Une audition consacrée à l'assassinat d'un citoyen français
L'ex-terrifiant chef de gang de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince) Evens Jeune dit "Evens Ti Kouto" a été une fois de plus entendu vendredi au cabinet d'instruction sur les graves accusations de meurtre, kidnapping et viol qui pèsent contre lui.
La comparution a mobilisé des agents de la Brigade de recherche et d'investigation (BRI) et de la Police civile des Nations Unies (UNPOL) qui ont, pendant près de deux heures, établi un cordon de sécurité autour du Palais de justice de Port-au-Prince.
Selon Me Stevenson Moléon, l'un des trois avocats d'Evens Jeune, le prévenu a été interrogé par le magistrat instructeur Denis Cyprien pour son implication présumée dans le meurtre d'un ressortissant français.
Pour sa part, Me Charles Guérilus Hérivaux a appelé les agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à ne pas brutaliser son client qui se serait plaint d'être régulièrement frappé avant ses auditions au cabinet d'instruction.
Me Hérivaux, qui précise que le dossier en est à sa "phase inquisitoire", a aussi loué le professionnalisme de Me Denis Cyprien, chargé de l'instruction de l'affaire avec le juge Patrique Métellus.
Un troisième avocat, Me Lény Thélusma, accompagnait Evens Ti Kouto au Palais de justice.
L'ancien maître du quartier de Boston, à Cité Soleil, n'a pu faire aucune déclaration avant de regagner sa cellule. Il s'agissait de sa troisième audition au cabinet d'instruction depuis sa capture en mars dernier.
Deux frères du caïd, Claude et Willo Jeune, accusés aussi d'implication dans le grand bandiisme, ont été arrêtés respectivement dans une gare routière de la capitale et au Cap-Haïtien (274 km au nord).
Les bandes armées de Cité Soleil et d'autres quartiers populaires ont été décapitées ou se sont évaporées dans la nature. Cependant, le processus de désarmement a du plomb dans l'aile. Seules 200 des plus de 200.000 armes légères en circulation ont pu être récupérées depuis la création de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion, il y a neuf mois.
Source: Radio Kiskeya