Imposant dispositif de sécurité autour du Palais de justice de Port-au-Prince ; des victimes d'enlèvement prêtes à porter plainte contre le chef de gang de Cité Soleil
Evens Jeune, le terrible chef de gang de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), a comparu pour la première fois mercredi au cabinet d'instruction, un mois après son arrestation, a constaté Radio Kiskeya.
La comparution s'est déroulée au milieu d'un imposant dispositif de sécurité.
Le présumé meurtrier et kidnappeur couramment appelé "Evens Ti Kouto" a été entendu pendant une heure environ par le juge Patrique Métellus, apparemment en l'absence de son avocat. Rien n'a filtré de l'interrogatoire. Le magistrat instructeur s'est naturellement refusé à tout commentaire pour ne pas violer le secret de l'instruction.
Quant au détenu, très pensif, il n'était pas d'humeur à parler aux journalistes qui n'avaient pas non plus la possibilité de l'interroger.
Vêtu d'un maillot rouge et blanc et d'un jeans gris, "commandant Evens" a dû rester longuement debout dans la rue avant d'être reconduit à l'intérieur du Palais de justice de Port-au-Prince alors que ses partisans, au nombre de plusieurs dizaines, étaient tenus à distance. Des agents de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), une unité spécialisée de la PNH, et des casques bleus étaient extrêmement vigilants jusqu'à l'arrivée tardive d'une fourgonnette à bord de laquelle le dangereux prisonnier est finalement monté.
Selon certaines informations de sources policières, bien avant sa comparution au cabinet d'instruction, l'ancien maître du quartier de Boston à Cité Soleil aurait été identifié par cinq anciennes victimes de kidnapping. Au moins deux d'entre elles seraient prêtes à porter plainte volontairement contre leur présumé ancien bourreau.
Le 15 mars dernier, Evens Jeune avait été déféré au parquet de la capitale avant que son dossier ne soit confié au cabinet d'instruction.
La capture du caïd avait été réalisée 48 heures plus tôt, le 13 mars, près de la ville des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) où il s'était réfugié.
Deux autres leaders de bandes armées, William Baptiste dit "Ti Blanc" et Alain Cadet alias "Pinochet" ont été épinglés la semaine dernière. Cependant, d'autres importants chefs de gangs tels Bélony, Amaral Duclona, "Général Toutou", Yoyo Piman et Blade Nasson sont toujours en cavale. Accusés comme Evens Ti Kouto d'avoir commis notamment des meurtres et des kidnappings en série dans le plus grand bidonville du pays, ils continuent de faire l'objet d'avis de recherche de la police.
Source: Radio Kiskeya