Par Jacques Desrosiers
Une première rencontre a eu lieu, hier jeudi, entre le chef de l'État et les présidents des deux Chambres législatives dans le cadre du processus de désignation du successeur du Premier ministre Jacques Édouard Alexis. « On ne s'est pas encore fixé sur un nom », a indiqué le sénateur Kelly C. Bastien (Lespwa, Nord), président du Sénat.
À l'attention des présidents du Sénat et de la Chambre des députés, le chef de l'État a fait un briefing des consultations déjà effectuées, notamment avec les partis politiques. Le sénateur Kelly C. Bastien a dit constater que le président veut tirer des leçons de l'expérience du passé. Le parlementaire a indiqué avoir noté, personnellement, un déficit de communication et une absence de cohésion entre les partis politiques représentés au sein de l'équipe de Jacques Édouard Alexis, destitué par le Sénat suite à un vote de censure le samedi 12 avril dernier.
Au micro des journalistes, hier jeudi, le président du Sénat s'est montré plus intéressé à une nouvelle politique gouvernementale qu'à l'identification de celui devant remplacer Jacques Édouard Alexis. « Pas de jours, ni de délai », a déclaré Kelly C. Bastien qui a plaidé en faveur de l'élaboration d'un programme national avant la formation du nouveau gouvernement.
Cependant, un responsable politique, Micha Gaillard dont le parti, Fusion des socio-démocrates, participe aux consultations devant aboutir à la désignation du nouveau chef de gouvernement, a indiqué, ce jeudi, à l'AFP que le nom de ce dernier pourrait être connu ce samedi.
Le président de la Chambre haute a dit approuver la démarche du président Préval de procéder à des consultations pour la désignation du nouveau Premier ministre. Cependant, estime-t-il, « la réflexion ne doit pas durer une éternité ». Concernant le profil politique du prochain chef de gouvernement, Kelly C. Bastien pense qu'il est préférable qu'il ne fasse partie d'aucun regroupement politique. Le président du Sénat plaide pour un personnage ayant une forte personnalité et du leadership, ouvert, ferme, capable de dialoguer, de négocier.
Rappelant que les trois prochaines années seront électorales, Kelly C. Bastien a jugé nécessaire l'élaboration d'un code d'éthique à l'intention des membres du prochain gouvernement. Ce, pour empêcher l'utilisation des ressources de l'État à des fins électoralistes, au profit d'un quelconque parti politique.
L'intérêt du peuple avant tout agenda personnel
La Concertation des parlementaires progressistes (CCP), forte de cinquante-trois membres, a présenté, ce jeudi, sa position sur la situation politique nationale. Ce bloc de députés qui, en février dernier, a favorisé au gouvernement Alexis un vote de confiance à la Chambre basse, veut barrer la route à toute manoeuvre susceptible de plonger le pays dans une crise et s'oppose à tout projet qui viserait « un partage du gouvernement en petites parts ». La CCP se dit prête à ratifier un gouvernement qui projette de travailler au renforcement des institutions de l'État, à la promotion de l'investissement, un gouvernement qui garantisse un nouveau modèle de l'État. « L'intérêt du peuple avant tout agenda personnel », soutientelle.
La Concertation des parlementaires progressistes se montre intéressée à un plan national anti-néolibéral et, conséquemment, recommande à l'Exécutif de reconsidérer ses méthodes de négociations avec les institutions financières internationales.
Source: Le Matin