Par Jacques Desrosiers
Les sénateurs et les députés doivent se réunir ce lundi 12 mai en Assemblée nationale, conformément aux prescrits des articles 92-2 et 98-1 de la Constitution, pour boucler les travaux de la première session ordinaire de l'année 2008. De même, le Sénat siégeant en permanence, les membres de la Chambre basse sont convoqués, par arrêté présidentiel, en session extraordinaire, le mardi 13 mai, pour ratifier le choix du Premier ministre désigné, Éricq Pierre, voter la déclaration de politique générale de ce dernier et finaliser le vote du projet de loi électorale.
La Commission spéciale, formée à la Chambre basse pour, dans le cadre du processus de ratification du Premier ministre désigné, analyser les pièces de Éricq Pierre, pourrait présenter son rapport par-devant l'Assemblée des députés, ce lundi, avant la fermeture des travaux ordinaires. Lequel rapport, selon des sources proches de cette commission, recommanderait un vote favorable à Éricq Pierre.
Composée d'un représentant de chaque bloc à la Chambre basse, la Commission est présidée par le député de Verette, Dorson Jean Beauvoir (LAAA), membre de l'Union des parlementaires pour le développement national (UPDN), bloc récemment formé qui compte dix-sept députés.

Par ailleurs, au niveau de la Concertation des parlementaires progressistes (CPP), les violons ne s'accordent pas. Au sein de ce bloc politique, deux courants d'opinion suivent leur cours. L'une jugeant que la Commission présidée par le député Dorson Jean Beauvoir est trop pro-Éricq Pierre et projetterait de former une commission parallèle pour analyser le dossier du Premier ministre désigné. De l'autre, on retrouve ceux qui sont prêts à accorder un voter favorable à Éricq Pierre sur la base du rapport de la commission Beauvoir. Les membres de la CPP devaient se réunir, hier dimanche, pour résoudre leur mésentente. Le projet de loi électorale, l'un des motifs de la convocation à l'extraordinaire, ce mardi 13 mai, de la Chambre des députés, a été voté, au cours de la semaine dernière, au Sénat qui l'a retransmis à la Chambre basse, après modifications. Ce projet de loi a été déjà voté par les députés qui doivent maintenant s'accorder sur les modifications apportées par les pères conscrits.


Maigre bilan de session
Maigre bilan de la Chambre basse au cours de la première session annuelle, marquée surtout par des conflits entre groupes parlementaires et entre députés. Un cas : le rapport accablant sur la gestion de l'administration du questeur Maxo Balthazar, rapport qui a provoqué un véritable scandale notamment en révélant une affaire d'achats répétés de pneus qui auraient été utilisés abusivement et qui a failli coûter la vie à un employé du service de séance touché par une balle de l'arme du député de Jérémie qui, en dispute avec le député de Léogâne, a dégainé en pleine séance.

Cette session a bouleversé la configuration politique de la Chambre basse en donnant naissance à de deux nouveaux blocs : la Concertation des parlementaires progressistes (CPP), qui compte une cinquantaine de députés, et l'Union des parlementaires pour le développement national. Ce qui porte à quatre le nombre de blocs enregistrés à la Chambre basse, sans compter le groupe des députés de l'Organisation du peuple en lutte (OPL) et celui de la Fusion des sociaux démocrates haïtiens (Fusion).
Le vote de confiance accordé au Premier ministre Jacques Édouard Alexis, qui allait être censuré un mois après par le Sénat, est l'un des grands faits qui ont marqué la première session ordinaire 2008 de la Chambre des députés.
Source: Le Matin