme Makonnen, les principaux résultats attendus du programme sont: assurer que la formation répond aux besoins réels du marché et de la population, améliorer l'équité dans l'accès aux services de formation professionnelle améliorer la qualité de la formation professionnelle et renforcer la gouvernance et la gestion du secteur.
« La formation professionnelle a une particularité dans un système éducatif en ayant des liens étroits avec le marché du travail », indique la représentante de la BID qui croit, pour répondre à cet objectif, qu'elle doit s'ajuster et même être pro-active en prévoyant les besoins en matière de formation. Et dans la main-d'oeuvre des secteurs traditionnels.
Source: Le Nouvelliste