L'Université de Nice Sophia Antipolis et la Faculté des Sciences de l'Université d'Haïti vont installer Internet dans une zone rurale haïtienne au service de planteurs de café, a annoncé mercredi l'ambassadeur de France en Haïti Christian Conan.
«Ce programme qui servira à mettre en valeur le café haïtien "Haitian bleu", l'un des meilleurs au monde, est préparé par des professeurs français de Nice et des étudiants haïtiens» boursiers du gouvernement français, a déclaré Serge Miranda, chercheur à Sophia Antipolis.
Le projet, d'un coût de 400 000 dollars qui est actuellement en cours d'élaboration, est mis en place pour des paysans le plus souvent illétrés. Il sera lancé en décembre prochain dans la localité de Cap-Rouge par des planteurs de café.
«C'est une première mondiale et un projet pilote dans le cadre de la coopération franco-haïtienne», a souligné M. Miranda.
Il permettra de relier une coopérative de petits producteurs haïtiens de café à l'internet, grâce à la technologie Wimax (accès internet haut débit par onde).
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NOUVELLES TECHNOLOGIES ET MILIEU RURAL / Un projet pionnier voit le jour / Armer les producteurs de café haïtien des outils de l’internet

Ce 30 mai 2007 a vu la signature d’un protocole d’accord pour un projet pionnier entre la Fondation Voilà, l’Université Nice Sophia Antipolis, le café Malongo et Alcatel. Soutenu par le ministère des TPTC et l’ambassade de France, ce projet vise à relier par Internet, grâce à la technologie Wimax, une coopérative de petits producteurs de café, sélectionnée par une marque pionnière du commerce équitable, le Café Malongo. L’accord en question permettra d’expérimenter les NTIC dans la région de Cap-Rouge. La signature du protocole d’accord a réuni notamment, en la résidence privée de l’ambassadeur français, Christian Conan, des représentants des organismes signataires, l’ambassadeur Conan, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Lambert, le Directeur général du Conseil national des télécommunications (Conatel), Michel Montaigne, le responsable de la Fédération des associations caféières natives, Jean-Marc Vital.

L’événement s’inscrit dans le sillage d’une vaste collaboration d’Haïti, initiée en 1998, entre des universitaires de Nice Sophia Antipolis et de la faculté des Sciences de l’Université d’Etat d’Haïti. Depuis 2005, l’université de Nice a développé des services de traçabilité du café, « de la cueillette à la tasse » en collaboration avec Malongo. Cette collaboration permettra aux systèmes d’information (sans fil) du futur de se développer en Haïti autour de deux technologies majeures. Primo, « le haut débit dans la poche » : avec la norme « E » de WIMAX. En 2008, des terminaux mobiles haut débit (bidirectionnel) seront déployés, permettant d’envisager une véritable quatrième génération de téléphonie sans fil. Secundo, les objets « taggés » communicants avec les étiquettes RFID (Radio Fréquence Identification) et la prochaine génération de téléphones mobiles lisant des tags RFID (standard NFC : Near Field Communication).

Ce partenariat sera mis en œuvre avec le concours d’Alcatel Lucent qui mettra à la disposition du projet sa nouvelle infrastructure Wimax, norme E, et du réseau de Voilà qui assurera la logistique d’installation. A la question du pourquoi de cette initiative de support de la Fondation Voilà, Julien Coustaury répond que « la Fondation Voilà souhaite ardemment voir s’ouvrir une nouvelle ère du développement en Haïti et élargir un champ qu’elle estime prioritaire : celui de l’accès à l’éducation, à l’information et à la formation ». Selon Julien Coustaury, la technologie RFID (Identification par Radio Fréquence) développée par l’Université de Nice Sophia Antipolis et le Wimax (accès internet haut débit par onde), peuvent assurer jusqu’à la formation et le télé-enseignement pour les petits producteurs.

Frantz Verella, ministre des Travaux publics, Transports et Communication, initiateur de la délocalisation du Master MBDS de l’Université Nice Sophia Antipolis à l’UEH en 1998, soutient ce projet. Selon lui, « la pauvreté est un déni d’accès à l’information ! ».
« L’infrastructure numérique d’Haïti peut précéder l’infrastructure physique avec une vraie valeur ajoutée sur les services », a estimé le ministre. Indiquant que le projet de télé centres agricoles est au cœur des infrastructures en cours de déploiement pour le développement prioritaire des campagnes, le ministre Verella croit que « le partenariat avec l’UNSA comme celui avec Malongo s’inscrit dans cette dynamique cruciale pour Haïti ».
« Nous rêvons de créer un site pilote entre Port-au-Prince et Jacmel, lequel pourra servir d’embryon à une technopole comme celle de Sophia Antipolis, à la création d’une vitrine des services du futur pour toute la Caraïbe et bénéficier de l’appui de la diaspora tout en étant un vecteur crucial du développement économique d’Haïti », a poursuivi le ministre des Travaux publics.
Dans ses propos de circonstance, le représentant du Café Malongo, Commerce équitable, Jean-Pierre Blanc, considère le protocole d’accord signé ce mercredi comme l’expression de la volonté des partenaires d’apporter aux paysans, particulièrement aux producteurs de café, la technologie de l’Internet en vue de mieux les armer pour mener leurs activités.
« Nous voulons permettre aux paysans de Cap-Rouge de mieux organiser technologiquement leur production », a soutenu Jean-Pierre Blanc, appelant à promouvoir le café sur l’ensemble du territoire national.
De son côte, Serge Miranda, professeur à l’Université de Nice, estimant qu’il y a en Haïti un fort potentiel technologique, a plaidé pour l’établissement d’un télécentre agricole en faveur des producteurs de café à Cap-Rouge.
« Ce projet répond donc au besoin de combler le fossé numérique existant au sein de la population haïtienne », a lancé pour sa part le représentant d’Alcatel Lucent, Thierry Albrand.
« Vous allez avoir à votre disposition la technologie de dernier cri », a assuré Thierry Albrand.
« Le café de Cap-Rouge s’inscrit parmi les dix meilleurs du monde », s’est enorgueilli le président de la Fédération des associations caféières natives (FACN), JeanMarc Vital. « Il représente 10% de la production totale du pays », a-t-il indiqué.
La FACN regroupe trois associations et compte 1 800 producteurs.
« Un avant-projet du Conseil national des télécommunications (Conatel) sur les nouvelles technologies est en discussion au Parlement », a informé le président de l’Assemblée nationale, Joseph Lambert. Ce texte, déposé au Parlement depuis quatre (4) mois, vise à actualiser les lois sur la télécommunication, a précisé le sénateur , avouant par ailleurs craindre qu’à cause du faible profit enregistré dans la commercialisation du café, les paysans ne le remplacent par d’autres produits : haricots, maïs, riz.
L’innovation et la recherche universitaire peuvent constituer un levier pour le développement en Haïti, a estimé Christian Conan, ambassadeur de France en Haïti. « Je suis profondément convaincu de la validité du concept sur lequel repose ce projet et de sa viabilité en Haïti, pays très pauvre, mais qui dispose de compétences de haut niveau. M.M. Verella et Miranda sont, en outre, en mesure de mettre en place des structures de mise en oeuvre opérationnelles adaptées », a-t-il déclaré.
Source: Le Matin