La police haïtienne déjà soumise à des pressions en vue de libérer le présumé bandit et ancien "maître de Cité Militaire" ; accusé d'implication dans le "massacre de La Scirie", le fugitif Ti Blanc revendiquait le statut de "combattant politique"
Le tristement célèbre chef de gang William Baptiste dit "Ti Blanc" a été arrêté mercredi soir par la Police Nationale d'Haïti (PNH) à Delmas (banlieue est de Port-au-Prince), a appris Radio Kiskeya de sources policières.
Selon les premières informations, il a été appréhendé dans le quartier de Delmas 34. Placé en garde à vue au commissariat de Delmas 33, il devait être transféré incessamment à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) aux fins d'interrogatoire.
Cependant, jeudi matin, la PNH était déjà mise à rude épreuve, subissant d'énormes pressions de ceux qui réclament la libération du prévenu.
C'est le deuxième des plus importants chefs de gang du pays à tomber dans l'escarcelle des forces de l'ordre après Evens Jeune dit "Evens Ti Kouto", capturé le 13 mars dernier près de la ville des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince).
De nombreux meurtres et enlèvements sont notamment reprochés à Ti Blanc qui opérait dans le quartier de Simon-Pelé à Cité Militaire (nord de la capitale) avant de disparaître de la circulation. Il était activement recherché depuis des mois.
Selon d'autres informations obtenues par Radio Kiskeya de sources dignes de foi, William Baptiste avait été arrêté pour son implication présumée dans le "massacre de La Scirie" qui avait fait une cinquantaine de morts dans un quartier de St-Marc (Artibonite, nord), en février 2004, peu avant la chute d'Aristide. Un an plus tard, en février 2005, celui qui allait devenir l'un des plus redoutables leaders des bandes armées de Port-au-Prince s'était évadé de prison.
"Nous ne sommes pas des délinquants ni des bandes armées. Nous sommes des combattants politiques et cette situation requiert des négociations politiques", avait déclaré Ti Blanc en septembre 2006 au plus fort des tentatives de démantèlement de son gang par les casques bleus.
Le caïd avait abandonné sa base après avoir eu maille à partir avec ses alliés de Cité Soleil (banlieue nord) Evens Jeune, Amaral Duclona et Bélony. Ils l'avaient accusé de trahison après avoir eu des informations sur son rôle présumé d'indicateur de police au service de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Cette collaboration présumée aurait permis à Ti Blanc de s'installer dans une luxueuse résidence à Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince).
Le dangereux chef de bande, qui serait sérieusement malade, avait effectué ces derniers mois plusieurs séjours dans un hôpital communautaire à Cange, dans le Plateau Central (centre d'Haïti).