La grève lancée par l'Association des chauffeurs et propriétaires haïtiens (ACPH) a sérieusement paralysé le transport en commun tant dans la capitale que dans les zones environnantes, constate un reporter du Matin.
Dans les premières heures de la journée du mardi 12 juin, plusieurs centaines de professionnels, ouvriers, écoliers, fonctionnaires publics, incapables de trouver des véhicules de transport public, se déplaçaient à pied pour se rendre à leurs activités quotidiennes.
D'autres, en nombres imposants, s'étaient regroupés sur les principales aires de stationnement, attendant, généralement en vain, le passage d'un autobus ou d'une camionnette. Parallèlement, les véhicules privés étaient très en vue à Port-au-Prince et ses environs. Grâce à la générosité de certains propriétaires de ces véhicules, certaines personnes ont pu atteindre la destination désirée.
En lançant les deux journées de grève (mardi et mercredi), l'APCH entend contraindre l'État haïtien à diminuer le prix des produits pétroliers à la pompe et à consentir la réduction de profits sur la vente du carburant.
Ce mouvement de grève affecte grandement les écoliers qui subissent les examens officiels de la 6e année fondamentale. Ils étaient des milliers ce mardi 12 juin 2007 dans les grandes artères de la capitale à se rendre à pied à leur siège respectif.
Certains, en dépit de leur jeune âge, ont dû marcher pendant plus d'une heure avant d'atteindre leur centre d'examen. Généralement, en Haïti les écoliers arrivent en classe de 6e année fondamentale à l'âge de 11-12 ans. Les moyens de transport promis par le ministère de l'Éducation nationale pour faciliter le déplacement des écoliers n'étaient pas remarqués dans les rues à l'aube de ce mardi.
Les quelques rares chauffeurs ayant boudé la grève, ont été insultés par leurs pairs, qui les accusent de traîtres. Le prix du circuit dans ce cas est plus que le double. Un chauffeur faisant fi de tout scrupule, a exigé 15 gourdes aux passagers pour le trajet Frères/Pétion-Ville alors qu'en situation normale, le prix ne dépasse pas 7 gourdes.
Malgré le marché noir, des passagers se sont battus pour trouver un siège à l'intérieur des très rares autobus ou tap-tap de transport public qui circulaient.
Leur exigence de se déplacer est telle qu'ils sont prêts à payer beaucoup plus que le tarif exigé aux fins de s'assurer une place.
Les autorités gouvernementales ont gardé les mêmes tarifs pour les différents trajets, alors que les chauffeurs, s'appuyant sur l'augmentation du coût des produits pétroliers à la pompe, ont fixé de nouveaux montants.
Cette situation crée souvent des différends entre chauffeurs qui réclament beaucoup plus que le tarif officiel et passagers qui refusent de payer le montant exigé.
Le 2 juin dernier, les produits pétroliers ont subi une hausse considérable sur le marché national. De 173 gourdes, le gallon de gazoline 95 est passé à 209 gourdes dans les principales pompes à essence du pays; le gallon de gazoline 91 suit cette course vertigineuse à la hausse en passant de 171 à 205 gourdes.
Source: Le Matin