Au pied du Morne-à-Cabri, un grand bidonville se développe en contraste avec le projet de logements sociaux de l'Office national d'assurance vieillesse (Ona), appelé encore « Ona-ville », un projet en passe d'être considéré comme de l'argent jeté par les fenêtres.
Établie sur quelque onze carreaux de terre, selon l'un des agents de sécurité préposés à la surveillance des lieux, l'Ona-ville est une initiative lancée en 1997 au cours du premier mandat du président René Préval et qui devait s'achever en 2003. Elle consistait en des appartements à loyers modérés, construits essentiellement à l'intention des employés de l'État.

Environ 92 maisons sont déjà bâties dans ce lieu isolé, dans un décor où se mêlent herbes sauvages et animaux domestiques. Leur prix varie en fonction de leur architecture et du nombre de chambres à coucher, nous a appris un locataire qui partait en famille s'approvisionner quelque part en eau potable. Nombre de ces maisons sont inhabitées, faute d'électricité, d'eau potable et d'autres infrastructures de base, nous a indiqué, sous couvert de l'anonymat, le locataire rencontré, avant de fustiger : « Ce n'est pas admissible. L'État ne doit pas fonctionner ainsi. Toutes ces maisons en état d'abandon constituent un véritable gaspillage d'argent. Alors qu'il y a pas mal de sans-logis disséminés un peu partout à travers Port-au-Prince ».

Selon le contrat entre l'Office national d'assurance vieillesse (Ona) et les rares locataires, après 20 ans de paiement régulier, la maison devient automatiquement propriété du locataire. L'actuel directeur général de l'Ona n'était pas joignable pour les informations concernant le galvaudage du projet.
Nous y reviendrons.
Source: Le Matin