Le sénateur de Lespwa, ancien président de la chambre basse, Kelly Bastien, est le candidat de consensus à la présidence du grand corps. Ce médecin ne cache pas ses ambitions soulignant qu'il y a une unanimité autour de sa candidature, ce qui n'est pas le cas pour les autres postes.
Il considère cette fonction comme un poste éminemment politique, puisque son titulaire est responsable des relations avec les autres corps de l'état.
Kelly Bastien bénéficie de l'appui de plus de 16 sénateurs qui ont obtenu le ralliement de 9 autres collègues pour amender les articles 8, et 116 des règlements intérieurs. " On n'amende pas les articles parce que cela nous arrange, mais pour trouver une solution au conflit", dit-il rappelant que le sénateur Lambert avait annoncé dans la presse l'élection prochaine des membres d'un nouveau bureau.
Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, le sénateur Bastien a fait état des intérêts politiques défendus par les sénateurs pour expliquer l'intensité des débats. " C'est une assemblée politique, donc contradictoire, mais on a voulu préserver le respect de chacun des collègues", ajoute t-il.
Le sénateur Bastien soutient qu'une formule élégante, élection d'un nouveau bureau a été adoptée en lieu et place de destitution. " Le président Lambert était pris entre l'enclume et le marteau en raison des positions divergentes des membres du bureau et de la majorité des sénateurs", explique Kelly Bastien.
De plus, il rappelle que le bureau actuel a été mis sur pied dans le cadre d'un consensus pour une durée de un an.
Cependant, la vice président du sénat, Edmonde Suplice beauzile, rejette cet argument, faisant valoir qu'en 2006, les membres du bureau ont été élus de manière régulière. Elle s'attend à ce que le bureau soit destitué ce jeudi par l'assemblée des sénateurs avant l'organisation de élections.
Pour Kelly Bastien les sénateurs doivent au plus vite normaliser la situation, afin de plancher sur les grands intérêts de la nation.
Le président du sénat accepte de partir après des débats houleux
Joseph Lambert a présidé hier, l'une des séances les plus houleuses de son mandat. Répondant à l'invitation de plus de 16 sénateurs, Joseph Lambert a indiqué que sa présence visait à démontrer qu'il n'entendait pas prolonger son mandat.
" Nous avions voulu prouver que nous sommes des démocrates, mais nous voulons le respect des principes ", insiste le sénateur Lambert qui souhaitait que le bureau reste en poste jusqu'à l'entrée en fonction des prochains élus.
Les sénateurs étaient divisés sur l'attitude à adopter face à l'article 8 des règlements intérieurs, certains voulaient l'amender d'autres le respecter. Au regard des articles 8, 12 et 116 il aurait été impossible d'organiser des élections pour le renouvellement des membres du bureau.
La proposition du président du sénat d'organiser les élections mardi prochain a été rejetée par la majorité des sénateurs lors de la séance houleuse d'hier. " Nous avons été l'objet d'invectives de la part de certains sénateurs ", se plaint Joseph Lambert attristé par le comportement de ses pairs.
Au cours de la séance, les 23 sénateurs présents ont voté l'amendement des articles 8 et 116 des règlements intérieurs ouvrant la voie à l'organisation des élections pour le bureau.
" On pourrait ne pas attendre le renouvellement du tiers du sénat, mais il fallait dégager un consensus ", explique t-il.
Pour Joseph Lambert, l'assemblée des sénateurs se prépare à violer les règlements intérieurs du grand corps. " Un compromis aurait permis de respecter les règlements intérieurs ", fait remarquer Joseph Lambert.
La vice président du sénat, Edmonde Supplice Beauzile, réclame également le respect des règlements intérieurs, tout en regrettant l'ampleur de ces dissensions.
Elle lance un appel au dépassement de soi se déclarant prête à partir. " En raison de l'état d'énervement de certains sénateurs nous avions voulu organiser une rencontre pour vider le différend", explique Madame Beauzile.
Elle déplore que cette situation de tension ait été crée par les sénateurs alors qu'il y a des dossiers de grande importance à traiter.
Source: Radio Metropole