En formant un gouvernement pluriel, avec la plupart des partis représentés au Parlement, René Préval a bel et bien gagné une première manche dans la gestion de son quinquennat. En un mot, le président a su tirer les leçons de son premier mandat.
En avril 2007, le chef de l'Etat, sur la base de concertation avec les parlementaires des deux chambres, a évité à son Premier ministre une interpellation.
Trois mois après, insatisfaits de la gestion de la chose publique, les députés veulent relancer le dossier en s'attaquant aux titulaires des départements ministériels. C'est, peut être, dans cette optique que le ministre de la Culture, Daniel Elie est interpellé à la Chambre des députés le mardi 31 juillet en cours. Le dossier des 80 millions de gourdes prévues dans le budget pour les festivités carnavalesques serait, sans doute l'arbre qui cache la forêt.
Pourquoi cinq mois après le carnaval de l'année, les députés veulent-ils s'en prendre à un ministre pour un dossier passé, sans incidence sur le présent ?
Pourquoi n'avaient-ils pas soulevé le dossier à l'occasion du vote du budget rectificatif au mois de juin ?
Intervenant dans la presse électronique, les députés dont les uns plus amers que les autres se proposent d'envoyer ce premier signal au Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, en écartant Daniel Elie.
Ils ont choisi ce moment qui, sans doute, sera marqué par les contestations de la plupart d'organisations de la société civile hostiles à la modernisation des entreprises d'Etat, suivie vraisemblablement de licenciements massifs.
Avec une soixantaine de députés formant récemment un bloc regroupant toutes les tendances, les parlementaires atteindront-ils leur objectif?