La Société nminière Ste-Geneviève-Haiti S.A. (SGH), chargée de réaliser les opérations d'exploitation des substances minérales à Douvray, Blondin et Faille (Nord-Est) se veut rassurante: elle va investir dans le social. De plus, 50% des bénéfices nets qui seront générés par le projet constitueront la part du profit de l'Etat haïtien. Dans le domaine des infrastructures, différentes initiatives sont prévues. Elles visent à améliorer les conditions de vie des populations locales.

«Les retombées économiques pour les municipalités se trouvant dans le voisinage de nos zones d'intervention seront très positives. Les populations auront libre accès à certaines de nos installations. Une bonne partie de nos revenus sera consacrée à l'amélioration de leurs conditions de vie». Par ces mots, le vice-président et représentant officiel de la SGV, l'ingénieur Pierre-Yvon Beauboeuf, assure le Nord-Est de la détermination de sa société minière à lui donner l'espoir que ses gisements d'or... et de cuivre lui seront profitables. Au propre comme au figuré.

En effet, dans la phase de production du projet, la SGV envisage de construire des établissements scolaires, des dispensaires et des centres de loisirs dans des localités. «On va procéder à la distribution d'actions à titre gratuit aux municipalités se trouvant dans notre voisinage. Nous les accompagnerons également dans l'exécution de leurs projets de développement», indique M. Beauboeuf, comme pour donner la garantie que la SGV saura mener à bien la destinée de ces gisements d'or... et de cuivre. Dans le sens des intérêts de l'un des départements géographiques du pays les plus isolés et les plus dépourvus d'infrastructures de base. «Le projet de la SGV est déterminant dans le processus de développement régional et national», soutient M. Beauboeuf qui dit apprécier que les actionnaires haïtiens sont devenus majoritaires et ont décidé d'haïtianiser la SGV qui deviendra SOMINEH (Société minière du Nord-Est d'Haïti). «Les opérations d'achat d'actions qui ont été fermées sont rouvertes au public», annonce le vice-président de la SGV qui précise que le minimum qu'il faut acheter est 250 actions à 500 (cinq cents) gourdes l'unité ou US$12 50. Cela ferait Gdes 125 000 gourdes ou US$3125. 00. Le maximum pour une personne physique ou un individu est 25000 (vint-cinq mille) actions pour un total de 12 500 000 gourdes ou US$ 312 500 00. «Pour une société, le montant d'actions désirées est négocié entre les deux parties», prévient l'ingénieur Beauboeuf qui, à propos du tonnage des gîtes métalliques précise que pour Douvray, il est estimé à 86 millions de tonnes de réserve du minerai de cuivre, tandis que pour Blondin, 55 millions. Pour Faille B, 500 000 tonnes (provisoirement).


Des opérations à titre d'essai
Répondant à une question (du journal) relative aux opérations à titre d'essai effectuées de 1995 à ce jour par la SGV, Pierre-Yvon Beauboeuf fait remarquer que en raison de l'insécurité, les travaux ont dû cesser en 1995, d'autant que les géologues canadiens n'ont pu faire le déplacement (vers Haïti). «Tout a été repris en février 2007. A cette date, on a pu prélever un échantillon de 100 kg pour essais métalliques de laboratoire au Canada, du moins au niveau du gisement d'or de Faille B que nous comptons mettre d'ailleurs en exploitation vers la fin de l'année 2008 ou au début de l'année 2009».
La SGV envisage de réaliser trois campagnes de sondage, respectivement sous les deux gîtes de cuivre et le gisement d'or. Ce, pour déterminer les travaux d'évaluation et les études de faisabilité y relatives.
Description des opérations minières à entreprendre
Campagne de forage, évaluation définitive des réserves de minerais d'or, de cuivre, de plomb, de zinc, etc. déjà identifiés ajoutées aux études de faisabilité, telle est la description détaillée des opérations minières à entreprendre à l'intérieur du périmètre. A en croire l'ingénieur Beauboeuf, qui indique que dans le cadre de la Convention liant l'Etat haïtien et la SGV, celle-ci va solliciter des permis d'explotiation en vue de mettre les gisements en production. «Nous allons installer des usines pour l'extraction, la production de l'or et du cuivre. Est également prévue la construction des installations minières (le site qui va loger les ouvriers, le parc à résidus miniers, la harde stérile, les installations de loisirs, dispensaires et hôpitaux, sans oublier les stations de traitement des déchets miniers et de purification des eaux utilisées avant de les abandonner dans la nature) ».

