L'actualité en question/Editorial du quotidient Le Nouvelliste
Avant de quitter le pays, le président René Préval a abordé toute une série de sujets avec cette particularité, celle d'émettre ses opinions de simple citoyen. Comment un président de la République peut-il parler publiquement en simple citoyen de sujets intéressant l'avenir de la Nation?
A en croire le président de la République, la question du renouvellement du tiers du Sénat est renvoyée aux calendes grecques puisque l'institution chargée d'organiser les compétitions électorales y afférentes n'est pas constituée. S'il n'est pas à craindre une crise institutionnelle, résultant d'une réduction de l'effectif des membres du Grand Corps, en raison du mandat de dix sénateurs qui arrive à échéance, il est impérieux de savoir quand et comment ces élections seront réalisées.
Il y a fort à parier que les membres du Conseil électoral provisoire dirigé par Max Mathurin sont définitivement hors jeu, d'autant qu'ils doivent répondre de certaines accusations de détournement de fonds, de gabegie administrative devant le parquet du tribunal civil de Port-au-Prince.
Le président René Préval a voulu dissiper tout malentendu qui ferait de cette poursuite judiciaire des persécutions politiques contre les membres de ce Conseil électoral provisoire et toute une ruse pour ne pas tenir des sénatoriales partielles. Faut-il, en conséquence, que l'Exécutif joue franc-jeu dans cette affaire puisque l'histoire ne plaide pas en faveur du président Préval !
Le Chef de l'Etat a soulevé la question de l'Armée. Un véritable cours d'histoire qui remet en question toutes les notions apprises. Laissons, dans ce cas, aux historiens le soin de confirmer ou d'infirmer les déclarations du président Préval. Il demeure que la nécessité d'une autre force publique à constituer reste urgente pour remplacer les forces militaires et de police de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).
Ne serait-il pas indiqué que la Commission chargée de faire des recommandations sur la création d'une autre force publique - créée par l'Exécutif - inscrive le président Préval au nombre des personnes ressources à consulter ?
Faire preuve de prudence ! De réalisme ! De pragmatisme ! Pour ne pas donner des coups d'épée dans l'eau...
Entre autres, le président de la République a évoqué le corset que constitue la Constitution de 1987 pour le développement du pays. Ainsi est relancée la question de l'amendement de cette Charte fondamentale. Ouf ! Débats, palabres, tergiversations, chirepit... Le temps d'un mandat présidentiel régulier va-t-il suffire ... ?