Un nouveau bureau est élu au Sénat de la République. Kelly Bastien, issu de la plate-forme Lespwa, succède à Joseph Lambert à la tête du Grand corps. Une élection pas de tout repos avec la sénateur Anacacis Jean Hector qui la qualifie de coup d'Etat!
L'esprit de fronde qui secouait l'administration Lambert propulse de nouveaux visages à la tête du Sénat de la République. Plébiscité par l'ensemble des 26 sénateurs inscrits au cahier de présence, Kelly Bastien, 42 ans, entend affronter de nouveaux défis pour redynamiser le Parlement réputé pour son inefficacité.
« La production et l'efficacité passent par l'amélioration du personnel politique - par ricochet les parlementaires - », a nuancé Kelly Bastien, le président élu, en clin d'oeil au président René Préval qui a récemment supplié les parlementaires de voter des projets de loi relatifs à la réforme judiciaire. Ces projets de loi pour lesquels les députés ont été convoqués en session extraordinaire trainent encore dans les tiroirs, quelques mois après avoir été approuvés par le Sénat.

Médecin de formation, celui qui a la mission de diriger le Sénat de la République, prône la formation du personnel pour accompagner les parlementaires. L'ex-président de la Chambre basse (46e législature), dans sa vision de fonctionnement du Parlement, ambitionne d'établir, de façon consensuelle, un agenda législatif pour les douze mois de son mandat. Cet agenda, dit-il, sera défini à partir des consultations avec la Chambre des députés et l'Exécutif à qui revient l'initiative de certaines lois. Animé par la ferme volonté d'améliorer les conditions de travail des parlementaires, Kelly Bastien est implicitement parti à l'assaut de la politique de la chaise vide pratiquée souvent par les députés et les sénateurs. « Il faut respecter les échéances », a dit le nouveau président du Sénat.

Le nouveau bureau a été élu après plusieurs jours de tractations au Grand corps. Pour empêcher la violation des règlements internes, les membres du bureau présidé par le sénateur Joseph Lambert avaient démissionné quelques minutes après le début de la séance pour faciliter l'organisation des scrutins. Le processus a donné naissance à « un bureau pluriel avec deux membres de la Fusion des sociaux-démocrates issus d'un même département », a vite noté Joseph Lambert qui a salué l'élection de son successeur.

Ce nouveau bureau composé de Kelly Bastien (président), Rudolph Boulos (vice-président), Eddy Bastien (1er secrétaire), Judnel Jean (2ème secrétaire) et Fritz Carlos Lebon (questeur) n'est pas de tout repos avec le sénateur Gabriel Fortuné. « Des rumeurs laissent croire que le sénateur Boulos est en possession d'un passeport américain ; ce qui est condamné par la Constitution de 1987 », a dénoncé Gabriel Fortuné, absent du Sénat depuis ses adieux à la Nation. L'élu du Sud ne revient pas encore au Parlement en dépit du vote d'une Résolution prolongeant son mandat et celui de neuf autres sénateurs en fin de mission.
Outré, Rudoph Boulos a déjà traité de valets - restavèk - du pouvoir ses détracteurs. Au cours de son mandat d'un an à la Vice-présidence du Sénat, il entend travailler au rayonnement du Parlement, combattre la cherté de la vie, aider au développement d'un programme de crédit aux paysans...
Source: Le Nouvelliste