Gouvernance locale et lutte contre la pauvreté en Haïti
le 23-04-2007 13:05 | émis par : PNUD - Programme des Nations Unies pour le Développement
catégorie : Organisations Internationales
thème : Economie Internationale / Organisations internationales / Actions Humanitaires
Plusieurs centaines d'habitants, de différentes collectivités du Nord-est d'Haïti, ont pu augmenter et diversifier leur économie grâce à un projet d'appui aux collectivités locales financé par le PNUD, le FENU (Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) et l'Agence canadienne de développement (ACDI).
Deux-cent milles personnes de la région disposent aujourd'hui de nouvelles unités de transformation agroindustrielle de fruits, de tubercules ou de grains, de bâtiments administratifs et d'écoles du premier cycle.
D'autres activités, portant sur la restauration et la valorisation de l'environnement, ont eu des retombées alimentaires ou commerciales, avec notamment l'amélioration de la production d'ananas, de canne à sucre, mais également l'introduction de nouvelles variétés de mangues, d'agrumes ainsi que la réhabilitation de bassins de pisciculture.
Les bénéficiaires du projet, issus de plus d'une vingtaine de communes et de sections communales, ont désormais aussi accès à des services de base essentiels, dont l'eau potable, la santé ainsi que les transports depuis la réhabilitation de routes auparavant enclavées.
«Cette expérience de gouvernance locale a montré que de micros projets peuvent avoir un impact réel sur les conditions de vie des populations et communautés vulnérables quand celles-ci sont à la base de leur émergence et impliquées dans leur réalisation », selon Joël Boutroue, no.1 du PNUD en Haïti.
Lancé en 2000, initialement dans quatre communes du Nord-est frontalier, le projet s'est entendu grâce à un financement de l'ACDI et du Ministère haïtien de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT). Les activités, qui totalisent un montant de 5.5 millions de dollars, dureront jusqu'en 2010.
Le projet a par ailleurs permis de réaliser de nombreuses sessions de formations dans les techniques de planification et de gestion du développement participatif pour les acteurs locaux ; plusieurs cycles de programmation de développement local ont été élaborés au niveau des 22 collectivités territoriales accompagnées (communes et sections communales).
Les bienfaits de la participation au niveau local
Le projet montre que l'implication des populations locales aide à les rendre plus autonomes sur le long terme. Par exemple, les Comités consultatifs communaux et Conseils consultatifs des sections communales (des institutions locales pour la concertation) ont contribué au rapprochement des autorités locales et de leurs administrés dans la recherche de solutions collectives.
La participation des femmes a permis de favoriser l'égalité des sexes tout au long de cette initiative.
«L'implication de ces acteurs locaux dans l'identification, de manière consensuelle, des priorités des collectivités et la mise en oeuvre des activités de développement est une claire indication de leur capacité à se prendre en charge s'ils bénéficient d'un accompagnement institutionnel adéquat leur apportant les ressources techniques et matérielles complémentaires », indique Joël Boutroue.
Pour Chantal Santelli, chargée de programme du FENU en Haïti : « [l'implication de] toutes les catégories sociales confondues, dans les différentes phases du processus d'élaboration et de mise en oeuvre de plans de développement locaux».
« Le défi, selon elle, est de pouvoir mobiliser les ressources nécessaires à la mise en place des systèmes d'infrastructures locales et de s'assurer que les ressources allouées pour les dépenses publiques en faveur des démunis sont utilisées de manière effective.»
Des bâtiments pour les autorités locales
En mars dernier, grâce au projet, ont été inaugurés deux complexes administratifs, à Carice et à Mont-Organisé.
Grâce à ces bâtiments, les autorités locales, récemment élues, pourront siéger dans des espaces dignes de la mission que leur confie la constitution de 1987. La loi mère du pays fait des élus locaux les administrateurs privilégiés des collectivités territoriales.
« Nous avons à Mont Organisé notre Maison Blanche », plaisante le maître de cérémonie. En plus des bureaux communaux, ces complexes abritent, sous le même toit, une annexe locale du service des impôts et un office de l'état civil.
Contacts
Port au Prince/Haiti: Roromme Chantal, tel. +509-244-9361 à 65, email:
roromme.chantal@undp.org