Dans le scandale relatif à la vente aux enchères du matériel de terrassement du Centre national des équipements (CNE), cinq techniciens de la Cour Supérieure des Comptes à la suite d'une convocation au parquet du tribunal de première instance, après audition de plusieurs heures, sont en garde à vue au commissariat de Port-au-Prince, avons-nous appris en début de soirée.
La convocation des techniciens de la Cour des Comptes est intervenue quelques minutes après qu'ils eurent donné une conférence de presse dans la salle d'audience de l'institution, sur la question de vente aux enchères d'un ensemble de matériel du Centre national des équipements (CNE).
Un substitut commissaire du gouvernement s'était présenté en personne au siège de l'institution avec l'avis de convocation de ces techniciens qui avaient réalisé l'expertise du matériel en question et qui sont maintenant en garde à vue.
Il s'agirait, entre autres, de: Jocelyn Lionel, Valentin Lucimon, Francely Douzable, Smith Cerisier.
« Les équipements (CNE) du Centre national des équipements vendus aux plus offrants en novembre 2005 étaient hors service », ont déclaré à l'unisson ce lundi des cadres et techniciens de la CSC/CA. Lors d'une conférence de presse au siège de l'institution, ces derniers se sont montrés étonnés par les remous provoqués par ce dossier dans la presse depuis tantôt une semaine. « Les informations faisant croire que des équipements de terrassement du CNE ont été liquidées sont fausses », a indiqué le directeur administratif de la Cour, Etienne Maxon.

Convoqués, vendredi dernier, par un groupe de parlementaires, le ministre de l'Economie et des Finances, Daniel Dorsainvil, ainsi que celui des Travaux publics, Frantz Vérella, avaient affirmé que la vente aux enchères s'était déroulée selon les normes. Leur avis est partagé par des responsables de la Cour des Comptes. « Le ministre des Travaux publics d'alors, Fritz Adrien, nous avait écrit à trois reprises pour nous demander d'évaluer les débris métalliques inutiles entreposés sur la cour du CNE, a informé le coordonnateur adjoint du Service technique de la CSC/CA, l'ing. Léon Policard. Nous avons effectivement, sur la demande du ministre, évalué les carcasses métalliques encombrantes abandonnées sur la cour du CNE. Le rapport a été transmis à la DGI pour les suites nécessaires.»

Le lot de débris encombrants identifié par la commission d'expertise de la Cour des Comptes était composé de 11 bulldozers, 7 loaders, 3 flatbers, 1 marteau piqueur, 8 graders, 2 bouilloires asphalte, 1 hister fiat, 11 rouleaux compresseurs. « Tous ces équipements étaient hors service, a insisté Lucimon Valentin, l'un des mécaniciens ayant participé à l'évaluation. C'est le mécanicien en chef du CNE qui avait identifié pour la commission les équipements irrécupérables. »
C'est la Société antillaise des métaux SA qui avait acheté les débris métalliques du CNE pour 154 500 gourdes. Une somme jugée dérisoire par certains parlementaires. « C'est un service que la compagnie a rendu à l'Etat haïtien en achetant ces carcasses », a déclaré Jérôme François, un cadre de la CSC/CA en faisant allusion aux déclarations des élus du peuple.
La vente aux enchères des équipements du CNE a été, vendredi dernier, au coeur d'une rencontre entre un groupe de parlementaires, le ministre de l'Economie et des Finances, Daniel Dorsainvil, celui des Travaux publics, Frantz Vérella, le directeur général de la DGI, Jean Frantz Richard, et l'ancien directeur du CNE, Jude Célestin. Les invités n'étaient pas en mesure de confirmer si les équipements de terrassement vendus en novembre 2005 faisaient partie du lot de matériel acheté en 1998 lors de la création du CNE. Ils avaient fait état d'une enquête judiciaire diligentée pour faire toute la lumière sur ce dossier.
Source: Le Nouvelliste