Un atelier de travail autour du thème: Énergie, priorité du développement, s'est déroulé, du 2 au 4 avril 2007 au Club Indigo à Montrouis, sous les auspices de la Fondation haïtienne de l'Environnement (FHE) et de l'Initiative Dialogue politique et Environnement (IDPE). Les participants ont analysé les faiblesses énergétiques du pays, proposé des pistes de solution et signé un pacte pour relancer le secteur.
Développer des forêts énergétiques, encourager la production des biocombustibles et le programme national de reboisement sont les principaux thèmes abordés par les acteurs de l'environnement, réunis du 2 au 4 avril au Club Indigo (Montrouis). Cette activité de la FHE, organisée en partenariat avec le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et le Bureau des Mines et de l'Énergie fait suite à une première rencontre déroulée à l'Hôtel Montana sur la problématique de l'eau.
Cet atelier de travail vise, selon le président du conseil d'administration de la FHE, Tanguy Armand, à sensibiliser les acteurs de la vie nationale à faire un usage rationnel des ressources énergétiques dont dispose le pays. « Il est nécessaire et important de mener des actions concrètes pour conserver, améliorer et valoriser le mode de consommation des ressources énergétiques du pays », soutient Tanguy Armand.
Plusieurs personnalités des secteurs public et privé, notamment les personnes et institutions travaillant dans le domaine de l'environnement, ont participé à cette séance de réflexion. Citons, entre autres, le ministre de l'Environnement, Jean-Marie Claude Germain, le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, Frantz Vérella, Jean-Claude Anglade, directeur général du Bureau des Mines, et quelques représentants du secteur agro-industriel.
Tous, ils ont pris position pour une meilleure gestion de l'environnement et ont proposé des pistes de solution favorables à la consommation et à la production de l'énergie en Haiti. L'initiative de la FHE bénéficie du support de l'Union Européenne et d'autres organismes nationaux, notamment la HAYTRAC et la BRH.
L'énergie manque
Pour parler d'énergie, il faut tenir compte des autres paramètres importants, notamment le reboisement et la reforestation, a précisé l'agronome Jean André Victor. En effet, divers sujets relatifs au thème central ont été débattus au cours de cet atelier. La problématique du charbon de bois, l'utilisation de l'énergie renouvelable, l'expérience de l'EDH dans la production de l'électricité, ont fait l'essentiel des débats. Les panélistes ont mis l'emphase sur les faiblesses du secteur énergétique en Haïti et ont proposé des modèles de sources énergétiques alternatives pour pallier les déficiences des ressources naturelles.


« Bien que les besoins énergétiques du pays soient satisfaits à 80 % par la biomasse locale et l'hydroélectricité, cela n'empêche qu'Haïti fait face à une grave crise énergétique caractérisée par l'exploitation incontrôlée de ses ressources et l'inadéquation des coûts de produits pétroliers », déplore André Jean-Jumeau, spécialiste attaché au ministère des Travaux publics, Transports et Communications. Les coûts des produits pétroliers représentant plus de 50% de l'importation nationale, souligne M. René Jean-Jumeau, intervenant sur la politique et stratégie pour la gestion rationnelle de l'énergie dans le pays.
Peut-on espérer ?
Les spécialistes en énergie et environnement ont donné l'assurance aux participants que certaines actions sont en train d'être menées par l'État haïtien pour améliorer la situation. Un programme national de réhabilitation de l'environnement est en cours au ministère de l'Économie et des Finances, selon Michael de Landsheer, directeur de l'Unité technique d'exécution dudit ministère. Au MTPTC, un plan national de développement est en voie de finalisation avec la collaboration de l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA) pour la période 2007-2032, rappelle le docteur René Jean-Jumeau. Ce projet devra supporter la recapitalisation des entreprises énergétiques en difficulté, améliorer la production et la distribution du courant électrique fourni par l'EDH et promouvoir des sources d'énergie alternative et renouvelables pour le pays

Les participants regroupés en petits ateliers ont également discuté des mesures permettant de relancer le secteur énergétique tout en protégeant l'environnement. Ils ont proposé, entre autres, des perspectives que devront prendre en compte les acteurs de la vie nationale, en particulier les autorités compétentes pour pallier le problème énergétique du pays.
L'expérience de l'organisme privé Eco Diesel Haïti, évoluant dans la production et l'utilisation du Biodiesel comme alternative aux produits pétroliers, a particulièrement retenu l'attention des participants. Ces derniers se sont montrés favorables à cette nouvelle stratégie énergétique. Moins de dépense, moins de pollution, le biodiesel présente en effet des avantages intéressants.
Un pacte pour développer le secteur énergétique
Pour ces deux journées, les organisateurs affichent déjà un air de satisfaction. Ils ont préparé et signé un pacte visant à protéger et préserver les ressources naturelles. Cette déclaration citoyenne relative au développement du secteur énergétique sera bientôt soumise aux parlementaires pour les suites de droit et de fait, selon les responsables de la FHE.
« Après cet atelier de travail, nous allons soumettre aux membres du gouvernement, sous forme de projets, les requêtes, les propositions, en particulier la déclaration citoyenne relative au développement de l'environnement », souligne le président de la FHE, Tanguy Armand. Comme tout autre pays, Haïti dispose des sources énergétiques naturelles, l'eau, le vent et le soleil qu'il faut placer au centre des priorités pour un développement réel du pays.
Source: Le Nouvelliste