La construction de la route devant conduire aux gisements et pouvant supporter des poids lourds de 50 à 100 tonnes et plus est envisagée. Tous ces infrastructures, équipements et matériels nécessaires à l'exploitation des gisements seront présents dans les études de faisabilité à soumettre à l'Etat via le Bureau des Mines et de l'Energie (BME) avant d'être approuvés par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) dans la perspective de leur mise à exécution.
Les sous-traitants nationaux et sociétés affiliées
A la question de savoir si la SGV, à ce stade des opérations de prospection, a eu des contacts avec des sous-traitants nationaux, Pierre-Yvon Beauboeuf répond que les démarches sont en cours, d'autant plus qu'ils sont privilégiés par rapport aux sous-traitants étrangers ayant les mêmes compétences. «C'est une obligation conventionnelle», estime-t-il en attirant l'attention sur les domaines dans lesquels ils pourront intervenir et qui concernent notamment les infrastructures routières, les bases de béton armé pour l'installation des usines qui sont fabriquées à l'étranger, la construction des sites d'hébergement et de loisirs, les travaux de topographie, etc.

Les principales sociétés affiliées à la SGV: SIMACT MINING HOLDING, Inc. (une société formée à New York par des Haïtiano-Américains décidés à apporter leur contribution à l'effort national de financement de l'industrie minière et de développement durable), la ALLIANCE COPPER GOLD, Inc. (une société formée au Canada par près d'une quarantaine de présidents et de dirigeants d'entreprises minières, d'ingénieurs et de géologues miniers canadiens, de banquiers, financiers pour des investissements importants dans le secteur minier haïtien).

Ces deux société affiliées envisagent d'unir leurs efforts afin de créer une nouvelle structure qui deviendrait la locomotive financière de la SGV et qui sera inscrite à la Bourse des valeurs de Toronto au Canada. «Des représentants de ces deux entités (Haïtiens et Canadiens) ont déjà visité en mars dernier les sites du Nord-Est où ont été localisés des gîtes métallifères», s'est réjoui l'ingénieur Beauboeuf, avec un accent particulier sur la conférence de presse de ces sociétaires à l'hôtel Montana le 24 mars 2008 où ils ont exprimé leur satisfaction au regard de ce qu'ils ont vu sur le terrain. Ils ont même pris l'engagement public d'investir aux côtés des Haïtiens dans l'évaluation et l'exploitation du potentiel minier du Nord-Est.
«La SGV prévoit de dépenser au moins dix millions de dollars US dans les deux prochaines années à Douvray, Blondin. Faille, Grand-Bassin, Chaber, Perches, Bas-des-Perches, Vallières, Acul-des-Pins, Acul Samedi, etc», s'enthousiasme Pierre-Yvon Beauboeuf.
Quel échéancier pour la conduite des opérations ?
Opinant sur l'échéance nécessaire à la conduite des opérations minières, le numéro 2 de la SGV explique que les programmes des travaux ainsi que les chronogrammes d'exécution y relatifs ont été soumis au BME depuis mai 2007. Le gisement de Faille B - si tout se passe comme prévu - pourra être mis en production à partir de la fin de l'année 2008 ou au début de l'année 2009. Tandis que les gros gisements d'or de Douvray et de Blondin, qui exigeront pour leur exploitation entre 700 et 800 millions de dollars US, seront mis en production deux ans au moins après le dépôt des études de faisabilité positives au BME. «C'est le temps minimal obligatoire pour la construction des installations minières et des infrastructures.»
Pierre-Yvon Beauboeuf annonce pour très bientôt le début des travaux de forage de vérification susceptibles de confirmer les opérations initiales de la SGV.
Superficie du périmètre du permis de recherche
Le permis de recherche qui a été délivré le 9 mars 2006 à la SGV pour une période de deux ans et qui vient d'être renouvelé par le BME pour une nouvelle période de deux ans porte sur une superficie de 50 km². Celle-ci est comprise entre Terrier-Rouge et Trou-du-Nord et située à une dizaine de kilomètres de Trou-du-Nord», fait remarquer M. Beauboeuf, tout heureux de souligner qu'une équipe de géologues haïtiens est à pied d'oeuvre dans le Nord-Est où ils seront rejoints très bientôt par des géologues canadiens.
Source: Le Nouvelliste