Le jeudi 27 mars 2008
Service de police de la Ville de Québec : des agents de retour à Haïti
Après un an d'absence, les policiers de Québec feront leur retour à Haïti en juillet prochain, a appris Le Soleil. Sans bruit, l'administration d'Andrée Boucher avait décidé en 2007 de suspendre la participation de ses agents devant le manque d'effectifs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).
Depuis 1997, Québec a envoyé une cinquantaine de policiers à Haïti. Mais la sélection des agents, principalement en fonction de leur ancienneté, privait le corps policier de personnel d'expérience. Certaines unités se trouvaient même dégarnies d'une part importante de leurs effectifs, ce qui posait problème à leur fonctionnement.
Le SPVQ a donc entrepris de renégocier son entente avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui gère la présence policière canadienne à Haïti. Désormais, un seul agent par unité pourra être déployé à la fois, selon ce qu'a appris Le Soleil. Les détails complets de la nouvelle entente seront dévoilés lors d'une conférence de presse dans quel*ques semaines.
Le processus de sélection démarré, 10 policiers de Québec partiront donc en juillet vers Haïti, où ils seront en mission pour une période de neuf mois, confirme un porte-parole de la Ville, François Moisan.
Un témoignage
Déployé à deux reprises dans ce pays, le plus pauvre des Amériques, François Gingras juge essentielle la présence de policiers canadiens. «La communauté haïtienne au Canada est importante, alors notre impact est grand parce qu'on partage certaines affinités. La plupart de nos collègues haïtiens nous disaient qu'ils ont de la parenté à Montréal. Le lien se fait bien», assure celui qui occupe présentement le poste d'inspecteur adjoint au directeur du SPVQ.
Il est faux selon lui de dire que les changements sont lents à survenir. «Au Québec, pour voir l'impact d'une campagne de prévention, il faut souvent attendre un an. À Haïti, il suffisait d'implanter un plan de sécurité pour voir des résultats rapides», indique M. Gin*gras, déployé en 1997 et en 2006.
Le président de la Fraternité des policiers s'est réjoui d'apprendre la reprise des missions à l'étranger. «C'est important qu'on puisse participer. On va chercher une expertise pour les policiers de Québec, qui ramènent ça dans leurs bagages», estime le chef syndical Jean Beaudoin.
Le maire Régis Labeaume sera certainement soulagé d'appren*dre que les policiers envoyés à Haïti devront laisser de côté leurs pantalons de camouflage. La GRC fournit en effet un habit standard. Et le kaki ne fait pas partie de la palette de couleurs.