« Extrêmement déçu », s'est déclaré, jeudi, le sénateur Jean Gabriel Fortuné (Union) interrogé sur sa position face à la séance d''interpellation du Premier ministre Jacques Édouard Alexis, séance fixée aux 9 et 10 octobre prochains au Sénat. Toutefois, le troisième sénateur du Sud soutient qu'au regard de la Constitution, le Sénat n'a pas le choix, l'interpellation doit avoir lieu coûte que coûte.
N'empêche que rien n'est encore certain. La lettre devant informer le ministre de son interpellation ne lui aurait pas été toujours adressée. Et Jean Gabriel Fortuné d'accuser « des forces politiques puissantes, un certain secteur d'avoir peur des débats », avant d'admettre que « ce n'est pas la première fois qu'une interpellation est boycottée ».
Le sénateur de l'Union reste cependant convaincu que l'interpellation est opportune. La gestion du gouvernement étant, selon lui, cause de nombreuses insatisfactions, des explications du Premier ministre sont nécessaires. Jean Gabriel Fortuné est, rappelle-t-on, le principal instigateur de cette interpellation.
La proposition d'interpeller le Premier ministre Jacques Édouard Alexis a été votée le 23 août dernier en réaction au refus du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, d'accompagner le ministre de la Justice qui était invité à se présenter au Sénat.
Joint au téléphone, ce jeudi, par Le Matin, le président du Sénat, Joseph Lambert, n'a avancé aucune date pour cette séance d'interpellation. Joseph Lambert est plutôt préoccupé par des questions dont la réponse, selon lui, ne saurait souffrir de délai, savoir notamment l'organisation des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, des débats autour de la stabilité, de la cherté de la vie, l'amendement de la Constitution ou la rédaction d'une nouvelle.
Jacques Édouard Alexis peu attaché à son poste
Alors qu'au Sénat l'indécision persiste sur la séance de l'interpellation, le chef du gouvernement, de son côté, se veut quelque peu désinvolte. « Je n'ai rien à craindre », a-t-il déclaré, le mercredi 3 octobre, à l'aéroport Toussaint Louverture, au moment de laisser le pays à destination de la Jamaïque où il devait participer à des négociations relatives à l'Accord de partenariat économique (APE) entre les pays membres de la Caricom, la République dominicaine et l'Union européenne (UE).
Le Premier ministre Jacques Edouard Alexis s'est dit prêt à accepter quel que soit le verdict auquel la séance d'interpellation pourrait donner lieu.
Source: Le Matin