Après avoir fait des gorges chaudes, la commission indépendante d'appui aux enquêtes sur les assassinats de journalistes fait des vagues, enregistrant sa première défection. En effet, notre confrère de Vision 2000, Valéry Numa, s'est défaussé de la patate chaude.
Par lettre en date du 17 août 2007, soit moins d'une semaine après l'installation en grande pompe de cette commission, Valéry Numa écrit à ses confrères et consoeurs : «Avec le recul, mon travail plus que contraignant de journaliste consciencieux de ses lourdes responsabilités envers la collectivité tout entière qu'il est appelé à servir, nonobstant la notion d'éthique liée à la profession, m'interpelle et m'ordonne de me retirer sans délai de ladite commission».
Qu'est-ce qui a pu motiver ce désistement brid soukou ? Question «d'éthique liée à la profession» ? «Travail plus que contraignant de journaliste consciencieux »? Dans les deux cas, Valéry Numa suggère implicitement à ses huit autres confrères et consoeurs de se débarrasser de cette patate chaude.
La Commission indépendante d'appui aux enquêtes sur les assassinats de journalistes (CIAPEAJ) a pourtant du pain sur la planche. L'enquête sur l'assassinat du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Léopold Dominique, est relancée avec l'invitation du sénateur et ancien candidat à la présidence, Dany Toussaint, par le juge d'instruction Fritzner Fils-Aimé le vendredi 10 août en cours. N'a-t-elle pas, la CIAPEAJ, entre autres, pour mission de «solliciter et obtenir, de toutes les instances concernées, des informations sur la marche des enquêtes sur les assassinats des journalistes, dans les limites du secret de l'instruction» ?

Parallèlement, les membres restants de cette commission doivent se préparer à «attirer l'attention sur les points de blocage» concernant l'enquête sur l'assassinat de notre confrère Jacques Roche. Un baron Lavalas, le père Gérard Jean-Juste, revenu tout récemment dans le pays, était inculpé dans le cadre de cette affaire quand il a obtenu une libération provisoire pour se faire soigner à l'étranger. La Commission va-t-elle, dans le meilleur délai, présenter son premier rapport, «aux fins de publication, sur l'état d'avancement des dossiers en fonction des informations recueillies auprès des instances concernées» ?
Sacrée mission ou patate chaude ?
Source: Le Nouvelliste