Le chef du gouvernement, Jacques-Edouard Alexis, en visite depuis mercredi aux Etats-Unis d'Amérique, s'est gardé de se prononcer sur la résolution du Sénat selon laquelle Rudolph Henri Boulos et Ultimo Compère ne pourront continuer à siéger au Sénat de la République. « J'attends le rapport du Sénat avant de me positionner », a répondu le Premier ministre aux journalistes qui l'interrogeaient mercredi avant son départ pour les Etats-Unis.
« Cette affaire ne doit pas signifier aux yeux des Haïtiens vivant à l'étranger que le Parlement et le gouvernement ne manifestent aucun intérêt à résoudre le problème de la double nationalité », a avancé le Premier ministre avant de rappeler que le président, René Préval, est favorable à la révision de la Constitution de 1987 pour éventuellement résoudre la question de la double nationalité.
Le président du Sénat, Kelly C. Bastien, avait annoncé que le bureau allait, par lettre, informer toutes les instances concernées dont la présidence, la primature, le ministère des Finances de la résolution adoptée par l'assemblée des sénateurs. Des mesures devraient être aussi prises en vue de récupérer les biens de l'institution dont Rudolph Boulos et Ultimo Compère sont encore en possession. Lors de la séance du mercredi, les sénateurs ont élu Andris Riché comme nouveau vice-président du Sénat en remplacement de Rudolph Boulos.

Le ministre de la Justice, René Magloire, est pour l'instant la cible privilégiée de la commission sénatoriale d'enquête présidée par le sénateur Youri Latortue. Soupçonné d'avoir un passeport canadien, le ministre, sous les ordres du chef du gouvernement, avait boudé toutes les convocations de la commission d'enquête chargée de démasquer tous les sénateurs et membres du gouvernement ayant une nationalité étrangère. Pour apaiser les esprits, le Premier ministre avait, en date du 12 mars 2008, sollicité une séance de travail avec le Sénat en vue de trancher sans équivoque la question de la nationalité des membres du gouvernement.

La résolution du Sénat de la République d'écarter Rudolph Henri Boulos et Ultimo Compère de leur poste de sénateur est ouvertement contestée par l'ancienne vice-présidente du Sénat, Edmonde Supplice Beauzile. L'élue de la Fusion estime que le Sénat s'est trompé de bonne foi en votant une résolution dont les conséquences dépasse largement ses pouvoirs. « Le Sénat n'est pas dans son droit et outrepasse ses prérogatives constitutionnelles quand, à partir des faits présentés par la commission, il tire des conclusions définitives qui constituent une véritable radiation de deux de ses membres », a-t-elle déclaré.
Les responsables de la Fusion des Sociaux-démocrates qui, jusqu'avant la résolution du Sénat, se montraient solidaires de Rudolph Boulos, tardent à réagir.
Source: Le Nouvelliste