L'ex-prisonnier malade affirme que son arrivée précède celle de Jean-Bertrand Aristide sans se prononcer sur sa situation pénale
Le prêtre Lavalas Gérard Jean-Juste, qui avait bénéficié il y a un an et demi d'une libération provisoire pour se faire soigner aux Etats-Unis, est rentré triomphalement vendredi à Port-au-Prince en annonçant le retour prochain de son leader, Jean-Bertrand Aristide.
"Jerry arrive, après lui ce sera bientôt Titide", a déclaré Jean-Juste qui a été accueilli à l'aéroport international Toussaint Louverture par des dizaines de partisans appelés à la mobilisation 48 heures à l'avance. Il en a profité pour transmettre aux lavalassiens les salutations d'Aristide avec qui il s'est récemment entretenu.
Se référant aux moments difficiles de son emprisonnement, Jean-Juste a estimé qu'il était venu le temps de mettre fin aux souffrances du peuple haïtien.
Sans préciser le sens de son retour, le religieux, poursuivi dans le cadre de l'affaire Jacques Roche, a appelé à la libération des prisonniers dits politiques. Il a également souhaité la fin de la captivité de Lovinsky Pierre-Antoine, farouche partisan d'Aristide et coordonnateur de la Fondation 30 septembre, enlevé depuis dimanche dernier à Port-au-Prince.
Le 29 janvier 2006, suite à une décision humanitaire que le gouvernement Alexandre/Latortue avait prise en sa faveur, Gérard Jean-Juste avait laissé Haïti à destination de Miami. Officiellement, il souffrait d'une leucémie diagnostiquée pendant sa période d'incarcération, mais dont l'accompagnement médical ne pouvait être assuré en Haïti.
Accusé de complicité dans l'assassinat du journaliste Jacques Roche, exécuté le 14 juillet 2005 à Port-au-Prince, quatre jours après son enlèvement, le père Jean-Juste avait été arrêté le 21 juillet, lors des funérailles du confrère auxquelles il tenait à participer.
Le revenant devrait normalement regagner sa place en prison avant de comparaître devant une instance judiciaire compétente. Car, les plaintes portées contre lui n'ont été ni abandonnées ni rejetées selon une procédure régulière.
En raison de ses positions politiques ouvertement partisanes, l'ex-curé de la paroisse Sainte-Claire de Petite Place Cazeau (banlieue nord de la capitale) avait dû être relevé de ses fonctions sacerdotales par l'archidiocèse de Port-au-Prince.
Source: Radio Kiskeya