Interpellés pour « suspicion de débauches » à « Haitian Paradise » lors d'un « pool party », près d'une centaine d'écoliers ont vécu un soir d'angoisse à la DCPJ et l'enfer avec des parents mécontents.
Le samedi 24 novembre 2007, le Parquet de Port-au-Prince et un détachement de la DCPJ ont procédé à l'interpellation de près d'une centaine d'écoliers qui participaient à un « Pool Party » à « Haitian Paradise », haut Turgeau, selon Frantz Thermilus, le patron de la police judiciaire.
Les autorités sont intervenues sur la foi d'informations laissant croire que l'on s'adonne à « des débauches » dans ces lieux dont le propriétaire est, dit-il, un « hermaphrodite ».
Le responsable du bras répressif de la PNH a ajouté qu'on avait rien trouvé d'illicite sur les lieux.« Il n'y a pas eu de flagrant délit », a-t-il poursuivi en soulignant avoir pris des dispositions afin que les enfants regagnent sain et sauf leurs domiciles le lendemain matin.
Pressé par des journalistes qui voulaient savoir si le propriétaire de « Haitian Paradise « est un « proxénète », Frantz Thermilus n'a pas voulu se prononcer puisque le dossier est traité par le Parquet.
Hermaphro ou homo
« Depuis plus d'un an, nous louons la piscine pour l'organisation de ces genres d'activités. Nous interdisons formellement l'usage de la drogue et la consommation d'alcool. C'est faux, nous ne saurons nous adonner à des actes de débauche avec des enfants », a confié, quarante huit heures après cette interpellation qui anime les conversations dans les écoles de la capitale, le propriétaire de « Haitian Paradise ».
« Je suis un homme. Je suis homosexuel, pas un hermaphrodite», a poursuivi l'homme d'une vingtaine d'années qui ressemble à une femme depuis sa naissance à cause d'un fort taux de folliculine.
« C'est probablement des gens du quartier qui me détestent qui ont colporté ces rumeurs », a déploré l'homme qui dit être né à Washington et qui se présente comme un architecte et un organisateur de mariage.
« Les enfants étaient des clients qui ont loué cet espace, on devait s'en prendre à moi », a-t-il dit. « C'est un film qu'on voulait monter, mais le cameraman n'était pas encore prêt », a-t-il commenté en appelant au respect de sa vie et de sa propriété.
Show médiatique ?
« Ça m'en a tout l'air », a estimé un travailleur social. Les investigateurs de la brigade des moeurs savent combien il est complexe de démasquer le proxénète qui opère en général avec beaucoup de discrétion, a-t-il expliqué, éberlué face à ce déploiement de force du Parquet et de la DCPJ qui n'a pas permis de recueillir des preuves.
« Les proxénètes qui sont souvent des prédateurs sexuels, des délinquants sexuels opèrent dans l'ombre. Le chômage, la précarité des jeunes parfois mineurs facilitant leurs méfaits », a-t-il fait remarquer.
Au Village de Dieu, récemment, un délinquant sexuel (un religieux) a été appréhendé. Les enfants qu'il a abusés ont témoigné contre lui, a-t-il poursuivi.
La brigade de protection des mineurs et le service de la protection sociale de l'IBERS, malgré leur manque criant de moyens, doivent se mobiliser afin de faire échec à l'action des criminels et délinquants sexuels qui sont très actifs dans le milieu.
Samedi, les écoliers de ce collège de la capitale ont vécu une expérience unique et traumatisante. Servira-t-elle d'exemple à d'autres à l'avenir ? Rien n'est moins sûr, puisque qu'il y avait, rapporte-t-on, la consommation systématique de marijuana et des gestes sexuels suggestifs lors de précédentes manifestations récréatives à la capitale. Entre l'enfer et le paradis, les jeux sont faits.
Source: Le Nouvelliste